Pétrole au Venezuela: l'AIE prudente sur un rebond de la production
Paris: L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a émis des réserves sur la perspective d'un retour à ses "niveaux historiques" de la production pétrolière au Venezuela, au coeur des convoitises de l'administration Trump, dans son rapport mensuel sur le pétrole publié mercredi."Le Venezuela affirme détenir sur le papier les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde; néanmoins, la production et les exportations sont fortement limitées depuis plus d'une décennie", a souligné l'Agence de l'énergie de l'OCDE dans son rapport.
Depuis l'opération américaine au Venezuela qui a conduit à la capture du président Nicolas Maduro, l'administration Trump a affirmé que les compagnies pétrolières des États-Unis investiraient "des milliards de dollars" pour relancer l'industrie des hydrocarbures vénézuélienne, délabrée après des années de sous-investissement et de mauvaise gestion qui ont fait chuter sa production pétrolière.
L'AIE rappelle que "la production vénézuélienne a culminé pour la dernière fois en 2015", avant de décliner, sous l'effet notamment des sanctions mises en place par la première administration Trump en 2018.
Alors que le pays forait 3,5 millions de barils de pétrole brut par jour à son point culminant, il y a 25 ans, il n'a produit que 950.000 de barils par jour (950 kb/j) en moyenne en 2025, selon l'AIE, dont 780 kb/j de brut à l'exportation.
Dans ces conditions, "assurer un retour de l'offre vers ses niveaux historiques nécessitera un environnement politique et d'investissement offrant de la certitude et de la viabilité sur les plans financier, fiscal, juridique, réglementaire et sécuritaire", estime l'AIE.
"Une grande partie des ressources du Venezuela" reposent sur des pétroles extra-lourds, complexes et coûteux à extraire, si bien que seules "les entreprises ayant déjà accès [à ces ressources] pourraient voir quelques premiers gains de production", indique l'Agence.
Aujourd'hui, un seul groupe Américain, Chevron, exerce dans le pays grâce à une licence accordée par Washington en 2022. Les compagnies européennes Eni et Repsol sont également présentes dans le pays, mais sont en litige commercial avec la compagnie nationale.
Selon l'AIE, avant les sanctions américaines de 2018, renforcées en 2025, le Venezuela exportait la majeure partie de son brut vers les États-Unis, l'Inde et d'autres pays d'Amérique latine. À partir de 2018, la Chine a reçu près de 80% des exportations vénézuéliennes de pétrole brut, les États-Unis représentant près de 20% ces derniers mois, d'après les données du cabinet d'analyse Kepler, citées par l'AIE.
(c) AFP






