A+ A A-

🇮🇶 L'Irak et son pétrole, en première ligne face au blocage du détroit d'Ormuz

Pétrole en IrakBagdad: Une production et des exportations en berne: pour l'Irak, qui tire plus de 90% de ses revenus du pétrole, la guerre au Moyen-Orient et le blocage quasi total par l'Iran du détroit d'Ormuz ont déjà un énorme impact.

Dans ce pays à l'économie dominée par la manne pétrolière après des décennies de conflits, l'Etat risque à terme de ne plus pouvoir payer ses fonctionnaires et d'être confronté à une pénurie de devises étrangères, selon des experts interrogés par l'AFP.

Quelle est la situation actuelle?

Avant la guerre, l'Irak, voisin de l'Iran et membre fondateur de l'Opep, exportait essentiellement sa production depuis ses infrastructures portuaires dans la province de Bassora de l'extrême sud du pays, unique accès sur la mer du Golfe et le reste du monde via le très stratégique détroit d'Ormuz.

Mais l'Iran a quasiment paralysé la circulation dans cette voie maritime, en représailles à l'attaque israélo-américaine lancée le 28 février.

Résultat, "la guerre a de facto interrompu les exportations du pétrole irakien": 94% transitaient par le détroit d'Ormuz et ont été stoppées, selon l'économiste Ahmed Tabaqchali, du cercle de réflexion Atlantic Council.

Les 6% restants, habituellement exportés du Kurdistan autonome, dans le nord, sont également à l'arrêt en raison des attaques sur les champs pétroliers, précise-t-il.

Avant le conflit, le pays exportait près de 3,5 millions de barils par jour (bpj). Aujourd'hui il cherche des débouchés pour pouvoir écouler son or noir, et maintient en attendant une fraction de sa production, soit 1,4 million de barils quotidiens.

Pourquoi l'Irak est-il si vulnérable?

Pour l'heure, l'Irak compte sur ses raffineries et centrales électriques pour absorber une partie de son brut et "maintenir la production" à son niveau actuel, explique Yesar Al-Maleki, économiste au Middle East Economic Survey.

Mais "la capacité de stockage est limitée". Et "si, après avoir répondu à la demande domestique, on ne trouve aucune voie d'exportation alternative" pour le surplus, "l'Irak pourrait être contraint de réduire davantage sa production", pronostique-t-il.

La crise actuelle illustre selon l'expert les failles des infrastructures pétrolières irakiennes: après des années de sous-investissements, "le réseau - oléoducs, stations de pompage, installations de stockage - n'a pas la flexibilité nécessaire pour faire face à des perturbations soudaines".

La guerre a frappé de plein fouet le secteur: une attaque contre deux pétroliers au large de l'Irak, revendiquée par Téhéran, a fait un mort - un membre d'équipage indien.

Et les attaques de drones répétées ayant visé des champs pétroliers ont poussé plusieurs compagnies étrangères, notamment américaines, à suspendre toute activité.

Quel impact sur l'économie?

"Un des problèmes de l'économie irakienne est sa dépendance exclusive au secteur pétrolier", reconnaît un responsable gouvernemental. Depuis des décennies, les dépenses du budget sont quasi-exclusivement couvertes par les revenus de l'or noir.

"Une interruption prolongée des exportations pourrait rapidement engendrer des pressions fiscales", relève Yesar Al-Maleki. Mais comme "les recettes pétrolières mettent généralement deux à trois mois pour arriver dans les caisses de l'Etat (...) les effets de la perturbation pourraient se faire sentir vers le mois de mai".

Une des "préoccupations immédiates" concerne le versement des salaires des fonctionnaires.

Un enjeu colossal: l'Etat est le premier employeur du pays et le paiement des salaires de la fonction publique représente deux-tiers des dépenses du budget.

Au total, un Irakien sur cinq reçoit un salaire, une retraite ou des allocations publiques, selon des chiffres officiels.

Autre problème, le manque à venir des devises étrangères encaissées grâce au pétrole qui permettent de financer les importations. Mais aussi de "maintenir la stabilité du dinar irakien", les autorités injectant des dollars pour garantir un taux de change officiel plus bas que celui du marché.

"Si la fermeture du détroit d'Ormuz persiste, la pression sur les réserves et la stabilité du taux de change pourrait s'accentuer", avertit l'analyste.

De (maigres) solutions en vue?

Pour exporter son pétrole, l'Irak envisage le recours à un oléoduc d'une capacité totale de 700.000 bpj partant du Kurdistan (nord) jusqu'au port turc de Ceyhan.

Jeudi, le ministre du Pétrole, Hayan Abdel Ghani, a promis "la signature d'un accord" avec le Kurdistan pour exporter environ 200.000 bpj via ce pipeline. Tout comme il espère une reprise des exportations du pétrole kurde de 210.000 bpj.

Un scénario incertain. Si le Kurdistan est disposé à un tel partenariat, c'est à une condition: obtenir des facilités d'accès au dollar, via les banques, pour financer ses propres importations.

Bagdad veut acheminer également 200.000 bpj par jour par camions-citernes via la Turquie, la Jordanie et la Syrie, a affirmé le ministre.

Des solutions de court terme qui ne représentent qu'une petite partie des exportations d'avant-guerre.



Commenter 🇮🇶 L'Irak et son pétrole, en première ligne face au blocage du détroit d'Ormuz



    Communauté prix du baril


    La Production de pétrole dans le monde

    -Voir toutes les actualités de la production de pétrole

    dimanche 07 juin 2026

    Pétrole: la hausse anticipée des quotas de l'Opep+ éclipsée …

    Opep: L'Opep+, qui réunit l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, devrait annoncer une nouvelle hausse de ses quotas dimanche...

    jeudi 28 mai 2026

    Venezuela: Chevron anticipe une hausse de 50% de sa producti…

    Caracas: Le patron du groupe pétrolier américain Chevron a anticipé jeudi une hausse de 50% d'ici fin 2028 de sa production au...

    dimanche 03 mai 2026

    🛢️ L'Opep+ maintient le cap, sans commenter le départ des Em…

    Opep: L'Arabie saoudite, la Russie, et cinq autres pays de l'Opep+ ont augmenté comme prévu leurs quotas de production de pétrole dimanche...

    dimanche 03 mai 2026

    🛢️ Une première décision de l'Opep+ sans les Emirats arabes …

    Opep: L'Arabie saoudite, la Russie, et cinq autres pays de l'Opep+ se réunissent dimanche pour une première décision sur leurs quotas de...

    mardi 14 avril 2026

    Guerre au Moyen-Orient: l'AIE prévoit un recul de la consomm…

    Paris: L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit pour 2026 une baisse de la consommation d'or noir dans le monde, qui fait face...

    lundi 13 avril 2026

    L'Opep abaisse sa prévision de croissance de la demande de p…

    Opep: L'alliance des pays exportateurs de pétrole (Opep) a abaissé de 500'000 barils sa prévision de la croissance de la demande quotidienne...

    Les dernières actualités des prix du pétrole

    jeudi 25 juin 2026 à 22:36

    Le pétrole termine finalement en hausse, l'attention encore …

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont finalement rebondi jeudi après être tombés à des niveaux d'avant la guerre au Moyen-Orient...

    jeudi 25 juin 2026 à 21:55

    Le plan d'évacuation du détroit d'Ormuz suspendu après une a…

    Téhéran: Le plan d'évacuation du détroit d'Ormuz, qui doit permettre de faire sortir quelque 11.000 marins bloqués dans le Golfe, a été...

    jeudi 25 juin 2026 à 18:49

    Le trafic dans le détroit d'Ormuz en forte hausse, sans reve…

    Téhéran: Les navires ont massivement recommencé à traverser le détroit d'Ormuz mercredi, mais le trafic restait moitié moins élevé qu'en temps de...

    jeudi 25 juin 2026 à 17:22

    Le pétrole remonte après être tombé à des niveaux d'avant la…

    New York:  Les cours du pétrole rebondit jeudi après être tombés plus tôt à des niveaux qui n'avaient plus été observés depuis...

    jeudi 25 juin 2026 à 12:31

    Le pétrole baisse à des niveaux comparables à ceux d'avant l…

    Londres: Les cours du pétrole baissent encore, retombant à des niveaux qui n'avaient plus été observés depuis le début du conflit au Moyen-Orient...

    jeudi 25 juin 2026 à 10:55

    Rubio avertit que la mise en place de péages à Ormuz pourrai…

    Téhéran: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a réitéré jeudi le refus de Washington d'une mise en place de péages dans le...

    jeudi 25 juin 2026 à 06:30

    Micron rassure les Bourses en Asie, le pétrole continue son …

    Tokyo: Les Bourses asiatiques grimpent jeudi en début d'échanges, rassurées par la performance du fabricant américain de puces Micron, tandis que les...

    mercredi 24 juin 2026 à 22:09

    Les prix du pétrole se rapprochent de leurs niveaux d'avant-…

    Cours de clôture: Les prix du pétrole ont poursuivi leur chute mercredi, tombant sous des seuils plus observés depuis le début de...

    mercredi 24 juin 2026 à 18:38

    USA: les stocks de pétrole diminuent encore

    NYC / Stocks aux USA: Les stocks de pétrole commerciaux et stratégiques ont une nouvelle fois connu un fort repli la semaine...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Chiffres du jour

    Lundi 1er juin 2026 Vers 11h10, les cours du pétrole rebondissaient: le prix du baril de Brent atteignait 94,44 $/baril (+3,64 %) et le WTI 91,01 $/baril (+4,18 %), après une chute de plus de 11 % la semaine dernière. Le pétrole monte donc sur fond de durcissement de Washington face à l’Iran et de tensions autour du détroit d’Ormuz, goulet d’étranglement de 20 % de l’offre mondiale d’hydrocarbures.

    📈 Guerre: le prix du brut pourrait atteindre 117 à 134 dollars/baril

    Le mardi 24 mars 2026

    Paris: Le prix du pétrole pourrait atteindre 130 dollars par baril en mai si la guerre au Moyen-Orient continue, avec une répercussion particulièrement forte sur le gazole et le kérosène, a estimé mardi l'IFPEN (IFP Energies nouvelles).

    Lire la suite

    🔴 Le marché pétrolier basculera en "zone rouge" cet été

    Le jeudi 21 mai 2026

    Paris: Le marché pétrolier pourrait entrer dans une "zone rouge", avec une pénurie d'offre en "juillet ou en août", en l'absence d'issue durable au conflit au Moyen-Orient, a alerté jeudi le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) Fatih Birol.

    Lire la suite

    ⛽️ France: les prix des carburants, sujet politiquement inflammable

    Le lundi 09 mars 2026

    Paris: Entre matière première, taxes et coût de distribution, les prix des carburants en France dépendent de plusieurs variables. Le gouvernement tente de juguler leur flambée depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, mais il dispose de peu de leviers pour agir dans un contexte budgétaire contraint.

    Lire la suite