Le gazole bat un record et le gouvernement prépare de nouvelles aides
Carburants: Le litre de gazole s’établissait à plus de 2,39 euros, selon un calcul fondé sur les prix affichés jeudi par plus de 9 000 stations-service.Ce niveau dépasse le précédent sommet atteint en avril pour le carburant le plus consommé dans le transport routier français.
Le SP95-E10, première essence vendue en France, atteignait 2,17 euros le litre. Ce carburant dépasse depuis plus de dix jours son pic de juin 2022, dans un marché où le prix à la pompe combine produit hors taxes, accise et TVA.
La hausse engagée depuis fin février est attribuée à la guerre en Iran. La tension s’est traduite jeudi par des blocages de dépôts pétroliers en Méditerranée menés par des pêcheurs, confrontés à une forte exposition au coût du carburant.
À douze jours de l’échéance du guichet destiné aux "gros rouleurs", plusieurs membres du gouvernement ont assuré vendredi qu’un soutien subsisterait après la fin du mois. La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a déclaré sur France Inter que l’exécutif travaillait à "un nouveau dispositif d’aide pour les Français qui travaillent à compter du 1er octobre".
Le ministre du Commerce Serge Papin a indiqué sur TF1 que l’aide ne "s’arrêtera pas" le 30 septembre. Une réunion doit se tenir lundi autour du Premier ministre afin d’en préciser les paramètres.
Le dispositif en vigueur accorde 100 euros aux actifs sous conditions de revenus parcourant plus de 15 kilomètres par trajet entre domicile et travail, ou plus de 8 000 kilomètres par an pour leur activité professionnelle. Selon Serge Papin, 1,5 million de personnes ont déposé une demande, pour environ trois millions d’éligibles estimés.
Selon le ministère de l’Économie, le formulaire de demande a été ouvert le 27 mai 2026 dans l’espace personnel des contribuables et l’indemnité de 100 euros correspond à 20 centimes d’euro par litre pour une consommation moyenne de six mois.
Le gouvernement privilégie des aides temporaires, limitées aux ménages et secteurs jugés les plus exposés, plutôt qu’une baisse générale des taxes ou un plafonnement national des prix. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a reconnu auprès de l’AFP que "C’est difficile aujourd’hui de faire le plein" et "de prendre sa voiture pour aller travailler", en disant percevoir davantage "de l’inquiétude que de la colère".
Les aides aux secteurs économiques les plus touchés, dont l’agriculture, le BTP et les pêcheurs, ont déjà été prolongées jusqu’au 31 décembre. Pour la pêche, le gouvernement a promis un soutien porté au maximum autorisé par l’Union européenne, soit environ 35 centimes par litre de carburant aujourd’hui.
La Commission européenne a approuvé le 22 juin 2026 un régime français de 212 millions d’euros destiné aux entreprises agricoles et aquacoles confrontées à la hausse du gazole non routier, avec une aide de 0,15 euro par litre de GNR acheté entre le 1er mai et le 31 août 2026.
Le ministre des Comptes publics David Amiel a évalué à 1,4 milliard d’euros le coût des aides aux carburants mises en place depuis le début de la guerre. Il a promis sur LCI des annonces "dans les prochains jours".
L’exécutif met en avant la contrainte budgétaire, alors que le déficit public devrait atteindre 5,4 % du PIB en 2026, après 5,1 % en 2025. L’Insee a aussi évalué la dette publique française à 115,6 % du PIB en 2025.
Une remise généralisée accordée à tous les automobilistes avait coûté 7,6 milliards d’euros à l’État en 2022, selon le ministère de l’Économie. Roland Lescure a défendu le refus d’une baisse indifférenciée en estimant que "Baisser les impôts sur l’essence pour tout le monde, y compris pour ceux qui n’en ont pas besoin, ça coûte beaucoup d’argent, il faudra le financer et c’est inefficace et injuste".
La France insoumise demande un blocage à 1,70 euro le litre, tandis que Marine Le Pen souhaite abaisser la TVA sur l’énergie de 20 % à 5,5 %. Le président des Républicains Bruno Retailleau propose de supprimer les certificats d’économies d’énergie, dont il estime l’effet potentiel à 15 à 17 centimes de baisse à la pompe.
David Amiel conteste que la flambée actuelle augmente les recettes fiscales de l’État liées aux carburants. Selon lui, elles auraient reculé de 10 millions d’euros entre mars et septembre sur un an, en raison d’une baisse des volumes achetés par les consommateurs.
(c) AFP
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