A+ A A-

Pétrole en Irak : production et exportations

L'Irak est le deuxième producteur de l'OPEP, derrière l'Arabie saoudite, et détient environ 145 milliards de barils de réserves. Avant la guerre de 2026, il exportait 3,5 millions de barils par jour, presque tout par les terminaux de Bassora et le détroit d'Ormuz : sa production est tombée à 1,4 million de barils par jour en avril 2026, avant de remonter vers 3,9 millions en septembre.

Production de septembre 2026
3,92 Mb/j
Pour un plafond OPEP+ de 4,43 Mb/j ; 4,01 Mb/j en moyenne en 2025 et 1,41 Mb/j en avril 2026.
OPEP, sources secondaires (rapport du 13 octobre 2026)
Exportations de septembre 2026
2,6 Mb/j
Environ 3,5 Mb/j avant la guerre ; 18,6 millions de barils seulement sur tout le mois de mars.
Ministère irakien du Pétrole (22 septembre et 29 juillet 2026)
L'oléoduc Kirkouk-Ceyhan vers la Turquie
Débit d'octobre 202620 %
Accord avec la Turquie50 %
En pourcentage de la capacité nominale de l'oléoduc, 1,5 million de barils par jour : environ 300 000 barils par jour en octobre 2026, 750 000 prévus par l'accord intérimaire signé avec la Turquie jusqu'en août 2027.
Ministère irakien du Pétrole (octobre 2026), Reuters (1er août 2026)
La production de pétrole de l'Irak en 2026
En millions de barils par jour de brut, sources secondaires de l'OPEP
Moyenne 20254,01
Mars 20261,68
Avril1,41
Mai1,53
Juin1,96
Juillet2,62
Août3,53
Septembre3,92
OPEP, rapports mensuels de mai, juillet, août et octobre 2026 (sources secondaires).
L'agenda du pétrole en Irak
  • nov.1dimancheRéunion des sept pays de l'OPEP+Plafonds du mois suivant, dont celui de l'Irak.
  • nov.11mercrediRapport mensuel de l'OPEP (MOMR)Heure à préciserChaque moisPrévisions de demande mondiale et production des pays de l'OPEP : les révisions de demande font souvent bouger le marché.
  • nov.29dimancheRéunion de l'OPEP+ : stratégie de production pour 2027Heure à préciserLes principaux membres de l'OPEP et leurs alliés se réunissent pour planifier leur stratégie de l'année prochaine.
Le pétrole irakien en chiffres
Réserves prouvées
Environ 145 milliards de barils, 4e réserve de l'OPEP derrière le Venezuela, l'Arabie saoudite et l'Iran
Plafond OPEP+ de novembre 2026
4,431 millions de barils par jour
Production 2025
4,01 millions de barils par jour (sources secondaires de l'OPEP)
Production de septembre 2026
3,92 millions de barils par jour, après 1,41 million en avril
Exportations 2025
1,24 milliard de barils, environ 3,4 Mb/j, dont 90 % par les terminaux de Bassora
Poids du pétrole
88 % des recettes de l'État en 2025, 78 % de janvier à juillet 2026
Vente du brut
SOMO, organisme public ; qualités Basrah Medium, Basrah Heavy et Kirkuk
Oléoduc vers la Turquie
Kirkouk-Ceyhan, 1,5 Mb/j de capacité nominale ; accord intérimaire pour 750 000 b/j jusqu'en août 2027
Raffinage
Environ 1,3 million de barils par jour de capacité nominale (Baiji, Bassora, Karbala)
Gouvernement
Premier ministre Ali al-Zaidi, ministre du Pétrole Basim Mohammed Khudair, depuis le 14 mai 2026
Sources : OPEP (rapports mensuels, Annual Statistical Bulletin 2025, communiqué du 4 octobre 2026), SOMO et ministère irakien du Pétrole, ministère irakien des Finances, S&P Global.

Actualité du pétrole en Irak

16 octobre 2026 · 13:04
Irak

Le ministre irakien des Affaires étrangères Fouad Hussein a présenté cette estimation jeudi 15 octobre à Rome, lors d’un entretien avec le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani, d’après un communiqué de la diplomatie irakienne.

L'Irak dans nos articles
328 articles depuis 2012, année par année
1'127'13104'1427'1522'1668'1721'185'1915'205'216'2220'234'247'2516'26

La production de pétrole de l'Irak pendant la crise d'Ormuz

En 2025, l'Irak a produit en moyenne 4,01 millions de barils par jour selon les sources secondaires de l'OPEP. Près de 90 % de son brut partait des terminaux de Bassora, au fond du Golfe, et devait donc franchir le détroit d'Ormuz. Quand la guerre a éclaté le 28 février 2026, les pétroliers ne sont plus venus et les réservoirs se sont remplis en quelques jours : le 3 mars, la Basra Oil Company a ordonné l'arrêt de Rumaila, le plus grand champ du pays. Le 8 mars, la production du sud avait chuté de 70 %.

Selon l'OPEP, l'Irak n'a produit que 1,68 million de barils par jour en mars et 1,41 million en avril. Le 4 avril, l'Iran a annoncé exempter l'Irak de ses restrictions dans le détroit. La production est ensuite remontée à 2,62 millions de barils par jour en juillet, 3,53 en août et 3,92 en septembre (4,10 selon l'AIE), encore sous le plafond OPEP+ de 4,43 Mb/j. Bagdad demande à l'OPEP+ une base de 6 millions de barils par jour pour 2027, selon Bloomberg.

À retenir Production tombée à 1,41 Mb/j en avril 2026, remontée à 3,92 Mb/j en septembre.

Les exportations de pétrole irakien et les rabais de la SOMO

En 2025, l'Irak a exporté 1,24 milliard de barils de brut, environ 3,4 millions de barils par jour, dont 1,11 milliard par les ports de Bassora. La Chine et l'Inde en sont les premiers clients. En janvier 2026, les ventes atteignaient encore 107,6 millions de barils pour 6,49 milliards de dollars ; en mars, elles sont tombées à 18,6 millions de barils, puis à une dizaine de millions en avril.

Les chargements ont repris à partir de l'été, au prix de rabais exceptionnels : pour octobre, la SOMO, l'organisme public qui vend le brut irakien, a consenti 34,50 $ par baril sur le Basrah Medium et 37 $ sur le Basrah Heavy, selon Reuters. Des négociants comme Vitol en achètent une partie, transbordée de navire à navire vers Fujaïrah. Selon le ministère du Pétrole, les exportations sont revenues à environ 2,6 millions de barils par jour en septembre.

À retenir Pour les chargements d'octobre 2026, la SOMO consent jusqu'à 37 $ de rabais par baril.

Le Kurdistan et l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan

L'oléoduc Kirkouk-Ceyhan relie les champs du nord de l'Irak au port turc de Ceyhan, en Méditerranée. Il était fermé depuis le 25 mars 2023 : la Turquie avait suspendu le transit après une sentence d'arbitrage de la Chambre de commerce internationale qui la condamne à verser 1,47 milliard de dollars à l'Irak pour avoir laissé passer du brut kurde sans l'accord de Bagdad. La cour d'appel de Paris a rejeté son recours le 10 mars 2026, mais la Turquie n'a pas payé. Les exportations du Kurdistan ont repris le 27 septembre 2025, à 190 000 barils par jour, après un accord entre Bagdad, le gouvernement régional kurde et les compagnies : c'est la SOMO qui vend ce brut.

Depuis la crise d'Ormuz, c'est la principale sortie hors du Golfe. Après un accord entre Bagdad et Erbil le 17 mars 2026, le brut des champs de Kirkouk y est aussi pompé, et des camions acheminent environ 250 000 barils par jour du sud vers Kirkouk. L'accord d'oléoduc signé avec la Turquie en 1973 a expiré le 27 juillet 2026 ; un accord intérimaire d'un an a été signé le 1er août à Ankara, pour 750 000 barils par jour, sur une capacité nominale de 1,5 million. Pour relier le sud au réseau du nord, l'Irak a lancé au printemps 2026 un oléoduc d'environ 700 km entre Bassora et Haditha.

À retenir Accord intérimaire avec la Turquie jusqu'en août 2027 : 750 000 barils par jour par Kirkouk-Ceyhan.

Le budget de l'Irak et la chute des recettes pétrolières

Le pétrole a fourni 88 % des recettes de l'État irakien en 2025 : 109 200 milliards de dinars, environ 83 milliards de dollars. Au premier semestre 2026, les recettes pétrolières sont tombées à 28 500 milliards de dinars, deux fois moins qu'un an plus tôt, alors que les salaires, les retraites et les aides représentaient 85 % des dépenses. De janvier à juillet, le déficit a dépassé 20 milliards de dollars.

Le 7 octobre 2026, le gouvernement a dévalué le dinar de 14,5 %, à 1 520 dinars pour un dollar. Le projet de budget 2027, de 217 000 milliards de dinars, repose sur un baril à 58 $ et des exportations d'environ 4 millions de barils par jour.

À retenir Recettes pétrolières divisées par deux au premier semestre 2026 ; dinar dévalué de 14,5 % le 7 octobre.

Les compagnies étrangères dans le pétrole irakien

Depuis les appels d'offres de 2009, les grands champs du sud sont exploités par des compagnies étrangères sous contrats de service. BP exploite Rumaila avec PetroChina, qui opère aussi Qourna-Ouest 1 ; Eni exploite Zubair. En 2025, BP a signé un contrat de 16 ans pour relancer les champs de Kirkouk, jusqu'à 25 milliards de dollars ; depuis la guerre, ils sont gérés pour un an par la North Oil Company publique, et la compagnie turque TPAO est entrée dans le projet en juillet 2026.

TotalEnergies mène avec QatarEnergy et la Basra Oil Company le projet GGIP, 27 milliards de dollars : récupération du gaz torché, eau de mer pour les champs, champ de Ratawi et centrale solaire. Son personnel étranger a été évacué de Bassora le 5 mars 2026. Lukoil a perdu Qourna-Ouest 2, près d'un dixième de la production irakienne, après les sanctions américaines d'octobre 2025 : le champ est repris par l'État, et Chevron a signé en juillet 2026 des accords pour l'exploiter et développer la région de Nassiriya. ExxonMobil a signé en octobre 2025 un accord-cadre pour le champ de Majnoon.

Le pétrole irakien : les grandes dates

  1. 14 septembre 1960
    Fondation de l'OPEP à Bagdad. L'Irak est l'un des cinq pays fondateurs, avec l'Arabie saoudite, l'Iran, le Koweït et le Venezuela.
  2. 1er juin 1972
    Nationalisation. L'État prend le contrôle de l'Iraq Petroleum Company.
  3. 20 mars 2003
    Invasion américaine. Début de la guerre qui renverse Saddam Hussein. Brent : 28,40 $
  4. 30 juin 2009
    Premier appel d'offres. Rumaila est attribué à BP et CNPC, rémunérés 2 $ par baril produit au-delà du niveau de départ. Brent : 68,11 $
  5. 10 juin 2014
    Daech prend Mossoul. La raffinerie de Baiji est saisie ; elle ne rouvre qu'en 2024. Brent : 109,18 $
  6. 16 octobre 2017
    Bagdad reprend Kirkouk. Trois semaines après le référendum d'indépendance du Kurdistan, l'armée irakienne reprend la ville et ses champs. Brent : 57,49 $
  7. 25 mars 2023
    Arrêt de Kirkouk-Ceyhan. La Turquie suspend le transit après la sentence d'arbitrage. Brent : 74,99 $
  8. 27 septembre 2025
    Reprise des exportations kurdes. 190 000 barils par jour vers Ceyhan, vendus par la SOMO. Brent : 70,13 $
  9. 3 mars 2026
    Arrêt de Rumaila. Ormuz bloqué, les stockages sont pleins ; la production du sud chute de 70 %. Brent : 81,40 $
  10. 1er août 2026
    Accord intérimaire avec la Turquie. Un an, 750 000 barils par jour par Kirkouk-Ceyhan. Brent : 90,12 $
  11. 7 octobre 2026
    Dévaluation du dinar. De 14,5 %, face à la chute des recettes pétrolières. Brent : 100,20 $

Questions fréquentes sur le pétrole en Irak

1Combien de pétrole produit l'Irak ?

3,92 millions de barils par jour en septembre 2026 selon les sources secondaires de l'OPEP (4,10 selon l'AIE), contre 4,01 millions en moyenne en 2025. Son plafond OPEP+ est de 4,43 millions de barils par jour pour novembre 2026.

2Pourquoi la production de l'Irak a-t-elle chuté en 2026 ?

Près de 90 % de son brut part des terminaux de Bassora et doit franchir le détroit d'Ormuz. Avec la guerre déclenchée le 28 février 2026, les pétroliers ne venaient plus et les stockages étaient pleins : la production est tombée à 1,41 million de barils par jour en avril.

3Par où l'Irak exporte-t-il son pétrole ?

Surtout par les terminaux de Bassora, dans le Golfe : 1,11 milliard de barils sur 1,24 milliard en 2025. Au nord, l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan rejoint la Méditerranée en Turquie, avec environ 300 000 barils par jour en octobre 2026.

4Quelles sont les réserves de pétrole de l'Irak ?

Environ 145 milliards de barils, les quatrièmes de l'OPEP derrière le Venezuela, l'Arabie saoudite et l'Iran.

5Quel est le poids du pétrole dans l'économie irakienne ?

Il a fourni 88 % des recettes de l'État en 2025 et 78 % de janvier à juillet 2026. Au premier semestre 2026, les recettes pétrolières ont été divisées par deux et le dinar a été dévalué de 14,5 % le 7 octobre.

À voir aussi sur le pétrole en Irak

Mis à jour le 17 octobre 2026 à 13 h 25

Les dernières actualités du pétrole

mardi 20 octobre 2026 à 21:22

Iran-USA: le pétrole recule face aux espoirs de négociations

Cours de clôture: "Les négociations sont en cours" entre l'Iran et les États-Unis, a indiqué mardi le porte-parole de la diplomatie qatarie...

mardi 20 octobre 2026 à 17:59

Les cours du pétrole retombent avec des espoirs de négociati…

Londres: Les cours du pétrole baissent après s'être affichés au plus haut depuis plus de cinq mois mardi, en raison d'informations de...

mardi 20 octobre 2026 à 14:08

Normalisation du marché pétrolier peu crédible en 2027 (AIE)

Paris: Le patron de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) Fatih Birol a dit mardi ne pas voir de "perspective crédible" de normalisation...

mardi 20 octobre 2026 à 13:45

Les cours du pétrole dopés par les tensions continues au Moy…

Londres: Les cours du pétrole s'affichent au plus haut depuis plus de cinq mois mardi, portés par les tensions qui se poursuivent...

mardi 20 octobre 2026 à 06:10

Le baril de Brent autour de 110 dollars

Tokyo: Les prix du pétrole ont résisté sur la séance asiatique, alors que l'Iran a accusé les États-Unis d'être responsables de "l'insécurité...

mardi 20 octobre 2026 à 05:35

Macron cherche dans le Golfe du pétrole pour calmer les prix

Koweït: Le président français est arrivé lundi 19 octobre au Koweït, où il a été reçu par l’émir Mechaal al-Ahmad Al-Sabah.

lundi 19 octobre 2026 à 21:25

Pétrole: le marché pas rassuré par les évolutions géopolitiq…

Cours de clôture: Les cours du pétrole ont terminé en ordre dispersé lundi face au renouvellement des inquiétudes quant au niveau des...

lundi 19 octobre 2026 à 12:23

Le pétrole souffle, jaugeant la résilience des flux pétrolie…

Londres: Les cours du pétrole temporisent lundi, avec un marché notant que les exportations en provenance du Golfe sont élevées malgré les...

dimanche 18 octobre 2026 à 11:01

Le diesel russe mettra jusqu’à 20 jours à gagner les États-U…

Moscou: Le vice-Premier ministre russe chargé de l'Énergie, Alexandre Novak, a indiqué dimanche, dans une interview au média d'État Vesti, que les...

Toute l'actualité du pétrole et des cours du baril