NNPC Limited, l'ancienne Nigerian National Petroleum Corporation créée en 1977, est la compagnie pétrolière d'État du Nigeria. Devenue une société commerciale en juillet 2022, toujours détenue à 100 % par l'État, elle est associée à toutes les compagnies qui produisent dans le pays et a dégagé un bénéfice après impôt de 7 200 milliards de nairas en 2025 (+33 %). Le Nigeria a produit 1,69 Mb/j de brut et de condensats en juin 2026 selon l'EIA, mais les raffineries de NNPC attendent d'être relancées : elle achète de l'essence à la raffinerie privée Dangote, dont elle détient 7,25 %.
La Nigerian National Petroleum Corporation a été créée en 1977 pour gérer, au nom de l'État fédéral, la part du Nigeria dans son pétrole et son gaz. La loi sur l'industrie pétrolière (Petroleum Industry Act, ou PIA) d'août 2021 en a fait une société commerciale, sans financement public et tenue de dégager des bénéfices : NNPC Limited a été lancée en juillet 2022. Elle reste détenue à 100 % par l'État fédéral ; son siège est à Abuja, la capitale.
Le 2 avril 2025, le président Bola Tinubu a nommé Bashir Bayo Ojulari directeur général du groupe, à la place de Mele Kyari, en poste depuis septembre 2021. Ingénieur, Bayo Ojulari a fait carrière chez Elf puis chez Shell, dont il a dirigé la filiale en mer profonde au Nigeria de 2015 à 2021, avant de rejoindre Renaissance Africa Energy, le consortium nigérian qui a racheté les champs terrestres de Shell.
NNPC n'est pas cotée en Bourse. La direction a évoqué une introduction en Bourse en mars puis en août 2024, renvoyée à une décision « des actionnaires et du conseil ». Aucune date n'a été fixée, et ses communiqués n'en parlent plus depuis août 2024.
À retenir Société d'État créée en 1977, commerciale depuis juillet 2022, non cotée ; dirigée par Bayo Ojulari depuis le 2 avril 2025.
Cette page parle de l'entreprise ; les réserves et l'histoire du pays sont sur la page pétrole au Nigeria. Le Nigeria a produit 1,69 Mb/j de brut et de condensats en juin 2026 selon l'EIA, en hausse de 3 % sur un an : c'est le 13e producteur mondial (classement des pays producteurs), devant l'Angola (1,05 Mb/j). Son record annuel depuis 1973 date de 2011, avec 2,47 Mb/j. Selon le régulateur, la NUPRC, la production a atteint 1,72 Mb/j en septembre 2026, dont 1,53 Mb/j de brut, 102 % du quota fixé par l'OPEP.
Les chiffres varient selon la source, car le quota de l'OPEP ne vise que le brut, alors que NNPC, la NUPRC et l'EIA y ajoutent les condensats, chacun avec ses relevés et son calendrier : pour 2025, la moyenne va de 1,6 Mb/j selon l'EIA à 1,77 Mb/j selon NNPC.
La part qui revient à NNPC a atteint 223,7 millions de barils en 2025 (+11 %), environ 613 000 barils par jour. Elle vise 2 Mb/j de brut pour le pays en 2027 et 3 Mb/j en 2030. Le Qua Iboe, l'un des bruts nigérians les plus connus, cotait 107,75 dollars le baril au 4 novembre 2026, et le Brass River 106,85 dollars au 4 novembre 2026. Le Nigeria a fourni 12,0 % du brut importé en France en 2025, derrière les États-Unis et le Kazakhstan (Eurostat).
À retenir 1,69 Mb/j en juin 2026 selon l'EIA ; 1,72 Mb/j en septembre 2026 selon le régulateur.
Pour 2025, dans ses comptes audités publiés le 29 septembre 2026, NNPC annonce un bénéfice après impôt de 7 200 milliards de nairas (+33 %) et un excédent brut d'exploitation de 18 000 milliards (+22 %). Son chiffre d'affaires a pourtant reculé de 24 %, à 34 500 milliards, à cause d'un brut moins cher et de moindres ventes de carburants après la libéralisation du marché en 2024. Le dividende versé à l'État, son seul actionnaire, atteint 5 800 milliards de nairas (+35 %).
Le bénéfice était de 3 297 milliards de nairas en 2023, puis de 5 400 milliards en 2024 (+64 %). Ces montants en nairas, dont la forte baisse face au dollar après 2023 gonfle les comparaisons, ne se comparent pas directement aux comptes des autres compagnies pétrolières. NNPC publie aussi un résumé mensuel provisoire : en août 2026, 431 milliards de nairas de bénéfice après impôt.
À retenir Bénéfice après impôt de 7 200 milliards de nairas en 2025 (+33 %) et dividende de 5 800 milliards pour l'État.
NNPC possède les trois raffineries publiques du pays : Port Harcourt, Warri (125 000 barils par jour) et Kaduna. Faute de pouvoir les faire tourner, le Nigeria, grand producteur de brut, a longtemps importé son essence, et NNPC en était le principal importateur.
NNPC a relancé l'ancienne usine de Port Harcourt le 26 novembre 2024, puis la première unité de Warri le 30 décembre 2024. Port Harcourt a été arrêtée dès le 24 mai 2025 pour maintenance et « évaluation » ; Bayo Ojulari a jugé ensuite que sa remise en marche avant la fin des travaux n'avait pas de sens commercial. À Kaduna, confiée à Daewoo pour une remise en état en février 2023, aucun redémarrage n'a été annoncé jusqu'en octobre 2026.
NNPC veut désormais confier ses raffineries à des partenaires qui apportent financement et savoir-faire, en échange d'une part du capital. Le 30 avril 2026, elle a signé avec deux groupes chinois, Sanjiang Chemical et Xinganchen Fuzhou, un protocole pour le redémarrage et l'agrandissement de Port Harcourt et de Warri. Aucune date de reprise n'est annoncée.
À retenir Port Harcourt et Warri ont redémarré fin 2024, mais Port Harcourt est arrêtée depuis le 24 mai 2025 ; Kaduna n'a pas repris.
La raffinerie privée du groupe Dangote, à Lekki près de Lagos, peut traiter 650 000 barils par jour. NNPC en détient 7,25 %. Elle lui achète de l'essence, payée en nairas depuis le 1er octobre 2024, lui livre 100 millions de pieds cubes de gaz par jour (contrat de dix ans signé le 12 novembre 2024) et a conclu avec le groupe une « alliance stratégique » le 21 février 2026. « Il n'y a pas de concurrence entre nous », assurait Aliko Dangote en mai 2025.
Pendant des années, NNPC a porté la subvention de l'essence, vendue sous son prix de revient. Le 29 mai 2023, le président Bola Tinubu en a annoncé la fin ; NNPC a relevé ses prix à la pompe le 31 mai. En 2026, la flambée du brut liée au conflit au Moyen-Orient a fait remonter les prix : NNPC a accordé une remise dans ses stations du 1er au 31 octobre 2026, qui « ne rétablit pas la subvention », a-t-elle précisé.
À retenir NNPC détient 7,25 % de la raffinerie Dangote, lui achète de l'essence et lui vend du gaz ; la subvention a pris fin en mai 2023.
NNPC est associée aux compagnies étrangères en coentreprise, comme SPDC, détenue à 55 % par NNPC, 30 % par Shell, 10 % par TotalEnergies et 5 % par Eni, ou par des contrats de partage de production, surtout en mer profonde. En 2024 et 2025, les majors ont vendu la plupart de leurs champs à terre et en eaux peu profondes du delta du Niger à des compagnies nigérianes, ventes que NNPC dit avoir « facilitées ». ExxonMobil a signé avec NNPC le 28 mai 2024 l'accord ouvrant la vente de Mobil Producing Nigeria à Seplat Energy ; Eni a cédé sa filiale terrestre à Oando en 2024 ; Shell a finalisé en mars 2025 la vente de SPDC au consortium Renaissance Africa Energy.
Les majors gardent l'offshore profond : Shell à Bonga, TotalEnergies à Egina et Akpo, Chevron à Agbami. En mars 2026, le président a approuvé le projet Bonga Southwest Aparo (environ 20 milliards de dollars, jusqu'à 175 000 b/j), dont la décision finale d'investissement est attendue fin 2026 ou en 2027. TotalEnergies a aussi signé le 1er septembre 2025, avec NNPC et Sapetro, un contrat pour deux blocs profonds.
À retenir Shell, ExxonMobil et Eni ont vendu leurs champs à terre en 2024 et 2025 ; l'offshore profond reste aux majors, avec NNPC.
Le Nigeria revendique plus de 215 000 milliards de pieds cubes de réserves prouvées de gaz. NNPC est associée à Nigeria LNG, l'usine de gaz naturel liquéfié de Bonny Island : 22 millions de tonnes par an aujourd'hui, 30 millions avec un septième train attendu en 2027. Dans le pays, elle a achevé en 2025 la ligne principale du gazoduc AKK (Ajaokuta-Kaduna-Kano, 623 km). Vers l'étranger, le gazoduc africain atlantique vers le Maroc (environ 6 900 km) a franchi une étape en juillet 2026 avec l'accord signé par les chefs d'État de la Cédéao, et le tronçon algérien du gazoduc transsaharien, mené avec Sonatrach, a été lancé le 4 juin 2026.
Les vols de brut et les sabotages d'oléoducs dans le delta du Niger pèsent depuis longtemps sur la production. Selon NNPC, la surveillance des oléoducs a fait remonter la production d'un creux de 960 000 b/j en 2022 à 1,71 Mb/j en moyenne en 2025. Les incidents continuent : l'oléoduc Escravos-Lagos a été percé le 11 décembre 2025, et un gazoduc de sa filiale NGIC a explosé près de Port Harcourt le 15 octobre 2026. NNPC ne donne pas de chiffre récent des volumes volés.
L'ancienne corporation a souvent été mise en cause : en 2016, un rapport du gouvernement relevait que 16,2 milliards de dollars de ventes de brut de 2014 n'avaient pas été reversés à la Banque centrale, et en 2018 le Sénat a enquêté sur les subventions qui lui étaient versées.
Nigerian National Petroleum Company Limited, la compagnie pétrolière d'État du Nigeria. Jusqu'en 2022, le sigle désignait la Nigerian National Petroleum Corporation, créée en 1977. Son siège est à Abuja, et non à Lagos.
C'est la même entreprise. La loi PIA d'août 2021 a fait de l'organisme public une société commerciale, lancée en juillet 2022, qui doit dégager des bénéfices. Elle reste détenue à 100 % par l'État fédéral.
Bayo Ojulari, directeur général du groupe depuis le 2 avril 2025. Ancien de Shell, il a remplacé Mele Kyari, à la tête de NNPC Limited depuis septembre 2021.
7 200 milliards de nairas de bénéfice après impôt, en hausse de 33 % (5 400 milliards en 2024), pour 34 500 milliards de chiffre d'affaires, et 5 800 milliards de dividende pour l'État (NNPC, 29 septembre 2026).
Non. Une introduction en Bourse a été évoquée en 2024, sous réserve d'une décision des actionnaires et du conseil, mais aucune date n'a été fixée.
NNPC détient 7,25 % de la raffinerie Dangote (650 000 barils par jour). Elle lui achète de l'essence, lui vend du gaz (contrat de dix ans de novembre 2024) et a signé avec le groupe une « alliance stratégique » le 21 février 2026.
1,69 Mb/j de brut et de condensats en juin 2026 selon l'EIA, en hausse de 3 % sur un an. Le régulateur NUPRC compte 1,72 Mb/j en septembre 2026, dont 1,53 Mb/j de brut, soit 102 % du quota OPEP de 1,50 Mb/j.
Port Harcourt a redémarré le 26 novembre 2024 et Warri le 30 décembre 2024, mais Port Harcourt est arrêtée depuis le 24 mai 2025 et Kaduna n'a pas repris. NNPC cherche des partenaires, dont deux groupes chinois depuis avril 2026.
Non. Elle a été supprimée en mai 2023. La remise d'octobre 2026 dans les stations NNPC « ne rétablit pas la subvention », selon la compagnie.
Oui : le Nigeria a fourni 12,0 % du brut importé en France en 2025 (5,47 millions de tonnes), au 3e rang derrière les États-Unis et le Kazakhstan, selon Eurostat.
Mis à jour le 4 novembre 2026 à 22 h 51
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