Le gouvernement écarte une pénurie malgré la flambée des carburants
Carburants: La ministre déléguée chargée de l'Énergie, Maud Bregeon, a assuré mardi 15 septembre sur France 2 que l'approvisionnement national restait maîtrisé.Selon elle, 90 % des stations-service ne rencontraient pas de difficulté, tandis que 10 % signalaient l'absence d'au moins un carburant.
Le site gouvernemental de suivi des disponibilités recensait lundi 14 septembre 13 % de stations-service avec des indisponibilités, contre 8 % le 12 septembre. Ce suivi porte sur les ruptures de gazole ou d'essence déclarées par les exploitants de points de vente, hors stations temporairement fermées pour d'autres motifs.
Les stations TotalEnergies apparaissent davantage touchées par les ruptures, en raison du plafonnement tarifaire appliqué par le groupe. D'après les éléments disponibles mardi, 86 % des stations concernées étaient en rupture d'au moins un carburant.
La tension sur le réseau intervient alors que le prix à la pompe du gazole dépasse 2,30 euros le litre et évolue près de son plus haut niveau depuis le déclenchement de la guerre en Iran en février 2026. Les essences continuent également de progresser, dans un marché marqué par la hausse des cours pétroliers.
TotalEnergies avait annoncé le 22 juillet 2026 le rétablissement d'un plafonnement dans ses stations de France hexagonale, avec un plafond de 1,99 euro par litre pour l'essence et de 2,25 euros par litre pour le diesel. Le groupe justifiait cette mesure par la reprise du conflit au Moyen-Orient et la hausse des prix internationaux des produits pétroliers.
Sur les marchés, le pétrole montait lundi 14 septembre après la fermeture d'un oléoduc clé en Arabie saoudite et de nouvelles attaques dans le détroit d'Ormuz. Ces facteurs s'ajoutent aux tensions déjà observes sur les produits raffinés et alimentent la remontée des tarifs dans les stations-service françaises.
Interrogée sur une prolongation des soutiens publics, dont l'aide dite "grands rouleurs" destinée aux ménages modestes, Maud Bregeon a indiqué que le gouvernement ajustait ces dispositifs tous les deux à trois mois lorsque la situation le nécessitait. Le guichet de cette indemnité est ouvert jusqu'au 30 septembre 2026.
Le dispositif "grands rouleurs" prévoit une aide forfaitaire de 100 euros pour les travailleurs modestes utilisant leur véhicule personnel à des fins professionnelles, sous conditions. Selon le gouvernement, cette aide correspond à environ 20 centimes d'euros par litre sur une consommation moyenne de carburant couvrant les mois d'avril à août 2026, et 1,4 million de demandes avaient déjà été déposées.
À la question d'une éventuelle hausse du montant de cette aide, actuellement fixé à 100 euros, la ministre a répondu : "je ne ferme aucune porte". Le gouvernement a également annoncé la reconduction en septembre et octobre d'aides sectorielles, dont 25 centimes par litre pour les pêcheurs, 15 centimes par litre pour les agriculteurs et 20 centimes par litre pour le BTP.
Plusieurs dizaines de pêcheurs bloquaient mardi matin un dépôt pétrolier à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Les manifestants entendaient protester contre la hausse du coût du carburant et contre la dégradation de leurs conditions de travail.
Dans la région d'Ajaccio, une quinzaine de stations-service ont fermé pendant le week-end des 12 et 13 septembre. Les exploitants protestaient contre la hausse des prix des carburants et dénonçaient une "distorsion de concurrence" liée au plafonnement tarifaire mis en place par TotalEnergies.
Le gouvernement indique que l'aide aux pêcheurs représente un coût estimé à 6 millions d'euros par mois pour septembre et octobre 2026, au même niveau que celui retenu pour les trois mois couvrant juin, juillet et août.



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