L'Irak est le deuxième producteur de l'OPEP, derrière l'Arabie saoudite, et détient environ 145 milliards de barils de réserves. Avant la guerre de 2026, il exportait 3,5 millions de barils par jour, presque tout par les terminaux de Bassora et le détroit d'Ormuz : sa production est tombée à 1,4 million de barils par jour en avril 2026, avant de remonter vers 3,9 millions en septembre.
En 2025, l'Irak a produit en moyenne 4,01 millions de barils par jour selon les sources secondaires de l'OPEP. Près de 90 % de son brut partait des terminaux de Bassora, au fond du Golfe, et devait donc franchir le détroit d'Ormuz. Quand la guerre a éclaté le 28 février 2026, les pétroliers ne sont plus venus et les réservoirs se sont remplis en quelques jours : le 3 mars, la Basra Oil Company a ordonné l'arrêt de Rumaila, le plus grand champ du pays. Le 8 mars, la production du sud avait chuté de 70 %.
Selon l'OPEP, l'Irak n'a produit que 1,68 million de barils par jour en mars et 1,41 million en avril. Le 4 avril, l'Iran a annoncé exempter l'Irak de ses restrictions dans le détroit. La production est ensuite remontée à 2,62 millions de barils par jour en juillet, 3,53 en août et 3,92 en septembre (4,10 selon l'AIE), encore sous le plafond OPEP+ de 4,43 Mb/j. Bagdad demande à l'OPEP+ une base de 6 millions de barils par jour pour 2027, selon Bloomberg.
À retenir Production tombée à 1,41 Mb/j en avril 2026, remontée à 3,92 Mb/j en septembre.
En 2025, l'Irak a exporté 1,24 milliard de barils de brut, environ 3,4 millions de barils par jour, dont 1,11 milliard par les ports de Bassora. La Chine et l'Inde en sont les premiers clients. En janvier 2026, les ventes atteignaient encore 107,6 millions de barils pour 6,49 milliards de dollars ; en mars, elles sont tombées à 18,6 millions de barils, puis à une dizaine de millions en avril.
Les chargements ont repris à partir de l'été, au prix de rabais exceptionnels : pour octobre, la SOMO, l'organisme public qui vend le brut irakien, a consenti 34,50 $ par baril sur le Basrah Medium et 37 $ sur le Basrah Heavy, selon Reuters. Des négociants comme Vitol en achètent une partie, transbordée de navire à navire vers Fujaïrah. Selon le ministère du Pétrole, les exportations sont revenues à environ 2,6 millions de barils par jour en septembre.
À retenir Pour les chargements d'octobre 2026, la SOMO consent jusqu'à 37 $ de rabais par baril.
L'oléoduc Kirkouk-Ceyhan relie les champs du nord de l'Irak au port turc de Ceyhan, en Méditerranée. Il était fermé depuis le 25 mars 2023 : la Turquie avait suspendu le transit après une sentence d'arbitrage de la Chambre de commerce internationale qui la condamne à verser 1,47 milliard de dollars à l'Irak pour avoir laissé passer du brut kurde sans l'accord de Bagdad. La cour d'appel de Paris a rejeté son recours le 10 mars 2026, mais la Turquie n'a pas payé. Les exportations du Kurdistan ont repris le 27 septembre 2025, à 190 000 barils par jour, après un accord entre Bagdad, le gouvernement régional kurde et les compagnies : c'est la SOMO qui vend ce brut.
Depuis la crise d'Ormuz, c'est la principale sortie hors du Golfe. Après un accord entre Bagdad et Erbil le 17 mars 2026, le brut des champs de Kirkouk y est aussi pompé, et des camions acheminent environ 250 000 barils par jour du sud vers Kirkouk. L'accord d'oléoduc signé avec la Turquie en 1973 a expiré le 27 juillet 2026 ; un accord intérimaire d'un an a été signé le 1er août à Ankara, pour 750 000 barils par jour, sur une capacité nominale de 1,5 million. Pour relier le sud au réseau du nord, l'Irak a lancé au printemps 2026 un oléoduc d'environ 700 km entre Bassora et Haditha.
À retenir Accord intérimaire avec la Turquie jusqu'en août 2027 : 750 000 barils par jour par Kirkouk-Ceyhan.
Le pétrole a fourni 88 % des recettes de l'État irakien en 2025 : 109 200 milliards de dinars, environ 83 milliards de dollars. Au premier semestre 2026, les recettes pétrolières sont tombées à 28 500 milliards de dinars, deux fois moins qu'un an plus tôt, alors que les salaires, les retraites et les aides représentaient 85 % des dépenses. De janvier à juillet, le déficit a dépassé 20 milliards de dollars.
Le 7 octobre 2026, le gouvernement a dévalué le dinar de 14,5 %, à 1 520 dinars pour un dollar. Le projet de budget 2027, de 217 000 milliards de dinars, repose sur un baril à 58 $ et des exportations d'environ 4 millions de barils par jour.
À retenir Recettes pétrolières divisées par deux au premier semestre 2026 ; dinar dévalué de 14,5 % le 7 octobre.
Depuis les appels d'offres de 2009, les grands champs du sud sont exploités par des compagnies étrangères sous contrats de service. BP exploite Rumaila avec PetroChina, qui opère aussi Qourna-Ouest 1 ; Eni exploite Zubair. En 2025, BP a signé un contrat de 16 ans pour relancer les champs de Kirkouk, jusqu'à 25 milliards de dollars ; depuis la guerre, ils sont gérés pour un an par la North Oil Company publique, et la compagnie turque TPAO est entrée dans le projet en juillet 2026.
TotalEnergies mène avec QatarEnergy et la Basra Oil Company le projet GGIP, 27 milliards de dollars : récupération du gaz torché, eau de mer pour les champs, champ de Ratawi et centrale solaire. Son personnel étranger a été évacué de Bassora le 5 mars 2026. Lukoil a perdu Qourna-Ouest 2, près d'un dixième de la production irakienne, après les sanctions américaines d'octobre 2025 : le champ est repris par l'État, et Chevron a signé en juillet 2026 des accords pour l'exploiter et développer la région de Nassiriya. ExxonMobil a signé en octobre 2025 un accord-cadre pour le champ de Majnoon.
3,92 millions de barils par jour en septembre 2026 selon les sources secondaires de l'OPEP (4,10 selon l'AIE), contre 4,01 millions en moyenne en 2025. Son plafond OPEP+ est de 4,43 millions de barils par jour pour novembre 2026.
Près de 90 % de son brut part des terminaux de Bassora et doit franchir le détroit d'Ormuz. Avec la guerre déclenchée le 28 février 2026, les pétroliers ne venaient plus et les stockages étaient pleins : la production est tombée à 1,41 million de barils par jour en avril.
Surtout par les terminaux de Bassora, dans le Golfe : 1,11 milliard de barils sur 1,24 milliard en 2025. Au nord, l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan rejoint la Méditerranée en Turquie, avec environ 300 000 barils par jour en octobre 2026.
Environ 145 milliards de barils, les quatrièmes de l'OPEP derrière le Venezuela, l'Arabie saoudite et l'Iran.
Il a fourni 88 % des recettes de l'État en 2025 et 78 % de janvier à juillet 2026. Au premier semestre 2026, les recettes pétrolières ont été divisées par deux et le dinar a été dévalué de 14,5 % le 7 octobre.
Mis à jour le 17 octobre 2026 à 13 h 25
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