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A peine rétabli, le secteur parapétrolier face à une nouvelle crise

prix du petrole ParisParis: A peine remises d'une crise douloureuse, les entreprises du secteur parapétrolier se retrouvent de nouveau en première ligne face à des cours en chute mais aussi à des difficultés d'approvisionnement liées à la crise du coronavirus.
"C'est pas de chance pour cette industrie qui sort à peine d'une période difficile", résume Moez Ajmi, spécialiste au sein du cabinet de conseil EY.

Ces entreprises fournissent des services et équipements divers - études sismiques, forages, construction de plateformes, bateaux... - aux compagnies pétrolières et gazières.

Or le secteur se remet à peine des conséquences de la chute des cours intervenue à partir de l'été 2014, qui avait mis ces entreprises sous pression quand leurs clients avaient dû tailler dans leurs investissements et abandonner des projets.

Les sociétés parapétrolières avaient alors été contraintes à de douloureuses restructurations et des suppressions d'emplois.

Actuellement, la crise du nouveau coronavirus a un premier effet immédiat: elle perturbe les circuits d'approvisionnement internationaux du secteur.

"Il y a aujourd'hui une rupture dans certains domaines précis de la chaîne de fabrication, avec des produits qui étaient fabriqués pas uniquement en Chine ou en Corée mais aussi en Italie", souligne Jean Cahuzac, président d'Evolen, l'organisation professionnelle du secteur en France.

L'Italie, où l'activité est actuellement très réduite, est par exemple l'un des spécialistes mondiaux de la fabrication de vannes. De ce fait, les professionnels craignent que même des opérations de maintenance de routine sur les champs pétroliers soient retardées, faute de matériel.

Mais le secteur est aussi et surtout de nouveau confronté à une chute brutale des cours du pétrole, sous l'effet de la crise sanitaire du nouveau coronavirus conjuguée à l'incapacité des pays producteurs à s'entendre pour diminuer l'offre face à une demande déprimée.

"Aujourd'hui la baisse des prix impactera la rentabilité de ces sociétés, et même leur survie", prédit Moez Ajmi.

"Si cela devait durer quelques semaines ou quelques mois, il n'y a aucun doute que la crise du parapétrolier et de l'industrie serait là", reconnaît Jean Cahuzac. "Et le contexte n'est pas favorable par rapport à des crises précédentes où le secteur était probablement dans une meilleure position", souligne-t-il.


"Pas la joie"


De fait, après des années de vaches maigres, certaines entreprises entrevoyaient à peine le bout du tunnel, et les salariés sont aujourd'hui inquiets.

"C'est pas la joie", admet Christophe Héraud, délégué syndical central CFDT du géant franco-américain TechnipFMC, qui est censé être scindé en deux entreprises cette année. A la Bourse de Paris, au milieu d'une débandade générale, l'action TechnipFMC a été quasiment divisée par deux en une semaine et l'opérateur boursier Euronext a annoncé jeudi soir que son titre allait sortir de l'indice vedette CAC 40.

Le syndicaliste regrette la spécialisation toujours plus forte de l'entreprise dans les services pétroliers et gaziers.

"Face à une crise pétrolière comme ça, c'est bien de ne pas avoir ses oeufs dans le même panier", estime Christophe Héraud. Or "en termes de diversification, la stratégie de Technip a été de faire exactement l'inverse", regrette-t-il.

Pour l'heure, les inconnues restent très nombreuses. Mais le secteur craint que la crise s'installe et que les grands donneurs d'ordres taillent de nouveau dans les dépenses.

"Des cours installés durablement sous les 40 dollars le baril déclencheraient une nouvelle vague brutale de réduction des coûts" des entreprises pétrolières, prévient Fraser McKay, du cabinet Wood Mackenzie.

Mais Moez Ajmi anticipe cette fois un mouvement de "solidarité" des pétroliers vis-à-vis de leurs sous-traitants. "Les parapétroliers ont un rôle vital... les pétroliers le savent et ne peuvent pas se permettre un déclin des activités parapétrolières".

Un optimisme que ne partage pas Jean Cahuzac: "je pense que ce sera exactement la même chose" que lors de la précédente crise, alors que les grands pétroliers font face à leurs propres problèmes. "A 35 dollars le baril, le problème de cash flow pour des grands donneurs d'ordre comme Total, Shell ou BP n'est pas évident à résoudre".

(c) AFP

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