A+ A A-

⛽ Carburants en France: des grognes récurrentes contre la hausse des prix

prix carburants franceParis: La grogne contre la hausse des prix à la pompe n'est pas un phénomène nouveau: ces 20 dernières années la France a vécu plusieurs vagues de protestations contre le pétrole cher.

La fiscalité des carburants en particulier sur celle du gazole qu'utilisent routiers, agriculteurs et marins-pêcheurs est un sujet sensible.

1995: "Halte au racket fiscal!"


En janvier 1995, une forte hausse de la fiscalité sur l'essence sans plomb 95 et 98 fait bondir les professionnels de l'auto. "Halte au racket fiscal!" clame l'Automobile club. Mais la grogne en reste là.

Le gazole est alors bien moins taxé que l'essence, situation que les gouvernements chercheront à corriger progressivement à partir de la fin des années 1990.

2000: colère en France et en Europe


La hausse de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) sur le gazole en 1999 ajoutée à une flambée des cours pétroliers pousse les marins-pêcheurs puis les routiers français à passer à l'action à l'été 2000. En un an, le prix du gazole a grimpé de plus de 30%.

Aux blocus des grands ports de pêche fin août, succèdent en septembre les barrages des routiers qui interdisent l'accès aux dépôts pétroliers et obligent à rationner l'essence.

Les transporteurs obtiennent du gouvernement de Lionel Jospin (sous la cohabitation avec Jacques Chirac) une baisse de la TIPP après une semaine de blocage routier. Le mouvement cesse en France mais gagne l'Europe: une colère inédite face à la flambée des prix à la pompe s'empare des transporteurs, agriculteurs et patrons de pêche de l'UE.

Blocus de raffineries, dépôts pétroliers et ports en Grande-Bretagne, Belgique et Suède, opérations escargots et barrages routiers en Allemagne, Pologne, Espagne, Irlande.

Le 21 septembre, une réunion de crise des ministres des Transports de l'UE ne parvient pas à dégager une position commune sur la fiscalité des carburants.

Chaque capitale règle à sa façon son mécontentement intérieur, par la fermeté ou la négociation. Les dernières protestations, en Espagne, cessent début octobre.

2004: pêcheurs, agriculteurs, routiers et bateliers en colère


La hausse d'environ 20% du prix du gazole depuis le début 2004 déclenche à l'automne une série de protestations de la part de pêcheurs, agriculteurs et routiers en France.

Début octobre, plusieurs grands ports de Méditerranée sont bloqués par les marins-pêcheurs qui finissent par obtenir un plan d'aide pour atténuer les effets des hausses du gazole.

Les agriculteurs et transporteurs routiers, également pénalisés par l'envol des prix pétroliers, menacent de bloquer les dépôts de carburant.

Les deux catégories, ainsi que les bateliers du transport fluvial, obtiennent du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin (sous la présidence de Jacques Chirac) des mesures compensatrices, en particulier la baisse de la TIPP.

Mais les mesures peinent à calmer le mécontentement. Fin novembre des transporteurs organisent des convois vers Paris, avec perturbation de la circulation, pour réclamer de nouvelles aides. Cette fois, le gouvernement reste ferme et le mouvement cesse.

2008: ports et routes bloqués


Une nouvelle flambée des prix pétroliers mobilise les pêcheurs français à partir de la mi-mai 2008. De nombreux ports, de la Méditerranée à la Manche, sont bloqués par les marins.

Sur la façade Atlantique, le port des Sables d'Olonne reste paralysé pendant près de 15 jours. Un plan d'aide présenté le 21 mai par le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, ne satisfait pas franchement mais le mouvement des pêcheurs s'essouffle.

Début juin, des agriculteurs, routiers et taxis prennent le relais des marins. Ils organisent des opérations escargot et barrages filtrants partout en France, notamment en région parisienne.

Le gouvernement de François Fillon (sous la présidence de Nicolas Sarkozy) annonce le 5 juin des aides pour les transporteurs mais, là encore, peine à convaincre. Après un ultime blocage des routes le 30 juin, le mouvement cesse, juste avant la période des départs en vacances.


(c) AFP

Commenter ⛽ Carburants en France: des grognes récurrentes contre la hausse des prix



    Communauté prix du baril


    Les dernières actualités des prix du pétrole

    samedi 31 octobre 2026 à 19:46

    Après TotalEnergies, E. Leclerc réduit le gazole de 21 centi…

    Carburants: E.Leclerc retranchera chaque jour 21 centimes d'euro par litre au prix du gazole dans son réseau de 742 stations-service. Le distributeur...

    vendredi 30 octobre 2026 à 21:45

    Les géants américains du pétrole s'activent pour combler la …

    New York: Raffineries agrandies, opérations de maintenance repoussées, relance de sites fermés, les groupes pétroliers américains s'activent pour augmenter leurs capacités de...

    vendredi 30 octobre 2026 à 20:12

    Les prix du pétrole augmentent sur fond de tensions dans le …

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont clôturé en hausse vendredi, portés par le retour des craintes autour du détroit d'Ormuz...

    vendredi 30 octobre 2026 à 13:41

    Chevron: bond des ventes et du bénéfice trimestriels

    Chevron: Le groupe pétrolier américain Chevron a vu ses résultats bondir au troisième trimestre, profitant comme ses concurrents de la flambée des...

    vendredi 30 octobre 2026 à 12:45

    ExxonMobil double son bénéfice trimestriel mais rate les att…

    New York: Le groupe pétrolier américain a dégagé 15,41 milliards de dollars de bénéfice net au troisième trimestre, en hausse de 104,20%...

    vendredi 30 octobre 2026 à 12:34

    Le pétrole remonte avec un regain d'inquiétude sur le détroi…

    Londres: Les cours du pétrole progressent vendredi avec des inquiétudes du marché sur le détroit d'Ormuz, quatre navires ayant percuté des mines...

    vendredi 30 octobre 2026 à 09:21

    BP quadruple son bénéfice trimestriel, porté par le pétrole

    BP: Les profits attribuables aux actionnaires atteignent 4,70 milliards de dollars (3,8 milliards de francs au cours du jour) contre 1,16 milliard...

    jeudi 29 octobre 2026 à 20:03

    Le pétrole en retrait sur des espoirs de relance des négocia…

    Cours de clôture: Les prix du pétrole ont terminé en légère baisse jeudi, le marché réagissant à des informations de presse évoquant...

    jeudi 29 octobre 2026 à 19:01

    TotalEnergies, Shell, Repsol: résultats portés par la flambé…

    Paris: Shell, TotalEnergies, Repsol : les compagnies pétrolières affichent des bénéfices exceptionnellement élevés grâce à la flambée des hydrocarbures dans la foulée...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    ★ Vendredi 30 octobre 2026

    A la mi-journée, le prix du baril de Brent pour livraison en janvier, désormais affiché sur nos graphiques, grimpait à 113,24 $/baril (+2,20 %), soit 101,17 €/baril. Dans le même temps, le contrat Brent pour livraison en décembre, dont c’est le dernier jour de cotation, évoluait autour de 117,59 dollars (+2,36 %). Cet écart d’environ 4 dollars entre les deux cours s’explique donc par le changement d’échéance et non par une chute brutale du prix du pétrole.

    Les cours du Brent étaient soutenus par un regain d’inquiétude autour du détroit d’Ormuz : quatre pétroliers auraient été touchés jeudi après avoir percuté des mines selon l’Iran, tandis que Washington affirme avoir largement déminé ce passage stratégique. Les marchés restent parallèlement attentifs aux tentatives de reprise du dialogue entre les États-Unis et l’Iran, alors qu’une délégation qatarie est arrivée vendredi à Téhéran pour des discussions.

    📈 Le pétrole flambe à nouveau, jusqu'à quand?

    Le jeudi 02 avril 2026

    Analyse: Cent dollars, puis 110 dollars... et bientôt 150 ou 200 dollars? Le ton belliqueux de Donald Trump mercredi a ravivé les inquiétudes sur les conséquences d'un prix du baril de pétrole durablement élevé, et les solutions d'urgence réduites pour y faire face.

    Lire la suite

    🇻🇪 Le pétrole en ligne de mire de l’intervention US au Venezuela: quel scénario pour le baril ?

    Le lundi 05 janvier 2026

    Caracas: Quelques heures après la capture de Nicolás Maduro et son transfert vers les États-Unis, Donald Trump a affirmé vouloir « rouvrir » le Venezuela aux compagnies pétrolières américaines, tout en maintenant l'embargo sur le brut vénézuélien. Sur le papier, l'équation est simple: un pays assis sur des réserves géantes, une industrie pétrolière exsangue et Washington qui revient au centre du jeu. Dans les faits, les conséquences dépendront d'un triptyque décisif: sécurité, cadre juridique et prix du baril.

    Lire la suite

    🇺🇸 Face à la flambée du pétrole, Trump n'a pas beaucoup de leviers

    Le lundi 09 mars 2026

    New York: Grand promoteur des hydrocarbures, élu entre autres sur la promesse d'une essence bon marché, Trump promet désormais aux Américains que la flambée des prix provoquée par le conflit au Moyen-Orient ne sera qu'un court et mauvais moment à passer.

    Lire la suite