A+ A A-

Pétrole: l'industrie, confiante dans la reprise des prix, craint pour ses investissements

prix du petrole LondresLondres: Les dirigeants de l'industrie pétrolière, réunis cette semaine à Londres pour l'International Petroleum (IP) week, se sont montrés globalement confiants dans un rebond des cours d'ici la fin de l'année, même s'il a pour corollaire une baisse drastique des investissements.
Car si rééquilibrage du marché il y a, à en croire les poids lourds du secteur, ce sera davantage à mettre sur le compte d'une régulation naturelle du marché, et notamment d'une hausse de la demande, que sur des réductions concertées de production.

Bod Dudley, le directeur général de BP, a ainsi jugé qu'un équilibre journalier entre l'offre et la demande au niveau mondial allait intervenir à un moment donné dans la seconde partie de l'année, au troisième ou quatrième trimestre, quand chaque réservoir de stockage et chaque piscine dans le monde seront remplis (de pétrole).

Je pense que nous allons (alors) commencer à voir les fondamentaux reprendre le dessus, a-t-il ajouté, soulignant que même s'il ne s'attendait pas à ce que le pétrole s'échange de nouveau à 100 dollars le baril de sitôt, le cycle des matières premières (n'était) pas terminé pour autant.

Ainsi, pour M. Dudley, l'annulation ou le report de quelque quatre cents milliards de dollars de projets dans le secteur pétrolier en raison de la faiblesse des cours va provoquer une nouvelle réaction (du marché).

Même son de cloche du côté de Patrick Pouyanné, le PDG de Total, pour qui la volatilité actuelle des prix est inhérente au marché des matières premières: nous avons des cycles et les cycles se produisent parce que quand les prix sont élevés, nous sur-investissons (...) et nous avons un impact sur la demande. Quand les prix sont bas, nous sous-investissons et la demande devient positive, a expliqué le patron du géant pétrolier français.

Igor Setchine, le directeur général du géant pétrolier russe Rosneft, a pour sa part estimé que le déséquilibre du marché allait se réduire cette année et qu'un déficit de 500.000 barils par jour pourrait intervenir d'ici fin 2017 même si, selon lui, ce processus de rééquilibrage est susceptible d'être ralenti par deux facteurs clés: d'un côté, une potentielle augmentation de l'offre de pétrole de l'OPEP et de l'autre une augmentation des livraisons de pétrole des États-Unis.


- 'Nous préparons le prochain rebond'

Ainsi, le déclin naturel de la production des champs de pétrole existants, couplé à une hausse de la demande, créeront le besoin d'un million de barils par jour supplémentaires chaque année d'ici 2020, a détaillé le PDG de Total.

Cela signifie que 25 millions de barils par jour de nouvelles capacités doivent être lancées entre aujourd'hui et 2020 dans un contexte où les investissements sont quasiment à l'arrêt, a poursuivi M. Pouyanné, estimant que le déficit d'offre d'ici 2020 devrait atteindre entre 5 et 10 millions de barils par jour.

Si nous continuons comme cela, nous préparons le prochain rebond des prix du pétrole, a-t-il assuré.

Mais ce calcul pourrait toutefois s'avérer dangereux, a jugé Roberto Casula, le chef du développement d'ENI, car si l'industrie pétrolière réduit trop drastiquement ses investissements, sur fond de chute des prix du brut, elle court le risque de ne pas pouvoir faire face à la croissance de la demande.

Le cours de l'or noir a en effet fondu de 47% en 2015 par rapport à l'année précédente, atteignant 52 dollars en moyenne, et de plus de 70% depuis juin 2014, victime d'une offre excédentaire alimentée par la guerre de parts de marché entre le pétrole de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), Arabie saoudite en tête, et les hydrocarbures de schiste américains.

L'effet général (de la chute des cours) est que les dépenses d'investissements en amont ont été réduites à des niveaux dangereux, a relevé M. Casula, précisant qu'après une baisse de 20% en 2015, ils devraient être encore réduits de 50% cette année.

On pourrait justifier la baisse des investissements par le fait que la demande est plus faible, a argué M. Casula, mais elle a augmenté en 2015 et est à son plus haut niveau depuis 2010.

Si nous ne sommes pas capables de faire mieux correspondre la structure des coûts aux prix et de maintenir un niveau raisonnable d'investissements, nous risquons de compromettre la structure (même) de l'industrie, a-t-il prévenu.

(c) AFP

Commenter Pétrole: l'industrie, confiante dans la reprise des prix, craint pour ses investissements



    Communauté prix du baril


    La Compagnie pétrolière française Total

    TotalEnergies: production d'hydrocarbures stable au T1, freinée par la gu…

    jeudi 16 avril 2026

    Paris: Le géant pétrolier français TotalEnergies prévoit de produire autant d'hydrocarbures au premier trimestre 2026 qu'au quatrième trimestre 2025.


    -Toute l'actualité de la compagnie pétrolière TotalEnergies

    La Compagnie pétrolière britannique BP

    Les actionnaires de BP infligent un revers cinglant à la nouvelle directi…

    jeudi 23 avril 2026

    Londres: Les actionnaires du géant pétrolier britannique BP ont infligé jeudi, lors de l'assemblée générale annuelle, un désaveu cinglant à la nouvelle direction de l'entreprise, en rejetant largement deux résolutions vues comme un recul de la transparence, notamment sur sa...


    -Toute l'actualité de la compagnie pétrolière BP

    La Compagnie pétrolière russe Rosneft

    Rosneft signe avec Indian Oil Company pour réorienter ses exportations

    mercredi 29 mars 2023

    Moscou: Le géant pétrolier russe Rosneft a annoncé mercredi avoir signé un contrat avec un partenaire indien pour "augmenter considérablement" les livraisons de pétrole russe, au moment où Moscou, visé par un embargo occidental, cherche à réorienter ses ventes vers...

    Les dernières actualités des prix du pétrole

    mardi 28 avril 2026 à 04:15

    En pleine crise énergétique, la Colombie accueille le camp d…

    Nigeria: C'est au bord de la mer des Caraïbes, avec des navires de charbon au large, que la Colombie accueille mardi et...

    mardi 28 avril 2026 à 02:31

    Venezuela: moins de 30% des puits de pétrole sont en activit…

    Caracas: Moins de 30% des puits de pétrole du Venezuela sont en activité, a indiqué lundi la Chambre pétrolière vénézuélienne (CPV) lors...

    lundi 27 avril 2026 à 21:16

    Le pétrole grimpe faute d'avancées sur la réouverture du dét…

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont progressé lundi, après un weekend marqué par l'absence de progrès sur le front des...

    lundi 27 avril 2026 à 17:33

    Ormuz: Macron promet d'échanger avec l'Iran pour "trait…

    Paris: Le président français Emmanuel Macron a promis lundi d'échanger avec les autorités iraniennes pour "traiter le problème" de la hausse des...

    lundi 27 avril 2026 à 15:04

    Shell se renforce dans le schiste avec l'acquisition du cana…

    Montréal: Le géant des hydrocarbures britannique Shell a annoncé lundi un accord pour acquérir la société énergétique canadienne ARC Resources pour une...

    lundi 27 avril 2026 à 12:08

    Le pétrole monte en l'absence de progrès pour la réouverture…

    Londres: Les cours du pétrole montent lundi, après un weekend marqué par l'annulation de nouveaux pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis et...

    lundi 27 avril 2026 à 09:09

    Galp Energia: bénéfice en forte hausse au 1T grâce au pétrol…

    Lisbonne: Le groupe pétrolier et gazier portugais Galp Energia a annoncé lundi qu'il avait dégagé au premier trimestre un bénéfice net ajusté...

    lundi 27 avril 2026 à 09:00

    Le pétrole dopé, les Bourses résistent

    Tokyo: Les prix du pétrole grimpent lundi dans les échanges en Asie, poussés par l'incertitude persistante au Moyen-Orient où des discussions entre...

    lundi 27 avril 2026 à 06:35

    Des associations appellent à sortir de la dépendance au pétr…

    Berne: Différentes associations lancent lundi un appel à sortir du "piège" du prix du pétrole. Elles demandent à la Confédération et aux cantons...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Chiffres du jour

    Jeudi 23 avril 2026 Les cours du pétrole repartent à la hausse ce début d'après-midi : le baril de Brent grimpe autour de 102,83 $ (+0,90 %), tandis que le WTI progresse vers 93,82 $ (+0,93 %), dans un marché de nouveau tendu après la baisse des franchissements dans le détroit d'Ormuz et le pessimisme croissant sur une réouverture rapide de cette voie stratégique par où transite près de 20 % du pétrole mondial.

    🇻🇪 Le pétrole en ligne de mire de l’intervention US au Venezuela: quel scénario pour le baril ?

    Le lundi 05 janvier 2026

    Caracas: Quelques heures après la capture de Nicolás Maduro et son transfert vers les États-Unis, Donald Trump a affirmé vouloir « rouvrir » le Venezuela aux compagnies pétrolières américaines, tout en maintenant l'embargo sur le brut vénézuélien. Sur le papier, l'équation est simple: un pays assis sur des réserves géantes, une industrie pétrolière exsangue et Washington qui revient au centre du jeu. Dans les faits, les conséquences dépendront d'un triptyque décisif: sécurité, cadre juridique et prix du baril.

    Lire la suite

    💶 Les plus grandes transactions dans le secteur du pétrole et du gaz depuis le début du siècle

    Le mercredi 11 octobre 2023

    Paris: La major américaine de l'énergie Exxon Mobil a déclaré qu'elle allait acquérir Pioneer Natural Resources dans le cadre d'une opération évaluée à 59,5 milliards de dollars, afin de plus que doubler sa présence dans le bassin permien, la plus grande zone de schiste des États-Unis.  Une fois l'opération réalisée, il s'agirait de la plus importante acquisition d'Exxon depuis celle de Mobil en 1998, qui s'élevait à 81 milliards de dollars. Voici les principales opérations réalisées dans le secteur mondial du pétrole et du gaz depuis les années 2000.

    Lire la suite

    🔴 La Berd alerte sur le risque d'un pétrole à 100 dollars pour la croissance mondiale

    Le jeudi 26 mars 2026

    Londres: La persistance d'un baril de pétrole à 100 dollars à cause de la guerre au Moyen-Orient freinerait la croissance économique mondiale en alimentant l'inflation, a alerté jeudi la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).

    Lire la suite