Menu
A+ A A-

Avant sa réunion, l'Opep peine à rassurer les marchés

prix du petrole vienneVienne: Les ministres de l'Energie de l'Opep ont commencé mardi à arriver à Vienne, à deux jours d'une réunion marquée par l'incertitude des marchés concernant la durée d'une prolongation de l'accord de limitation de la production.
"Nous sommes en faveur d'une extension de l'accord", a affirmé le ministre koweïtien du pétrole, Essam al-Marzouk, à son arrivée dans la capitale autrichienne, tout en relevant que la durée de la prolongation était encore sujette à débat.

Son homologue équatorien, Carlos Pérez, a pour sa part estimé que l'accord, qui doit jusqu'à nouvel ordre prendre fin en mars 2018, durerait "pour la plus grande partie de l'année".

L'accord de limitation a été décidé fin 2016 par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), rejointe par d'autres poids lourds comme la Russie.

L'avenir des baisses de production devrait être décidé jeudi, mais une réunion technique du Comité de surveillance de l'accord, qui donnera une recommandation à l'OPEP, pourrait éclairer les marchés dès mercredi.

Tensions géopolitiques


Son application depuis début 2017 a participé à une baisse des réserves mondiales et a fait remonter les prix. Les participants, qui avaient déjà étendu au printemps la durée de l'accord jusqu'à mars 2018, doivent désormais discuter de son futur.

"L'OPEP n'a pas très bien géré les attentes du marché et nous nous attendons donc à un renouvellement jusqu'à fin 2018", a estimé pour l'AFP Joel Hancock, analyste spécialiste du pétrole chez Natixis.

Dans ce contexte d'incertitude sur la durée d'une prolongation, les cours du pétrole baissaient mardi en fin d'échanges européens. Vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier perdait ainsi 43 cents à Londres, à 63,41 dollars.

Entre les pays du cartel, les tensions sont élevées. Le prince héritier saoudien a ainsi qualifié fin novembre le Guide suprême iranien de "nouveau Hitler" et le Qatar est toujours soumis à un blocus de ses voisins arabes.

Pourtant, les spécialistes du secteur estiment que ces conflits devraient peu influencer les négociations.

"Dans le passé, quand l'Irak a envahi le Koweït, ou pendant la guerre entre l'Irak et l'Iran, les rivalités étaient politiques et même militaires. Ces pays parvenaient tout de même à travailler dans le cadre de l'OPEP", a rappelé Richard Mallinson, analyste géopolitique pour Energy Aspects.

Et l'arrivée au pouvoir en Arabie saoudite en juin du fils du roi Salmane, Mohammed ben Salmane, pourrait jouer en faveur de l'accord.

"Son plan de réforme de l'Etat aura plus de chance de réussite avec un baril de Brent à 60 dollars", ont estimé les analystes de RBC.

L'enjeu russe


Alors que les pays de l'OPEP rencontreront dans la foulée jeudi leurs partenaires extérieurs au cartel, certains analystes redoutent un désistement de la Russie, dont les entreprises craignent de perdre des parts de marché en limitant leurs extractions.

La production quotidienne russe, de 11,3 millions de barils de brut en octobre a dépassé les 10 millions de barils produits par l'Arabie saoudite, selon l'Agence internationale de l'énergie.

"Les entreprises peuvent grogner, mais au final, si elles veulent réussir en Russie, elles ne peuvent pas se permettre de trop s'éloigner de la ligne du gouvernement", estime cependant Richard Mallinson.

Or le président Vladimir Poutine, qui a renforcé la présence militaire de son pays en Syrie et a reçu pour la première fois le roi saoudien à Moscou, cherche à renforcer sa présence dans la région.

"En entrant dans le jeu de l'OPEP, la Russie a une position excellente dans la région. Si elle sortait du rang et dépassait ses objectifs de production, elle perdrait en crédibilité au Moyen-Orient", a expliqué Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB.

Pour la Russie comme pour l'OPEP, il s'agit également de faire face aux Etats-Unis. Dopées par les gisements de pétrole non conventionnel, les extractions américaines ont atteint en novembre leur plus haut niveau hebdomadaire depuis 1983 et le début de la compilation de ces données.

"Il s'agit désormais (pour l'OPEP et ses partenaires, ndlr) de privilégier le prix sur la quantité. Les participants à l'accord savent que l'année prochaine sera riche en pétrole, s'ils ne contrôlent pas leur production en 2018, les réserves mondiales vont à nouveau grimper", prévient M. Schieldrop.


(c) AFP

Commenter Avant sa réunion, l'Opep peine à rassurer les marchés


    Les dernières actualités des prix du pétrole

    vendredi 18 janvier 2019 à 21:55

    Le pétrole aidé par l'espoir d'avancées dans les négociation…

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont terminé en nette hausse vendredi, profitant de l'optimisme des marchés sur une possible résolution...

    vendredi 18 janvier 2019 à 12:07

    Le pétrole remonte, le marché optimiste sur les négociations…

    Londres: Les prix du pétrole remontaient vendredi en cours d'échanges européens, profitant de l'optimisme des marchés sur une possible résolution du conflit...

    vendredi 18 janvier 2019 à 10:38

    Pétrole: l'équilibrage du marché risque de prendre du temps …

    Paris: L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a prévenu vendredi que le rééquilibrage du marché du pétrole risquait de s'apparenter à un "marathon...

    vendredi 18 janvier 2019 à 04:25

    Le pétrole rebondit en Asie

    Singapour: Les cours du pétrole rebondissaient vendredi en Asie, portés par une réduction de la production de l'Opep et des informations sur...

    jeudi 17 janvier 2019 à 22:12

    Le pétrole recule, miné par la production américaine et la g…

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont reculé jeudi sous l'effet d'une production américaine gonflant à de nouveaux records et des...

    jeudi 17 janvier 2019 à 19:15

    L'Opep veut éviter un nouvel engorgement du marché

    Londres: L'Opep veut éviter une accumulation des stocks au-delà de leur moyenne de cinq ans avec le nouvel accord de réduction de...

    jeudi 17 janvier 2019 à 16:14

    Le pétrole baisse, la production américaine inquiète

    Londres: Les cours du pétrole reculaient jeudi en cours d'échanges européens alors que la production américaine a encore battu son propre record...

    jeudi 17 janvier 2019 à 13:38

    Recul de la production de pétrole de l'Opep en décembre

    Paris: L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a réduit sa production en décembre pour le deuxième mois consécutif, une baisse tirée...

    jeudi 17 janvier 2019 à 12:07

    Le pétrole recule, les Etats-Unis pompent toujours plus

    Londres: Les prix du pétrole reculaient jeudi en cours d'échanges européens alors que la production américaine a encore battu son propre record...

    Toute l'actualité du pétrole et des cours du baril

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Chiffres du jour

    Vendredi 18 janvier 2019 AIE L'AIE table sur un cours du baril de Brent à 61 dollars en moyenne pour 2019, après 71 dollars en 2018, soit une baisse de 14%.

    En novembre 2018, le prix du pétrole chute

    Le jeudi 20 décembre 2018 - Analyses des prix du pétrole

    En novembre 2018, le prix du pétrole en euros chute (−19,3 % après +4,3 % en octobre) tandis que les prix en euros des matières premières importées (hors énergie) sont stables (+0,0% après +4,9%). Le prix du pétrole chute En novembre 2018, le prix du baril de pétrole brut de la mer du Nord (Brent) en euros chute (−19,3 % après +4,3 %), à 57 € en moyenne par baril. La baisse est presque de la même ampleur en dollars (−20,1 % après +2,7 %). La moyenne des cours du pétrole brent en dollars est établie à 64,7...

    Lire la suite

    Coup de poker sur l'essence

    Le mercredi 19 décembre 2018 - Analyses des prix du pétrole

    Comment et pourquoi le cours du baril de brut s'est effondré entre 2014 et 2016, contre (presque) toute attente. Entre économie et géopolitique, une vertigineuse enquête dans le monde très fermé des rois du pétrole pour comprendre les fluctuations des prix du pétrole. Genre: Documentaire | Date: 12/2018 | Durée: 59 mn | Pays: France

    Lire la suite

    En octobre 2018, le prix du pétrole ralentit

    Le mardi 20 novembre 2018 - Analyses des prix du pétrole

    En octobre 2018, le prix du pétrole ralentit. Le prix du pétrole décélère En octobre 2018, la hausse du prix du baril de pétrole brut de la mer du Nord (Brent) en euros est moins vive qu'en septembre (+4,3 % après +7,8 % en septembre), à 70,6 € en moyenne par baril de Brent. Le ralentissement est un peu plus marqué en dollars (+2,7 % après +8,8 %), l'euro s'étant déprécié au mois d'octobre. La moyenne des cours du pétrole brent en dollars est établie à 81 $ par baril.  Cours du pétrole Brent - octobre 2018

    Lire la suite