Menu
A+ A A-

Son pétrole au plus bas, l'Irak voit la disette arriver

prix du petrole BagdadBagdad: Au niveau mondial, le pétrole connaît le pire plongeon trimestriel de son histoire et l'Irak, deuxième producteur d'or noir au monde avec 4,5 millions b/j, ne cesse de voir les menaces se multiplier.
Son unique source de devises se tarit, sa production pourrait drastiquement baisser à cause du nouveau coronavirus et ses exportations pourraient en pâtir pendant de nombreux mois.

Autant de défis que l'Irak doit impérativement relever sous peine de perdre la quasi-totalité de ses revenus et de voir s'écrouler sa quasi-unique industrie.

Comment payer les factures?


En mars, les exportations --à leur niveau habituel-- ont rapporté deux fois moins: 2,99 milliards de dollars.

Avec un baril à 21 dollars, l'Irak essaye déjà de négocier des délais pour payer les trois milliards de dollars qu'il doit pour le trimestre écoulé aux compagnies pétrolières étrangères qui opèrent dans ses champs.

La semaine dernière, la Basra Oil Company (BOC) --la compagnie publique en charge du Sud-- a réclamé six mois et des abattements de 30% dans une lettre consultée par l'AFP.

"Nous avons besoin de temps pour payer le premier trimestre. Pour le deuxième trimestre, c'est juste au cas où", détaille Khaled Hamza Abbas, N.2 de la BOC, à l'AFP. Jusqu'ici, il n'a pas reçu de réponse à sa missive.

Mais les compagnies étrangères, comme ExxonMobil, ont déjà demandé à leurs sous-traitants de réduire leurs coûts, selon des échanges consultés par l'AFP.

"La pression est énorme pour économiser car les compagnies étrangères manquent de liquidité", affirme à l'AFP une source au sein d'une importante société opérant dans le Sud.

Ces compagnies font payer l'Irak en barils de pétrole.

"Avec les prix bas, le gouvernement risque de se retrouver à donner tous ses barils pour payer et de ne plus avoir assez de barils à vendre", souligne un haut responsable irakien à l'AFP.

L'Etat tire plus de 90% de ses recettes des ventes pétrolières et tablait sur un baril à 56 dollars pour son budget 2020 qu'il tente toujours de faire voter.

Quel impact sur les employés?


La pandémie de Covid-19, qui a déjà fauché plus de 46.000 vies dans le monde, et le confinement ont également bouleversé les rotations des expatriés du secteur pétrolier en Irak, sous couvre-feu total --avec aéroports fermés-- jusqu'au 19 avril au moins.

Le champ de Gharraf dans la province méridionale de Zi Qar (100'000 b/j) est à l'arrêt depuis le départ en mars de dizaines d'employés de la compagnie malaisienne Petronas.

A Bassora, province où travaille le plus grand nombre d'expatriés --4000 Britanniques rien que pour BP--, la BOC "cherche à obtenir des exemptions pour assurer les rotations" habituellement de six à huit semaines, indique M. Abbas.

"Ces compagnies ont des règlements internes qui interdisent de maintenir les équipes sur site plus de deux mois", poursuit-il.

Pour une source au sein d'une importante compagnie européenne, suspendre les rotations des expatriés est bien plus dommageable à la production que les retards de paiement.

Où sont les acheteurs?


Au-delà de ses frontières, l'Irak doit aussi affronter une baisse mondiale de la demande, inédite depuis une décennie.

L'agence internationale de l'Energie (AIE), qui prévoyait une hausse de 80'000 b/j, a revu ses prospectives: la demande va baisser en 2020, de 90'000 b/j.

"Jamais dans l'histoire, on a vu une telle chute de la demande couplée à une telle abondance de l'offre", affirme à l'AFP son chef, Fatih Birol.

La demande se contracte particulièrement chez les deux premiers clients de l'Irak, la Chine --où est née la crise du coronavirus-- et l'Inde --confinée--, note Noam Raydan, spécialiste du pétrole irakien.

"Avril, c'est le mois où ça passe ou ça casse", affirme Mme Raydan. Mais en plus de tous les obstacles déjà cités, l'Irak doit désormais composer avec une concurrence qui change les règles du jeu.

Son premier compétiteur sur les marchés asiatiques, l'Arabie saoudite, s'est dite prête à inonder le marché dans le cadre d'une guerre des prix avec la Russie, faisant un peu plus dévisser les cours.

Et face à des clients avides de stabilité, Ryad l'emporte toujours face à Bagdad, régulièrement dans la tourmente des violences.

L'impact sera donc ressenti sur le long terme, prévient le haut responsable irakien.

"Les pays sont en train de s'approvisionner en pétrole à bon marché.

Donc, même si les répercussions ne se font pas ressentir maintenant, le vrai problème se posera dans les prochains mois quand personne n'achètera
", affirme-t-il à l'AFP.


(c) Afp

Commenter Son pétrole au plus bas, l'Irak voit la disette arriver



    Communauté prix du baril


    Le pétrole en Irak

    Voir toutes les nouvelles du pétrole en Irak

    lundi 11 décembre 2023

    🌍 Conférence arabe sur l'énergie à Doha après l'appel de l'O…

    Doha: Les principaux ministres l'Énergie des pays arabes membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) sont arrivés à Doha lundi...

    lundi 10 juillet 2023

    Coup d'envoi avec TotalEnergies d'un mégaprojet de 10 millia…

    Bagdad: L'Irak a signé lundi avec TotalEnergies les accords d'un mégaprojet de 10 milliards de dollars visant notamment à exploiter le gaz...

    mercredi 03 mai 2023

    L'Irak se veut optimiste sur une reprise des exportations de…

    Bagdad: Le ministre du Pétrole irakien a espéré mercredi parvenir prochainement à un accord permettant une reprise des exportations de brut vers...

    Les dernières actualités des prix du pétrole

    vendredi 01 mars 2024 à 21:55

    Poussée du pétrole, le WTI franchit 80 dollars, une première…

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont jailli, vendredi, pour porter le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI) américain...

    vendredi 01 mars 2024 à 17:45

    Le pétrole monte, poussé par la perspective de prolongation …

    Londres: Les prix du pétrole grimpaient vendredi, avant une possible décision de l'alliance OPEP+ sur une prolongation de coupes de production ou d'exportations...

    vendredi 01 mars 2024 à 11:40

    Le pétrole monte, poussé par les perspectives de baisses de …

    Londres: Les prix du pétrole grimpaient vendredi, après la publication la veille d'une inflation américaine en léger repli, qui soutient les attentes...

    vendredi 01 mars 2024 à 07:35

    Les émissions mondiales de CO2 liées à l'énergie à un nouvea…

    Paris: Les émissions mondiales de CO2 liées à l'énergie ont progressé de 1,1% en 2023 pour atteindre un niveau record, en raison...

    jeudi 29 février 2024 à 21:35

    Le pétrole se tasse, la demande préoccupe toujours le marché

    Cours de clôture: Les cours du pétrole se sont légèrement repliés, jeudi, le marché étant toujours préoccupé par le niveau de la...

    jeudi 29 février 2024 à 11:40

    Le pétrole en petite baisse après les stocks américains

    Londres: Les prix du pétrole baissaient légèrement jeudi, lestés par l'accumulation des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine passée, rappelant que...

    jeudi 29 février 2024 à 08:55

    Technip Energies: résultats marqués par la sortie de Russie

    Paris: Le groupe d'ingénierie et services Technip Energies a annoncé jeudi des ventes et un bénéfice en légère baisse malgré des commandes...

    mercredi 28 février 2024 à 21:25

    Le pétrole en très léger repli après les stocks américains

    Cours de clôture: Les prix du pétrole ont très légèrement baissé mercredi après une augmentation des stocks de brut aux Etats-Unis plus...

    mercredi 28 février 2024 à 17:05

    🛢️ USA: les stocks hebdomadaires de pétrole brut augmentent …

    NYC / Stocks aux USA: Les réserves commerciales de pétrole brut ont augmenté plus que prévu la semaine dernière aux Etats-Unis, selon...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    🔎 Qu'est-ce que l'OPEP+ et quel est son impact sur les prix du pétrole ?

    Le lundi 20 novembre 2023

    Paris: L'OPEP+, coalition entre les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d'autres producteurs majeurs tels que la Russie, exerce une influence majeure sur les marchés pétroliers mondiaux. Explorons le rôle de l'OPEP+ et analysons son impact significatif sur les fluctuations des prix du pétrole.

    Lire la suite

    📈 Actions du pétrole en hausse, malgré le repli du baril 📉

    Le lundi 12 février 2024

    Paris: Le prix du baril baisse depuis 2022. Par contre, les actions des producteurs de pétrole grimpent. Henry Bonner vous présente dans son dossier spécial les raisons de sa confiance dans les actions du pétrole, sa "transaction de la décennie".

    Lire la suite

    📊 Pourquoi le baril devrait rester cher pour des années

    Le jeudi 24 novembre 2022

    La semaine dernière, le prix du gaz pour livraison immédiate est descendu dans le négatif pendant quelques minutes… Le gaz arrive en quantité inédite par mer. En raison du manque de capacité des infrastructures, et les soucis dans l'industrie, le gaz ne trouve pas du tout d’acheteur en ce moment. Mais le pétrole offre un marché différent. Il a besoin de moins d’infrastructures que le gaz (plus dur à transporter et à décharger). Pour cette raison, le pétrole n’a pas connu les fluctuations du même niveau que celles du gaz cette...

    Lire la suite