La National Oil Corporation (NOC) est la compagnie pétrolière d'État de la Libye, créée en 1970 et basée à Tripoli. Avec ses filiales et ses partenaires étrangers, elle a produit 1,374 million de barils de brut par jour en 2025, son plus haut niveau depuis dix ans, puis 1,438 million le 21 juin 2026. Mais des vannes et des terminaux sont souvent fermés par des groupes armés ou par les autorités de l'Est, et l'argent du pétrole est au centre de la rivalité entre les deux gouvernements du pays.
La National Oil Corporation (NOC) a été créée le 12 novembre 1970, un an après la prise de pouvoir de Mouammar Kadhafi. Dans les années 1970, l'État nationalise des champs étrangers (Umm Farud de Conoco en 1970, Sarir de BP en 1971) et la NOC prend 51 % de Waha en 1973. C'est aujourd'hui une entreprise publique non cotée, installée à Tripoli, dont le président et le conseil sont nommés par le gouvernement ; selon elle, c'est le premier employeur du pays.
La NOC ne produit pas seule : ses sociétés d'exploitation travaillent avec des compagnies étrangères, qui reçoivent une part du brut. Elle vend le brut de l'État et en verse les recettes. Elle ne publie pas de comptes annuels, mais un récapitulatif mensuel de la production et des recettes, et un rapport statistique chaque année. La Libye est membre de l'OPEP. Cette page porte sur l'entreprise ; le pétrole en Libye a sa propre page, consacrée au pays.
La production est confiée à une dizaine de sociétés d'exploitation : fin 2025, 74 champs et 4 021 puits, dont 1 277 fermés (31 %).
En aval, la NOC possède cinq raffineries, dont Ras Lanuf (220 000 barils par jour) et Zawiya (120 000), et le distributeur Brega Petroleum Marketing. Le 11 mai 2026, elle a repris 100 % de Ras Lanuf après plus de dix ans de litige avec l'émirati Trasta ; Sarir a redémarré le 5 mars 2026 après trois ans d'arrêt, Brega le 25 octobre.
À retenir Waha prolongé jusqu'en 2050 ; Mellitah à parts égales avec Eni ; Ras Lanuf repris à 100 % en mai 2026.
Selon la NOC, la Libye a produit 1,374 million de barils de brut par jour en 2025 (501 millions sur l'année), son plus haut niveau depuis dix ans, contre 1,136 million en 2024 et 389 000 en 2020, année du blocus des terminaux. Le 21 juin 2026, elle a annoncé 1,438 million de barils de brut dans la journée, du jamais vu depuis 2013, puis environ 1,40 million en moyenne en août (43,3 millions de barils). La part des partenaires étrangers est passée de 14 % du brut en avril à 26 % en juin et en août.
L'agence américaine de l'énergie (EIA) compte 1,37 Mb/j de brut et de condensats en juin 2026, une production stable sur un an, au 15e rang mondial ; elle l'estimait à 1,71 Mb/j en 2010, avant la guerre civile. Les chiffres diffèrent car la NOC publie vite ses relevés de brut seul, quand l'EIA estime brut et condensats avec ses propres sources, environ quatre mois plus tard : en juin 2026, 1,396 Mb/j pour la NOC, 1,368 pour l'EIA. Notre page sur la production de pétrole compare la Libye aux autres pays.
À retenir 1,374 million de barils de brut par jour en 2025 selon la NOC, 1,438 million le 21 juin 2026.
Depuis 2013, les plus grosses pertes viennent de fermetures volontaires : groupes armés, membres des Gardes des installations pétrolières (GIP) ou autorités de l'Est ferment une vanne, un champ ou un port pour peser sur le partage du pouvoir et de l'argent.
À l'automne 2026, les coupures touchent l'ouest. Le 15 septembre, des membres des GIP ferment l'oléoduc Hamada-Zawiya et arrêtent les champs d'al-Hamada et d'al-Tahara ; la NOC menace de déclarer la force majeure. Du 21 au 26 septembre, un groupe armé ferme la vanne n° 7 de l'oléoduc Sharara-Zawiya : jusqu'à 259 000 barils perdus par jour, plus de 940 000 au total (environ 95 millions de dollars) et une unité de la raffinerie de Zawiya arrêtée. Les 22 et 30 octobre, l'oléoduc Hamada-Zawiya est de nouveau fermé, soit environ 15 000 barils par jour en moins pour la raffinerie.
À retenir Du 21 au 26 septembre 2026, jusqu'à 259 000 barils perdus par jour sur l'oléoduc de Sharara.
Deux gouvernements se disputent le pays : celui d'Abdelhamid Dbeibah à Tripoli, reconnu par l'ONU, et celui de l'Est, contrôlé par le maréchal Haftar. De 2014 à 2016, l'Est avait même sa propre NOC, présidée par Nagi al-Maghrabi, jusqu'à la réunification de juillet 2016.
Depuis mars 2026 (résolution n° 525 du Conseil des ministres), la NOC verse les recettes sur un compte souverain de la Libyan Foreign Bank, filiale de la Banque centrale ; on en retire le coût des carburants importés, payés par lettres de crédit, et le solde va à la Banque centrale de Libye. Jusqu'en janvier 2026, une partie de ces carburants était payée en nature, contre du brut. Avec la flambée des prix, les sommes versées sont passées d'un milliard de dollars en février à 3,41 milliards en mai, puis 2,56 milliards en août.
Le 15 octobre 2026, la NOC a contesté un chiffre de 361 millions de dollars de recettes pour le début du mois : selon elle, 1,23 milliard avait été versé au 13 octobre. Elle accuse la Banque centrale de retenir les budgets approuvés par le gouvernement ; son rapport 2025 faisait déjà des retards de budget son premier obstacle.
À retenir Recettes versées à la Libyan Foreign Bank ; le carburant importé est déduit, le solde va à la Banque centrale.
Depuis 2011, la NOC a eu quatre présidents : Nuri Berruien (septembre 2011 à mai 2014), Mustafa Sanalla (mai 2014 au 13 juillet 2022), puis Farhat Bengdara (juillet 2022 à janvier 2025). Le 16 janvier 2025, après la démission de ce dernier, l'ingénieur Masoud Suleman, membre du conseil, a été chargé de la présidence par intérim. La NOC le présente depuis comme son président, mais nous n'avons pas trouvé de date de nomination définitive. En janvier 2026, le ministre du Pétrole et du Gaz du gouvernement de Tripoli était Khalifa Rajab Abdulsadek.
Le 3 mars 2025, la NOC a lancé son premier appel d'offres d'exploration depuis 17 ans, sur 22 blocs à terre et en mer ; 81 sociétés se sont portées candidates. Les résultats, annoncés le 11 février 2026, citent l'espagnol Repsol (avec le turc TPAO et le hongrois MOL), Eni (avec QatarEnergy), l'américain Chevron et le nigérian Aiteo. La NOC parle de cinq lauréats mais nomme davantage de sociétés, et nous n'avons pas trouvé de confirmation de la signature des contrats, prévue fin février 2026 : ces attributions restent à prendre avec prudence.
Chevron a aussi signé en 2026 deux accords d'étude, sur un bloc en mer et sur le schiste, dont la NOC estime les ressources à environ 18 milliards de barils de pétrole ; ExxonMobil, un protocole d'accord, son retour après dix ans d'absence. En 2026, la NOC a annoncé des découvertes avec Eni (environ 1 000 milliards de pieds cubes de gaz en mer, en mars), Repsol (pétrole du bassin de Mourzouq, en avril) et OMV (Essar).
En 2025, la NOC a exporté 341,6 millions de barils de brut pour sa part (0,94 million par jour, +12 % sur un an), dont 79 % vers l'Europe : d'abord l'Italie (40,2 %), puis la Chine (10,3 %). La France est le troisième client, avec 26,5 millions de barils, environ 72 500 par jour. Les premiers ports d'export sont Es Sider, Zawiya, où arrive le brut de Sharara, et Ras Lanuf.
TotalEnergies est présente en Libye depuis 1956 et y a produit 113 000 barils équivalent pétrole par jour en 2025, avec le champ en mer d'Al Jurf (37,5 %), Sharara et Waha. Dans les années 1970, après les nationalisations, la Libye avait passé des accords de troc avec la France, puis signé en 1974 des contrats de partage de production avec Elf Aquitaine.
La National Oil Corporation est la compagnie pétrolière nationale libyenne, créée en 1970 et basée à Tripoli. Entreprise publique non cotée, elle encadre la production avec ses filiales et ses partenaires étrangers, vend le brut de l'État et en verse les recettes.
Masoud Suleman, membre du conseil, chargé de la présidence par intérim le 16 janvier 2025 après la démission de Farhat Bengdara. La NOC le présente depuis comme son président, sans date connue de nomination définitive.
Selon l'EIA, 1,37 million de barils par jour de brut et de condensats en juin 2026. La NOC donne ses propres chiffres de brut, publiés plus vite : 1,374 million en moyenne en 2025 et environ 1,40 million en août 2026 (43,3 millions de barils sur le mois).
Des groupes armés, des gardes des installations ou les autorités de l'Est ferment des vannes, des champs ou des ports pour peser sur le partage du pouvoir et de l'argent. Derniers cas : l'oléoduc Sharara-Zawiya du 21 au 26 septembre 2026 (plus de 940 000 barils perdus) et l'oléoduc Hamada-Zawiya les 22 et 30 octobre.
Surtout TotalEnergies et ConocoPhillips (Waha), Eni (Mellitah), Repsol, OMV et Equinor (Sharara). L'appel d'offres de 2025-2026 a aussi désigné Chevron, MOL, TPAO, QatarEnergy et Aiteo, mais la signature des contrats n'a pas été confirmée.
Surtout en Europe, qui a reçu 79 % du brut exporté par la NOC en 2025 : d'abord l'Italie (40,2 %), puis la Chine, la France (7,7 %, troisième client) et l'Espagne.
La NOC verse les recettes sur un compte souverain de la Libyan Foreign Bank, filiale de la Banque centrale ; le coût des carburants importés en est déduit et le solde va à la Banque centrale de Libye. En août 2026, 2,56 milliards de dollars ont été versés.
Oui, depuis 1956 : elle y a produit 113 000 barils équivalent pétrole par jour en 2025, notamment à Al Jurf, Sharara et Waha. Le 24 janvier 2026, elle a signé la prolongation des concessions de Waha jusqu'en 2050.
Environ 48,4 milliards de barils (chiffre cité en mars 2026), les plus grandes d'Afrique, sans compter le schiste, que la NOC étudie avec Chevron.
Mis à jour le 3 novembre 2026 à 10 h 12
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