La Syrie produisait 383 000 barils par jour de pétrole en 2010, selon l'EIA, l'agence américaine de l'énergie. La guerre, les sanctions et la perte des champs du nord-est ont fait tomber sa production sous 25 000 barils par jour en 2015 : elle remonte à environ 82 000 barils par jour au premier semestre 2026, selon le ministère de l'Énergie. Depuis la chute de Bachar al-Assad, en décembre 2024, les sanctions ont été levées, et Damas a repris le 18 janvier 2026 les champs tenus par les forces kurdes.
Selon l'analyse pays de l'EIA publiée en 2015, la Syrie produisait 383 000 barils par jour de pétrole en 2010 (350 000 dans la série statistique actuelle de l'agence, révisée depuis). Le plus haut remonte à 1996, avec 582 000 barils par jour selon son rapport de 2011. Environ 60 % était du brut lourd, et plus de 150 000 barils par jour partaient à l'export, presque tout vers l'Europe.
La guerre, puis l'avancée de l'État islamique, ont fait tomber la production sous 25 000 barils par jour en mai 2015. Selon le ministère de l'Énergie, le pays a extrait 14,8 millions de barils au premier semestre 2026, environ 82 000 barils par jour, 79 % de moins qu'en 2010. L'EIA l'estime à 95 milliers de barils par jour en juin 2026, en hausse de 12 % sur un an, au 44e rang mondial (production de pétrole). L'écart tient aux sources : l'EIA publie des estimations arrondies, le ministère un bilan des volumes extraits.
Les autorités visent 180 000 barils par jour en 2027 et 380 000 en 2030, selon le centre d'études Rudaw, loin des besoins du pays.
À retenir 14,8 millions de barils au premier semestre 2026, environ 82 000 b/j, contre 383 000 b/j en 2010.
L'essentiel du pétrole syrien se trouve dans le nord-est, le long de l'Euphrate. Dans la province de Deir ez-Zor, al-Omar, découvert en 1986, est le plus grand champ du pays, avec al-Tanak et l'usine de gaz dite Conoco ; plus au nord, Hassaké compte Rmelan, découvert en 1962, Suwaydiyah et Karatchok. Al-Omar passe au Front al-Nosra en 2013, à l'État islamique en 2014 (trafic de pétrole de l'État islamique), puis, le 22 octobre 2017, aux Forces démocratiques syriennes (FDS), à dominante kurde et soutenues par les États-Unis. En 2021, 16 000 barils par jour seulement, sur environ 86 000, venaient des zones tenues par Damas.
Un accord du 10 mars 2025 entre le président Ahmed al-Charaa et le chef des FDS, Mazloum Abdi, prévoyait le retour des champs à l'État, mais il est resté bloqué. En janvier 2026, l'armée reprend al-Omar et l'usine Conoco ; l'accord du 18 janvier 2026, négocié par l'émissaire américain Tom Barrack, confie à Damas tous les champs de pétrole et de gaz du nord-est, et un accord global suit le 30 janvier. Le 25 janvier, les premiers camions de brut d'al-Omar arrivent à Banias : les oléoducs vers la côte sont hors service.
À retenir Depuis le 18 janvier 2026, Damas contrôle les champs du nord-est, tenus par les FDS depuis 2017.
Le 17 août 2011, un décret américain gèle les biens de l'État syrien ; en septembre, l'Union européenne, qui achetait presque tout le brut exporté, en interdit l'importation. Elle en avait acheté 7,73 millions de tonnes en 2010, et plus rien en 2012, selon Eurostat. La loi César, adoptée aux États-Unis fin 2019, renforce ces sanctions.
Bachar al-Assad tombe le 8 décembre 2024. L'Union européenne lève les sanctions sur l'énergie le 24 février 2025, puis la quasi-totalité des sanctions économiques le 27 mai, selon la direction générale du Trésor. Aux États-Unis, la licence générale 25 du Trésor autorise dès le 23 mai 2025 les opérations sur le pétrole syrien ; un décret met fin au régime de sanctions le 1er juillet, et la loi César est abrogée le 18 décembre 2025. Restent visés l'ancien président, ses proches et les trafiquants de captagon. Le 1er septembre 2025, 600 000 barils de brut lourd ont quitté le terminal de Tartous.
À retenir Licence américaine 25 le 23 mai 2025, loi César abrogée le 18 décembre 2025, énergie libérée par l'UE dès février 2025.
La Syrie a deux raffineries d'État : Banias, sur la côte, ouverte en 1974, et Homs, avec 133 000 et 107 000 barils par jour de capacité en 2011 (EIA). Jusqu'en 2024, tout le brut importé venait d'Iran, environ 60 000 barils par jour selon la société de données Kpler ; les livraisons cessent avec la chute d'Assad, et Banias s'arrête faute de brut. La Russie prend le relais : 16,8 millions de barils de fin février à fin décembre 2025, puis environ 60 000 barils par jour en 2026, selon Kpler. L'Arabie saoudite a offert 1,65 million de barils en novembre 2025, et du brut irakien arrive par camions depuis le printemps 2026.
Au premier semestre 2026, 110 pétroliers ont livré 1,5 million de tonnes de brut et 598 000 tonnes de gazole, selon le ministère. Le 19 octobre 2026, Banias a reçu le premier gazole acheté à Saudi Aramco, 63 784 tonnes. La raffinerie est en grand arrêt depuis début septembre pour passer d'environ 80 000 à 130 000 barils par jour. De petites raffineries locales traitent jusqu'à 35 000 barils par jour, et l'oléoduc de produits Banias-Homs, percé le 15 octobre, a privé de gazole Alep et Idlib.
À retenir Banias en travaux depuis septembre 2026 pour passer d'environ 80 000 à 130 000 b/j.
Avant 2011, la Syrian Petroleum Company (SPC) exploitait les champs avec des étrangers. Shell détenait 29,7 % d'Al-Furat Petroleum Company, créée en 1985 avec la SPC et le chinois CNPC, qui produisait environ 100 000 barils par jour. TotalEnergies, présent depuis 1988, exploitait des champs de Deir ez-Zor avec la SPC. Les deux groupes suspendent leurs activités en décembre 2011, à cause des sanctions européennes, et le britannique Gulfsands en février 2012.
Depuis 2025, les compagnies reviennent, surtout par des protocoles. Gulfsands est retourné sur le Bloc 26 le 10 mars 2026 ; l'américain HKN Energy exploite Rmelan depuis juillet 2026. En mer, Chevron et Power International Holding, du groupe qatari UCC, ont signé en février 2026 un protocole sur le Bloc 1 ; le 12 mai, TotalEnergies, QatarEnergy et ConocoPhillips en ont signé un pour évaluer le Bloc 3, au large de Lattaquié. Le saoudien ADES a obtenu en avril 2026 des champs de gaz de Homs. Le 7 juillet, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, accompagnait Emmanuel Macron à Damas : il voit dans la Syrie un futur pays de transit du pétrole vers la Méditerranée.
À retenir TotalEnergies, présent de 1988 à 2011, a signé le 12 mai 2026 un protocole sur le Bloc 3 en mer.
Le 28 février 2026, la guerre contre l'Iran ferme le détroit d'Ormuz, et les importations syriennes par mer chutent de 42 % en mars. Le pays devient pourtant une sortie pour l'Irak, privé de ses terminaux du Golfe : un premier fioul irakien, arrivé par camions, est chargé à Banias le 15 avril, et le brut irakien passe par le poste de Rabia à partir du 1er mai. Au 7 août, plus de 2 millions de tonnes de pétrole irakien avaient transité par Banias. En juin, la Syrie assurait plus du quart des exportations de fioul lourd du Moyen-Orient, selon les données de Vortexa.
L'oléoduc Kirkouk-Banias, fermé depuis 2003, pourrait revivre : deux protocoles, entre la Syrie et l'Irak puis avec Chevron, UCC Holding et TI Capital, ont été signés à Washington le 18 juillet 2026 ; le projet vise environ 2 millions de barils par jour. L'Irak étudie aussi des exportations par la Syrie vers le port turc de Ceyhan (pétrole en Turquie).
À retenir Plus de 2 millions de tonnes de pétrole irakien passées par Banias au 7 août 2026.
Avant la guerre, le pétrole et le gaz fournissaient environ un quart des recettes de l'État (EIA), et le pétrole 49,9 % des exportations de marchandises en 2010 (Banque mondiale). Un an après la chute d'Assad, les recettes pétrolières n'atteignaient qu'environ 450 millions de dollars par an, contre 3 à 3,4 milliards avant 2011, selon le centre d'études Rudaw. Le PIB est passé de 67,5 milliards de dollars en 2011 à environ 21,4 milliards en 2024, selon la Banque mondiale.
Le gaz manque aussi : environ 8 millions de m³ par jour produits pour 24 millions de besoins, selon le ministre de l'Énergie (septembre 2026). Le complément vient de Jordanie, par Aqaba, et d'Azerbaïdjan, par la Turquie.
À retenir Recettes pétrolières d'environ 450 millions de dollars par an, contre plus de 3 milliards avant la guerre.
Rmelan est découvert en 1962. La raffinerie de Banias ouvre en 1974, al-Omar est découvert en 1986, Total arrive en 1988 et la production culmine en 1996.
Oui, mais peu : ses réserves prouvées sont estimées à 2,5 milliards de barils par l'Oil & Gas Journal, chiffre repris par l'EIA et inchangé depuis 2010 ; une estimation de l'industrie citée en 2026 n'en retient qu'environ 1,3 milliard. Il se trouve surtout dans le nord-est.
Environ 82 000 barils par jour au premier semestre 2026 selon le ministère de l'Énergie, et 95 milliers de barils par jour en juin 2026 selon les estimations de l'EIA : quatre à cinq fois moins qu'en 2010 (383 000).
Dans le nord-est : Deir ez-Zor (al-Omar, le plus grand champ, et al-Tanak), Hassaké (Rmelan, Suwaydiyah, Karatchok) et Raqqa. Deux blocs en mer, au large de Lattaquié, sont en cours d'évaluation.
L'État, par la Syrian Petroleum Company. Les Forces démocratiques syriennes, à dominante kurde, tenaient les grands champs du nord-est depuis 2017 ; Damas les a repris le 18 janvier 2026, par un accord négocié avec l'émissaire américain.
La guerre, commencée en 2011, a coupé l'État de ses champs, tenus tour à tour par des groupes armés, l'État islamique puis les forces kurdes, et les sanctions européennes ont fermé le principal débouché du brut. La production est tombée sous 25 000 barils par jour en 2015 (EIA).
Oui pour l'essentiel : l'Union européenne a levé celles sur l'énergie le 24 février 2025 et la plupart des sanctions économiques le 27 mai 2025 ; aux États-Unis, la licence générale 25 du 23 mai 2025 autorise les opérations sur le pétrole syrien, et la loi César a été abrogée le 18 décembre 2025.
Jusqu'en 2024, d'Iran seulement. Depuis 2025, surtout de Russie (environ 60 000 barils par jour en 2026 selon Kpler), avec un don saoudien de 1,65 million de barils, du brut irakien par camions et, depuis octobre 2026, du gazole de Saudi Aramco.
Présente de 1988 à 2011, partie à cause des sanctions européennes, elle a signé le 12 mai 2026 avec QatarEnergy et ConocoPhillips un protocole pour évaluer le Bloc 3, au large de Lattaquié : une étude, pas encore un contrat d'exploration.
Non, ni de l'OPEP+ (OPEP). Elle est membre de l'Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP).
Selon le dernier bulletin officiel, en vigueur depuis le 13 septembre 2026, l'essence 95 coûte 195 livres syriennes le litre, l'essence 90 185 livres et le gazole 175 livres. Au cours de la Banque centrale de Syrie et de la BCE du 29 octobre 2026 (122 livres pour un dollar), cela fait environ 1,44 €, 1,36 € et 1,29 € le litre ; au « dollar carburant » du bulletin (132,50 livres), l'essence 95 revient plutôt à 1,32 €. Ce sont des nouvelles livres, qui valent 100 anciennes depuis le 1er janvier 2026.
Mis à jour le 3 novembre 2026 à 11 h 09
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