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🇫🇷 TotalEnergies: vise les Etats-Unis et planche sur une cotation Paris et New York

cours du petroleParis: TotalEnergies fait cap sur les Etats-Unis: son PDG Patrick Pouyanné, particulièrement attendu sur le sujet, a confirmé mercredi son projet de future cotation à New York d'ici fin 2025, en marge de la publication des résultats annuels du groupe énergétique.

Double cotation, ou non ?

Patrick Pouyanné l'a martelé à plusieurs reprises: non, "il n'y a pas de double cotation". "Il n'y a pas un cours indépendant aux États-Unis d'un cours en Europe, c'est la même classe d'actions", a déclaré le PDG à la presse.

Stricto sensu, le projet de TotalEnergies, tel qu'expliqué par Patrick Pouyanné, prévoit en effet une seule classe d'actions cotée en continu à Paris et à New York, avec un cours corrélé, les deux cotations étant reliées moyennant le taux de change. De quoi offrir de meilleures conditions d'accès aux actions du groupe aux investisseurs américains dont le poids grandit. Aujourd'hui, 50% de l'actionnariat institutionnel de TotalEnergies est constitué d'acteurs nord-américains (fonds de pension, gestionnaires d'actifs, assureurs).

Cotation double, donc, mais pas double cotation. Le PDG de TotalEnergies a insisté sur la différence avec deux groupes d'actions dans deux marchés différents "qui vivent leur vie indépendamment".

C'était notamment le fonctionnement du géant britannique des hydrocarbures Shell de 2005 à 2022. Le groupe possédait un siège social à Londres et un siège social à La Haye, avec deux classes d'actions, avant de les fusionner en 2022.

Autre exemple, le géant minier Rio Tinto possède également une double structure avec d'un côté les actions de Rio Tinto Plc qui s'échangent à la Bourse de Londres et les actions de Rio Tinto Limited, cotées à l'Australian Securities Exchange (ASX).

S'agit-il d'une entrée sur le marché américain ?

TotalEnergies s'était attiré les foudres de la classe politique française face à la crainte de voir le groupe déplacer sa cotation principale à Wall Sreet, comme initialement indiqué fin avril avant que le PDG n'invoque une "erreur de traduction".

Paris restera le marché boursier d'introduction des actions de TotalEnergies, et "le siège de l'entreprise, c'est Paris", a souligné le PDG.


Il ne s'agit pas non plus d'une entrée sur le marché américain: le groupe y est déjà présent depuis 30 ans via les ADR (American Depositary Receipts), des certificats de dépôt soumis à la réglementation boursière de la SEC (Securities and Exchange Commission), l'autorité de marché des États-Unis.

Ces ADR, qui représentent actuellement 9% du capital de TotalEnergies, permettent à une entreprise étrangère d'être présente sur le marché américain sans avoir à se plier aux lourdes exigences réglementaires du pays.

Pourquoi transformer les ADR en actions ?

"Lorsque l'on détient une ADR, on peut demander le transfert en titres originaux", explique à l'AFP Guillaume Chaloin, directeur de la gestion actions de Delubac AM.

Or, d'après M. Pouyanné, un certain nombre d'investisseurs américains "n'aiment pas" les ADR, car ils leur coûtent plus cher.

"Le coût de transaction d'un ADR est plus élevé parce que vous avez des intermédiaires bancaires", poursuit-il, "notamment JP Morgan à New York et BNP à Paris qui prennent des commissions".

Pour le PDG de TotalEnergies, "garder nos ADR" signifie "avoir toutes les contraintes de la SEC sans en avoir les avantages".

La transformation de ces certificats en actions ordinaires devrait améliorer la liquidité de l'action, a-t-il également fait valoir. Comprendre la capacité d'un titre à être acheté ou vendu rapidement à un prix proche du cours affiché.

Pour de nombreux observateurs, cela fait aussi écho à la volonté de TotalEnergies de faire grimper sa valorisation, dans un contexte d'écart croissant entre les entreprises européennes et leurs homologues d'Outre-Atlantique.

Durant l'année 2024 en particulier, un fossé s'est creusé entre les actions américaines et européennes, dont celles du CAC 40, pâtissant notamment de la faible performance de la zone euro face à la résilience de l'économie des États-Unis.

Plus de 100 entreprises européennes sont listées en Bourse hors de l'UE, d'après le rapport annuel de l'Association pour les marchés financiers en Europe.

(c) AFP

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