La Chine est le premier importateur de pétrole du monde : elle a acheté un record de 557,7 millions de tonnes de brut en 2025, environ 11,6 millions de barils par jour, d'abord à la Russie et à l'Arabie saoudite. Elle en produit aussi, 4,42 Mb/j en juin 2026 selon l'EIA, au 6e rang mondial, surtout par trois groupes d'État : CNPC et sa filiale PetroChina, Sinopec et CNOOC. Avec la crise d'Ormuz, ses importations ont reculé de près de moitié au printemps 2026, jusqu'à 7,14 millions de barils par jour en juin.
La Chine exportait du pétrole dans les années 1970. Sa consommation a grandi plus vite que sa production : redevenue importatrice nette en 1993, elle est devenue le premier importateur net de pétrole du monde en 2013, puis le premier importateur de brut en 2017, avec 8,4 millions de barils par jour contre 7,9 pour les États-Unis (EIA). En 2025, elle a acheté un record de 557,7 millions de tonnes de brut : 11,6 millions de barils par jour selon l'EIA, contre 11,1 millions en 2024. Depuis le 26 mars 2018, la Bourse de l'énergie de Shanghai cote son propre contrat à terme sur le brut, en yuans.
Une partie de ces achats remplit des réservoirs dont Pékin ne publie pas le contenu. Le premier site de réserve stratégique de l'État date de 2004 ; pays associé de l'AIE depuis 2015, la Chine n'a pas l'obligation de stocks d'urgence des membres. Début mars 2026, Kpler estimait ses stocks de brut à terre à 1,2 milliard de barils, environ 115 jours d'importations par mer. Voir notre page stocks de pétrole brut.
À retenir Record de 557,7 millions de tonnes de brut importées en 2025.
Selon les douanes chinoises, la Russie est restée le premier fournisseur en 2025, avec 100,72 millions de tonnes de brut (en baisse de 7,1 %), environ 2 millions de barils par jour (calcul), pour 49,8 milliards de dollars. L'Arabie saoudite suit avec 80,75 millions de tonnes (en hausse de 2,6 %), devant la Malaisie, l'Irak et le Brésil. Voir nos pages pétrole en Russie, pétrole en Arabie saoudite et pétrole en Irak.
Les chiffres officiels cachent une partie des achats. La Malaisie a été créditée de 1,3 million de barils par jour en 2025, plus qu'elle n'en produit : selon le Center on Global Energy Policy de l'université Columbia, c'est surtout du brut iranien ou vénézuélien transbordé en mer puis rebaptisé. Les douanes n'enregistrent plus rien en provenance d'Iran depuis 2022, alors que la société d'analyse Kpler compte 1,38 million de barils par jour en 2025. Les bruts sous sanctions ont fait plus de 22 % des importations chinoises de 2025. Le Moyen-Orient fournissait environ 57 % du brut arrivé directement par mer (Kpler) ; au premier trimestre 2025, 5,4 millions de barils par jour destinés à la Chine franchissaient le détroit d'Ormuz (EIA).
À retenir Russie et Arabie saoudite en tête ; le brut « malaisien » est en bonne partie iranien.
« Société nationale du pétrole de Chine » traduit China National Petroleum Corporation : c'est CNPC, groupe d'État créé le 17 septembre 1988, à la dissolution du ministère du Pétrole. Il se présente comme la troisième compagnie pétrolière du monde, avec des actifs dans plus de 30 pays, et fournit plus de 60 % du gaz chinois. Après la réorganisation de 1998, CNPC a apporté l'essentiel de ses actifs en Chine à PetroChina, filiale créée en 1999 et cotée à Hong Kong et à Shanghai. De janvier à septembre 2026, PetroChina a produit en Chine environ 4,6 millions de barils équivalent pétrole par jour, pétrole et gaz réunis (calcul), et dégagé 155,8 milliards de yuans de bénéfice net (en hausse de 21,9 %).
Sinopec, d'abord raffineur et distributeur, se dit premier raffineur du monde, avec environ 5 millions de barils par jour traités en 2025 : notre page Sinopec détaille ses raffineries, ses résultats et son action. CNOOC (China National Offshore Oil Corporation), créée en 1982, exploite les gisements en mer, dans le golfe de Bohai et en mer de Chine méridionale ; sa filiale cotée à Hong Kong a quitté la Bourse de New York en 2021. Depuis janvier 2020, une compagnie étrangère peut explorer et produire en Chine sans partenaire chinois ; TotalEnergies, présente depuis plus de 35 ans, y vend du GNL à Sinopec et à CNOOC.
À retenir La société nationale du pétrole de Chine, c'est CNPC, maison mère de PetroChina.
L'histoire pétrolière de la Chine commence en 1959 avec la découverte de Daqing, dans le Heilongjiang. En 1965, d'autres gisements, dont Shengli (Shandong) et Dagang, rendent les importations presque inutiles.
Selon l'EIA, la Chine a produit 4,42 millions de barils par jour de brut et de condensats en juin 2026, une production stable sur un an, au 6e rang mondial (5,6 % du total). Le record annuel date de 2025, avec 4,33 Mb/j, au-dessus du sommet de 2015 (4,28 Mb/j). Plus rapide, le Bureau national des statistiques compte 18,21 millions de tonnes en septembre 2026, environ 4,4 Mb/j (calcul). Ce pétrole couvre environ un quart des besoins du pays (calcul). Voir notre page production de pétrole.
Les réserves prouvées étaient estimées à 26 milliards de barils fin 2020 par l'Energy Institute, environ 18 ans de production ; aucun chiffre plus récent n'a été publié.
À retenir Record annuel de 4,33 Mb/j en 2025, environ un quart des besoins du pays.
La Chine a la plus grande capacité de raffinage du monde : 18,8 millions de barils par jour en 2025 selon l'Energy Institute, devant les États-Unis (18,2). Elle n'en a utilisé que 79 % en 2024 (AIE), et l'État veut fermer trois petites raffineries du Shandong d'ici 2028. En 2025, le pays a exporté 58 millions de tonnes d'essence, de gazole et de kérosène, sous quotas de l'État. Voir notre page raffineries.
Les petites raffineries privées, surtout dans le Shandong, surnommées « théières », achètent l'essentiel du brut iranien, ce qui tient les groupes d'État à l'écart des sanctions américaines. Le 20 mars 2025, le Trésor américain sanctionne pour la première fois une théière, Shandong Shouguang Luqing Petrochemical, pour environ un demi-milliard de dollars de pétrole iranien ; suivent Shandong Shengxing Chemical (16 avril), Hebei Xinhai Chemical (8 mai), puis Shandong Jincheng Petrochemical et le terminal pétrolier de Rizhao (9 octobre). Le 22 octobre 2025, Washington sanctionne Rosneft et Lukoil, premiers fournisseurs russes de la Chine. En septembre 2026, le Congrès a adopté un texte qui permet des droits de douane jusqu'à 100 % contre les cinq principaux acheteurs de pétrole et de gaz russes, dont la Chine et l'Inde.
À retenir Quatre raffineries chinoises sanctionnées par Washington en 2025 pour du brut iranien.
En mars, malgré la guerre, la Chine a encore ajouté 40 millions de barils à ses réservoirs (AIE). Au deuxième trimestre, ses importations sont tombées à 8,1 Mb/j, 32 % de moins qu'au premier, avec les plus fortes baisses par mer pour l'Irak (910 000 barils par jour de moins), la Russie (640 000) et les Émirats (600 000) ; les livraisons par oléoduc sont restées stables (EIA). Les raffineries ont réduit leur débit de 2,2 Mb/j sur la même période, et Pékin n'a répercuté à la pompe qu'une partie de la hausse du brut. À partir de juin, le pays a puisé dans ses stocks : en septembre, il faisait encore 78 % de la baisse des stocks de brut hors OCDE (AIE). Ce mois-là, ses importations restaient inférieures de 21,5 % à celles de septembre 2025. Voir notre page détroit d'Ormuz.
À retenir Importations tombées à 8,1 Mb/j au deuxième trimestre 2026, 32 % de moins qu'au premier.
La Chine a consommé 17,4 millions de barils par jour de pétrole en 2025, au deuxième rang mondial derrière les États-Unis (Energy Institute). De 2015 à 2024, sa demande a augmenté de près de 6 millions de barils par jour, 60 % de la hausse mondiale, selon l'AIE. L'agence prévoit un pic de la demande chinoise avant la fin de la décennie : en 2030, la consommation serait à peine supérieure à celle de 2024, à cause des voitures électriques, des camions au GNL et des trains à grande vitesse.
Les voitures électriques, à batterie ou hybrides rechargeables, ont fait près de 55 % des ventes de voitures neuves en 2025 et plus de 60 % en avril 2026. Selon l'AIE, elles ont évité environ 1 million de barils par jour de consommation de pétrole en 2025, et 2,7 millions attendus en 2030. La crise de 2026 a accéléré le mouvement : au deuxième trimestre, la consommation de pétrole a baissé de 9 %, et de 16 % dans les transports, selon le centre de recherche CREA.
À retenir Les voitures électriques ont évité environ 1 million de barils par jour de consommation en 2025.
Oui : 4,42 millions de barils par jour de brut et de condensats en juin 2026 selon l'EIA, ce qui en fait le 6e producteur mondial. Le record annuel date de 2025. C'est environ un quart de sa consommation : le reste est importé.
Selon le Bureau national des statistiques, 164,6 millions de tonnes de brut de janvier à septembre 2026, en hausse de 1,0 % sur un an, dont 18,21 millions en septembre. La production a continué de progresser pendant la crise d'Ormuz, qui a surtout frappé les importations.
C'est CNPC (China National Petroleum Corporation), groupe d'État créé en 1988, qui fournit plus de 60 % du gaz du pays ; sa filiale PetroChina est cotée à Hong Kong et à Shanghai. Les deux autres groupes pétroliers d'État sont Sinopec, d'abord raffineur, et CNOOC, spécialiste des gisements en mer.
Oui. Elle est le premier importateur net de pétrole depuis 2013 et le premier importateur de brut depuis 2017, devant les États-Unis (EIA). En 2025, elle a acheté un record de 557,7 millions de tonnes de brut.
D'abord de Russie (100,72 millions de tonnes en 2025) et d'Arabie saoudite (80,75 millions), puis de Malaisie, d'Irak et du Brésil, selon les douanes chinoises. Le brut déclaré malaisien est en bonne partie iranien ou vénézuélien, transbordé en mer.
Oui, même si les douanes n'en enregistrent plus depuis 2022 : Kpler en compte 1,38 million de barils par jour en 2025. La Chine prend plus de 90 % des exportations iraniennes, surtout par les « théières », petites raffineries privées, surtout dans le Shandong ; Washington en a sanctionné quatre en 2025.
17,4 millions de barils par jour en 2025 selon l'Energy Institute, au deuxième rang derrière les États-Unis. L'AIE prévoit un pic de la demande chinoise avant la fin de la décennie : les voitures électriques ont déjà évité environ 1 million de barils par jour de consommation en 2025.
Ses importations de brut ont baissé de près de 50 % par rapport à l'avant-guerre selon l'AIE, jusqu'à 7,14 millions de barils par jour en juin 2026. Pékin a puisé dans ses stocks, retenu ses carburants à partir de mars et réduit le débit de ses raffineries.
Environ 26 milliards de barils de réserves prouvées fin 2020 selon l'Energy Institute, soit 18 ans de production ; aucun chiffre plus récent n'a été publié. Ce ne sont pas les stocks de brut déjà extrait, estimés à 1,2 milliard de barils début mars 2026 par Kpler.
Ni l'une ni l'autre. Grand importateur, la Chine n'appartient ni à l'OPEP ni à l'OPEP+. Elle est pays associé de l'AIE depuis 2015, sans l'obligation de stocks d'urgence des pays membres.
Mis à jour le 3 novembre 2026 à 11 h 08
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