Menu
A+ A A-

Washington peut-il imposer un embargo sur le pétrole vénézuélien ?

prix du petrole CaracasCaracas: C'est une menace brandie par Washington: un possible embargo sur le pétrole du Venezuela, dont les Etats-Unis sont le premier acheteur.Mais peut-elle être mise à exécution, alors que la population locale est exsangue sous l'effet de la crise ?
L'option a été avancée par le secrétaire d'Etat Rex Tillerson, avec la promesse de "mitiger" l'effet d'un tel embargo, qui, selon les analystes, porterait un coup terrible à l'économie du Venezuela sans pour autant garantir des changements politiques.

Le pays subit déjà des sanctions financières américaines visant notamment le président Nicolas Maduro, ainsi qu'une interdiction pour les citoyens et entreprises des Etats-Unis d'acheter de la dette publique vénézuélienne.

Mais couper le flux de pétrole vers le voisin du nord, principal client du Venezuela, c'est toucher le nerf de la guerre: le brut apporte 96% des recettes de l'Etat.

Selon l'Agence américaine de l'énergie, Washington a reçu 600.000 barils par jour de Caracas en 2017, soit un tiers des ventes de pétrole et surtout 75% des liquidités du Venezuela, explique l'économiste César Aristimuño, pour qui un embargo américain serait "le pire" scénario.

Un tiers de la production - 1,6 million de barils - sert à rembourser la dette contractée auprès de Pékin et Moscou, ainsi qu'à des accords de coopération avec les petits pays des Caraïbes, ajoute l'analyste.

Le reste alimente le marché intérieur, fortement subventionné, un dollar au marché noir permettant d'acheter 214.000 litres d'essence.

Malgré ses immenses réserves - les plus importantes au monde -, Caracas importe des Etats-Unis 160.000 barils quotidiens de brut léger, indispensable pour traiter son pétrole, lourd. En cas d'embargo, l'Algérie ou le Nigéria pourraient l'approvisionner, mais plus cher, selon l'expert Orlando Ochoa.

Alors que le production pétrolière vénézuélienne a fondu, faute d'investissements suffisants, "son flux de liquidités se détériorera encore" en cas de nouvelles sanctions, prévient le cabinet Eurasia.

En récession depuis 2014, le pays accumule une dette extérieure estimée autour de 150 milliards de dollars, dont 30% correspondent à son fleuron pétrolier PDVSA.

Le Venezuela fournit 8% des achats de brut des Etats-Unis.

Pour compenser, Washington pourrait compter sur le Mexique et le Canada comme "principaux" remplaçants, estime James Williams, du cabinet WRTG Economics. Les importations en provenance de Caracas ont déjà baissé, à 100.000 barils quotidiens en janvier.

Mais en restreignant l'achat de pétrole, des raffineries comme Citgo - filiale de PDVSA -, Valero Energy Corp, PBF ou Philips seraient affectées et "cela signifierait des hausses de prix du carburant", met en garde le consultant.

Valero a déjà annoncé des mesures pour réduire sa dépendance au pétrole vénézuélien, mais pour Orlando Ochoa, l'approvisionnement des raffineries américaines près du Golfe du Mexique "ne peut être remplacé si facilement".

Le département du Trésor peut adopter cet embargo s'il a le feu vert du Congrès et ajouter des mesures de pression sur les pays continuant à se fournir en pétrole vénézuélien.

Mais même des gouvernements hostiles à celui de Nicolas Maduro rejettent cette option.

"Le Mexique ne va pas imposer de sanctions pétrolières", a affirmé le secrétaire mexicain à l'Energie, Pedro Joaquin Coldwell, inquiet des "répercussions que cela pourrait avoir (...) sur la population vénézuélienne" et les pays des Caraïbes, dépendants du pétrole de Caracas.

La crise humanitaire est déjà forte au Venezuela, où les habitants souffrent de l'hyperinflation (13.000% en 2018 selon le FMI) et des pénuries. Des centaines de milliers d'entre eux ont fui le pays.

Les analystes doutent de l'efficacité politique d'une telle mesure.

"Ceux qui croient que l'isolement et les sanctions affecteront seulement le gouvernement se trompent", avertit Luis Vicente Leon, directeur de l'institut de sondages Datanalisis. Car "l'impact attendu est dévastateur pour l'économie et nous le vivrons tous (...) sans garantie de changement politique".

Orlando Ochoa s'interroge: "Les sanctions devraient mener le gouvernement à négocier, mais va-t-il céder? Il a montré jusqu'à présent une parfaite indifférence face à à la rapide détérioration socio-économique".

Nicolas Maduro, bien parti pour être réélu jusqu'en 2025 lors du scrutin du 22 avril, se dit prêt à affronter d'éventuelles sanctions.

Et si 75% des habitants désapprouvent sa gestion, selon Datanalisis, près de 90% sont derrière lui pour rejeter l'embargo.


(c) AFP

Commenter Washington peut-il imposer un embargo sur le pétrole vénézuélien ?



    Communauté prix du baril


    Le pétrole au Vénézuela

    Voir toutes les nouvelles du pétrole au Vénézuela

    vendredi 09 janvier 2026

    🇻🇪 Venezuela: 100 milliards "investis" par les com…

    Washington: Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi sur son réseau social Truth Social qu'"au moins 100 milliards de dollars" seront...

    mercredi 07 janvier 2026

    Washington annonce la saisie d'un pétrolier sous sanctions d…

    Washington: Washington a annoncé mercredi la saisie d'un pétrolier visé par des sanctions dans la mer des Caraïbes, peu après avoir intercepté...

    lundi 05 janvier 2026

    🇻🇪 Le pétrole en ligne de mire de l’intervention US au Venez…

    Caracas: Quelques heures après la capture de Nicolás Maduro et son transfert vers les États-Unis, Donald Trump a affirmé vouloir « rouvrir...

    Les dernières actualités des prix du pétrole

    vendredi 09 janvier 2026 à 21:06

    Le pétrole poussé par le risque géopolitique en Iran

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont nettement progressé vendredi, soutenus pour la deuxième séance d'affilée par les manifestations en Iran...

    vendredi 09 janvier 2026 à 12:15

    Le pétrole se renforce, avec les inquiétudes autour des mani…

    Londres: Les cours de l'or noir progressent vendredi, le marché pétrolier détournant une partie de son attention du Venezuela vers l'Iran, après...

    vendredi 09 janvier 2026 à 12:11

    🇻🇪 Venezuela: 100 milliards "investis" par les com…

    Washington: Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi sur son réseau social Truth Social qu'"au moins 100 milliards de dollars" seront...

    jeudi 08 janvier 2026 à 21:11

    Les incertitudes sur le brut vénézuélien soutiennent le pétr…

    Cours de clôture: Les prix du pétrole ont pris de la vitesse jeudi, alors que les opérateurs s'attendent à ce que l'exploitation...

    jeudi 08 janvier 2026 à 12:30

    Le pétrole en hausse après la saisie de deux pétroliers par …

    Londres: Les cours de l'or noir progressent jeudi, portés par le risque géopolitique et une application plus offensive des sanctions américaines, tandis...

    mercredi 07 janvier 2026 à 21:31

    Le pétrole sous pression, volonté US d'exploiter les ressour…

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont continué à reculer mercredi face aux nouvelles annonces de Washington concernant l'avenir de l'exploitation...

    mercredi 07 janvier 2026 à 16:06

    Washington annonce la saisie d'un pétrolier sous sanctions d…

    Washington: Washington a annoncé mercredi la saisie d'un pétrolier visé par des sanctions dans la mer des Caraïbes, peu après avoir intercepté...

    mercredi 07 janvier 2026 à 12:07

    Le pétrole baisse avec la pression de Donald Trump sur le Ve…

    Londres: Les cours du pétrole baissent un peu mercredi, après les déclarations de Donald Trump mardi affirmant que le Venezuela allait "remettre...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Chiffres du jour

    Vendredi 2 janvier 2026 Malgré des négociations avancées sur un possible accord de paix en Ukraine, les cours du pétrole restent sous pression: le Brent a chuté de plus de 18% et le WTI de plus de 19% en 2025, signant leur plus fort recul depuis 2020 sur fond de craintes de surplus d’offre.

    📉 Selon Citi, les prix du pétrole en 2025 pourraient s'établir à 60 dollars le baril en l'absence de réductions plus importantes de la part de l'OPEP

    Le mercredi 04 septembre 2024

    New York: Si le groupe de producteurs OPEP+ ne réduit pas davantage sa production, le prix moyen du pétrole pourrait tomber à 60 dollars le baril en 2025 en raison de la réduction de la demande et de l'augmentation de l'offre des pays non membres de l'OPEP, a déclaré Citi dans une note publiée mercredi.

    Lire la suite

    🔥 Proche-Orient : choc pétrolier possible si la situation venait à se dégrader

    Le mardi 24 octobre 2023

    Paris: Un nouveau choc pétrolier pourrait se produire en cas de dégradation de la situation au Proche-Orient, d'où proviennent un tiers des exportations mondiales d'or noir, a souligné mardi le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol.

    Lire la suite

    📊 L'Opep+ s'apprête à rouvrir les vannes, les cours du pétrole baissent

    Le mardi 04 mars 2025

    Londres: En maintenant son calendrier de hausse progressive de production à partir du mois d'avril, l'Organisation des pays exportateurs et ses alliés (Opep+) a changé de stratégie et fait plonger les cours du pétrole, quelques semaines après un coup de pression de Donald Trump pour faire chuter les prix.

    Lire la suite