A+ A A-

🇮🇷 Moyen-Orient: le détroit d'Ormuz au centre de toutes les attentions

Pétrole en IranTéhéran: Au moins trois navires ont été frappés mercredi à proximité du détroit d'Ormuz. Il s'impose comme l'enjeu stratégique majeur de la guerre au Moyen-Orient en faisant peser le risque de perturber l'économie mondiale. Au Liban, les frappes israéliennes ont tué 570 personnes.
En riposte aux frappes israélo-américaines, l'Iran poursuit une offensive de grande ampleur sur les infrastructures pétrolières du Golfe et force la communauté internationale à chercher des solutions d'urgence pour éviter la pénurie d'hydrocarbures.

Un porte-container, un cargo et un vraquier ont été tour à tour touchés par des "projectiles inconnus", selon l'agence maritime britannique UKMTO, qui précise avoir répertorié 14 incidents visant des navires depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février.

Plusieurs explosions ont aussi été entendues par des journalistes de l'AFP à Doha, où le ministère Qatari de l'Intérieur a fait état d'un "niveau de menace sécuritaire élevé". Des drones tombés près de l'aéroport de Dubaï ont fait quatre blessés, selon les autorités.

L'Arabie saoudite a pour sa part affirmé avoir neutralisé des drones visant le champ pétrolier géant de Shaybah, à la frontière des Emirats arabes unis, ainsi que des missiles ciblant une base aérienne abritant des militaires américains.

Quant à la raffinerie émiratie de Ruwais, l'une des plus grandes au monde, elle a été fermée mardi "par précaution" après des frappes de drones à proximité.

Au lendemain de l'annonce par l'armée américaine de la destruction de 16 navires iraniens poseurs de mines "près du détroit", les dirigeants du G7 se réunissent par visioconférence mercredi et l'Agence internationale de l'énergie (AIE) envisage un recours sans précédent aux réserves stratégiques de brut, selon le Wall Street Journal.

Le spectre d'un détroit miné

Rassemblés à la demande du président français Emmanuel Macron, ils "évoqueront sans doute" le sujet des stocks stratégiques, selon le ministre français de l'Economie Roland Lescure.

"Nous soutenons en principe la mise en oeuvre de mesures proactives pour remédier à la situation", ont déclaré de leur côté les ministres du G7 Energie dans un communiqué commun.

Le blocage du détroit, de facto contrôlé par Téhéran et par lequel transite un cinquième des hydrocarbures de la planète, entraîne une volatilité extrême des marchés.

Les bourses européennes sont reparties dans le rouge après leur rebond de la veille. Dans les premiers échanges mercredi, Paris perdait 0,72%, Francfort 1,09% et Londres 0,63%.

Alors que les prix à la pompe flambent, Donald Trump a menacé l'Iran de "conséquences militaires (...) sans précédent" s'il minait le détroit d'Ormuz, par où transite normalement 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

Washington a déjà évoqué l'hypothèse d'escorter des navires à travers le précieux passage. Mais "les risques sécuritaires à eux seuls pourraient rendre un seul passage par le détroit plus coûteux que la marge bénéficiaire sur la cargaison de pétrole elle-même", relève le Soufan Center, basé à New York et spécialisé dans les questions de sécurité.

"Le stock de mines navales de l'Iran se situe entre 2000 et 6000 unités, ce qui compliquerait encore tout plan naval visant à escorter des pétroliers commerciaux".


Mojtaba "sain et sauf"

L'Iran ne donne aucun signe d'inflexion: son armée idéologique, les Gardiens de la Révolution, a revendiqué la vague de frappes "la plus violente et la plus lourde depuis le début de la guerre".

"L'agresseur doit être puni et recevoir une leçon qui le dissuadera d'attaquer l'Iran à nouveau", a prévenu le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Les autorités ont assuré que le nouveau guide suprême, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, était "sain et sauf". Désigné après la mort de son père dans des frappes au premier jour de la guerre, l'héritier n'est toujours pas apparu publiquement.

Engagé dans le conflit au côté de Washington, Israël a essuyé de nouveaux tirs de missiles depuis l'Iran dans la nuit de mardi à mercredi. La chaîne israélienne Channel 12 fait état de plusieurs blessés près de Tel-Aviv.

Nouvelles frappes au Liban

Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 570 personnes, dont 86 enfants et 45 femmes, depuis que le pays a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, a annoncé mercredi le ministère de la Santé. Selon la même source, 84 personnes ont été tuées au cours de la seule journée de mardi.

De nouvelles frappes ont visé mercredi matin la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, après un avertissement israélien, a indiqué l'agence officielle libanaise.

Une épaisse fumée noire s'élevait du secteur visé, dont une grande partie des habitants a fui, selon les images de l'AFP. Ces raids interviennent après une attaque à l'aube sur un quartier densément peuplé de Beyrouth.


Selon le gouvernement libanais, "près de 760'000 déplacés" ont été enregistrés depuis le 2 mars, début des combats entre le mouvement armé et Israël.

A Téhéran, certaines déflagrations ont fait vibrer les vitres de l'appartement d'un journaliste de l'AFP habitant le nord de la ville.

Interrogée par l'AFP, une habitante de la capitale se rassurait en relevant que les bombardements "ne (visaient) pas les immeubles ordinaires", mais plutôt "les commissariats, les mosquées, les sites militaires".

"Mais imaginez: un commissariat est touché au bout de votre rue. Toutes vos fenêtres volent en éclats. C'est ce que beaucoup de gens ont vécu".

Sur le plan intérieur, la République islamique ne montre pas plus de faiblesse apparente.

Le chef de la police iranienne a prévenu que quiconque conteste les autorités serait traité comme un "ennemi".


(c) Afp

Commenter 🇮🇷 Moyen-Orient: le détroit d'Ormuz au centre de toutes les attentions



    Communauté prix du baril


    Les dernières actualités des prix du pétrole

    dimanche 02 août 2026 à 15:06

    L'Opep+ augmente ses quotas de production de septembre de 18…

    Opep: "Les sept pays participants ont décidé de mettre en oeuvre un ajustement de la production de 188.000 barils par jour", soit...

    dimanche 02 août 2026 à 11:25

    Pétrole: vers une nouvelle hausse des quotas de l'Opep+ avan…

    Opep: L'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) va vraisemblablement ajouter 188.000 barils par jour à ses quotas de...

    vendredi 31 juillet 2026 à 21:14

    Le pétrole en petite hausse, entre poursuite du conflit et e…

    Cours de clôture: Les prix du pétrole ont avancé vendredi, portés par l'extension du conflit au Moyen-Orient à de nouveaux pays, une...

    vendredi 31 juillet 2026 à 17:04

    La guerre au Moyen-Orient dope les résultats d'ExxonMobil et…

    New York: Les géants pétroliers américains ExxonMobil et Chevron ont annoncé vendredi, sans surprise, des résultats en très forte hausse au deuxième...

    vendredi 31 juillet 2026 à 14:57

    Le Moyen-Orient dope les résultats de Chevron au 2e trimestr…

    New York: Le groupe pétrolier américain Chevron a annoncé vendredi des résultats en très forte hausse au deuxième trimestre, marqués par le...

    vendredi 31 juillet 2026 à 13:08

    ExxonMobil: bond marqué des résultats au deuxième trimestre

    New York: Le géant pétrolier américain ExxonMobil a annoncé vendredi des résultats en très forte hausse au deuxième trimestre, dans le sillage...

    vendredi 31 juillet 2026 à 12:15

    Le pétrole stable malgré la poursuite des hostilités au Moye…

    Londres: Les cours du pétrole baissent un peu vendredi, le marché demeurant relativement optimiste sur le fait que la pénurie puisse être...

    vendredi 31 juillet 2026 à 08:47

    BP délaisse la mer du Nord en plein débat sur les forages

    BP: Le géant pétrolier britannique BP a annoncé vendredi qu'il envisageait de vendre ses activités en mer du Nord, se détournant d'un...

    jeudi 30 juillet 2026 à 21:30

    Le pétrole recule, accroché à l'espoir de négociations au Mo…

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont repris un peu d'air jeudi après l'envolée de la veille, les opérateurs réagissant à...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Jeudi 30 juillet 2026

    En milieu d’après-midi, les cours du pétrole marquaient une pause après leur forte envolée de la veille: le prix du baril de Brent reculait légèrement à 87,26 $/baril (-0,94 %) soit 76,03 €, tandis que le cours du WTI américain cédait -0,58 %, à 83,97 $/baril. Le marché pétrolier hésitait entre la montée des risques sur l’approvisionnement au Moyen-Orient et les espoirs de négociations entre les États-Unis et l’Iran, alors que le détroit d’Ormuz restait quasiment paralysé et que les stocks commerciaux de pétrole brut aux États-Unis avaient chuté de 7,2 millions de barils.

    🔴 La Berd alerte sur le risque d'un pétrole à 100 dollars pour la croissance mondiale

    Le jeudi 26 mars 2026

    Londres: La persistance d'un baril de pétrole à 100 dollars à cause de la guerre au Moyen-Orient freinerait la croissance économique mondiale en alimentant l'inflation, a alerté jeudi la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).

    Lire la suite

    🇮🇷 L'Iran promet de bloquer le pétrole du Moyen-Orient "jusqu'à nouvel ordre"

    Le mardi 10 mars 2026

    Téhéran: L'Iran a promis mardi que plus aucune goutte de pétrole ne sortirait du Moyen-Orient "jusqu'à nouvel ordre", dans un rejet cinglant des propos de Donald Trump la veille sur une guerre "quasiment" terminée.

    Lire la suite

    📈 Blocus d'Ormuz pendant un mois : Le scénario catastrophe d'un baril à 350 dollars

    Le jeudi 10 octobre 2024

    Ormuz: La menace d'une perturbation dans le détroit d'Ormuz, l'une des voies de transit pétrolier les plus stratégiques au monde, refait surface alors que la tension géopolitique entre Israël et l'Iran s'intensifie. Un éventuel blocus iranien de cette voie maritime cruciale, reliant le golfe Persique à la mer d'Arabie, pourrait entraîner une flambée des prix du pétrole, dépassant facilement les 100 dollars par baril, préviennent les analystes.

    Lire la suite