Menu
A+ A A-

Face à des prix du pétrole dopés par la guerre, l'impuissance de l'Opep+

OPEP/OPEP+Londres: Les producteurs de pétrole de l'Opep+ se réunissent mercredi en pleine envolée des deux références de l'or noir après l'invasion de l'Ukraine, avec peu d'espoirs cependant que leur action ne dissipe la fébrilité des marchés.
Face à l'escalade de ces derniers jours déclenchée par la Russie, l'un des piliers du cartel, l'Arabie saoudite a réaffirmé dimanche soir son attachement à l'alliance.

Créée en 1960 avec le but de réguler la production et le prix du brut, en instaurant des quotas, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) rassemble treize membres, menés par Ryad, et s'est étendue en 2006 à dix partenaires, guidés par Moscou, pour former l'OPEP+.

La rencontre de mercredi, par visioconférence, se déroule dans un contexte explosif: propulsés par l'attaque aérienne et terrestre de l'armée russe contre l'Ukraine, les cours ont grimpé à des niveaux inédits depuis 2014, dépassant 100 dollars le baril.

"En période de volatilité extrême des prix du pétrole, c'est à l'OPEP+ qu'il revient de rétablir le calme", rappelle Stephen Brennock, analyste chez PVM Energy.

Une mission inscrite dans ses statuts, comme étant celle de "coordonner et d'unifier les politiques pétrolières de ses pays membres et d'assurer la stabilisation des marchés".

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les 23 membres se retrouvent quasi mensuellement pour ajuster le plus finement possible leur offre de brut.

Leur stratégie de coupes drastiques pour endiguer la chute des cours a fait ses preuves mais maintenant qu'il faut rouvrir les robinets, le mécanisme semble grippé.


Des Etats défaillants

L'organisation se montre incapable d'empêcher les fluctuations brutales des prix, le cartel échouant chaque mois à remplir ses objectifs d'approvisionnement.

Entre décembre et janvier, les pays membres de l'OPEP+ ont augmenté leur production de 64.000 barils par jour, selon des sources indirectes citées dans le dernier rapport mensuel du groupe.

Un résultat très loin de la hausse de 400.000 barils convenue chaque mois depuis le début de la stratégie de réouverture prudente des vannes, amorcée en mai 2021 par l'OPEP+ face à la reprise.

"Le Covid a touché le plus durement les économies africaines, et le Nigeria et l'Angola ont eu du mal à maintenir les investissements dans les infrastructures, tant pour les puits existants que pour les nouveaux puits", explique à l'AFP Edward Moya, analyste pour Oanda.

"Des années de sous-investissement et d'instabilité politique se sont traduites par une capacité de réserve très limitée" dans ces pays, confirme Han Tan, analyste chez Exinity.

En janvier, le Congo et la Guinée équatoriale ont également produit nettement moins que prévu.

Selon Carsten Fritsch, cité dans une note de Commerzbank, "l'écart entre la production convenue et la production réelle de l'OPEP+ risque de se creuser" encore, à moins que l'Arabie saoudite et d'autres pays aux capacités de réserve inutilisées ne viennent à la rescousse.

Les jokers Arabie saoudite et Iran

"Seuls l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, et peut-être le Koweït, seraient en mesure d'augmenter la production à court terme", assure Tamas Varga de PVM Energy, interrogé par l'AFP.

Ryad avait affirmé au début de l'année que le respect des termes de l'accord de l'OPEP+ et des plafonds était essentiel. En d'autres termes, les membres disposant d'une marge de manoeuvre ne doivent pas intervenir pour compenser le non-respect par certains des quotas fixés.

En outre, "pour l'instant, il ne semble pas y avoir de volonté d'assouplir les conditions du marché, les producteurs capitalisant sur des prix élevés qu'ils ne jugent pas trop dommageables pour l'économie après des années de prix très bas", souligne Craig Erlam, d'Oanda.

Sur un autre front, les discussions se poursuivent à Vienne sur le dossier nucléaire iranien. En cas d'accord, les sanctions internationales qui visent Téhéran seraient levées.

Cela permettrait de "débloquer les exportations iraniennes dans les semaines à venir, ce qui ajouterait environ 800.000 barils d'approvisionnement supplémentaire par jour", détaille Ipek Ozkardeskaya, analyste de la banque Swissquote.

La participation au marché de l'Iran, membre fondateur de l'OPEP, est fortement limitée depuis 2018 et le rétablissement des sanctions économiques par l'administration de Donald Trump.

Un retour à pleine capacité pourrait ainsi renverser l'état actuel de l'offre mondiale d'or noir, et considérablement freiner l'envolée des prix.

(c) AFP

Commenter Face à des prix du pétrole dopés par la guerre, l'impuissance de l'Opep+



    Communauté prix du baril


    L'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP)

    -Voir toute l'actualité de l'OPEP

    dimanche 01 mars 2026

    🛢️ L'Opep+ augmente davantage que prévu sa production face à…

    Londres: L'Arabie saoudite, la Russie et six autres membres de l'Opep+ ont augmenté dimanche leurs quotas de production de pétrole de 206.000...

    jeudi 11 décembre 2025

    🌍 L'Opep maintient sa prévision de hausse de la demande de p…

    Paris: L'organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a maintenu jeudi ses prévisions de hausse de la demande mondiale de pétrole pour...

    dimanche 30 novembre 2025

    🛢️ L'Opep+ approuve une mesure pour estimer les quotas des m…

    Vienne: Les 22 pays de l'Opep+ ont annoncé adopter un nouveau mécanisme d'évaluation des capacités de production des pays membres afin de...

    mercredi 12 novembre 2025

    🌍 L'Opep maintient sa prévision de hausse de la demande de p…

    Paris: L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a maintenu mercredi ses prévisions de hausse de la demande mondiale de pétrole pour...

    dimanche 02 novembre 2025

    📊 L'Opep+ augmente légèrement ses quotas avant une pause

    Vienne: En pleine reconquête de parts de marché, Ryad, Moscou et six autres membres de l'Opep+ ont augmenté leurs quotas de production...

    dimanche 05 octobre 2025

    🛢️ L'Opep+ maintient le doute sur sa production de pétrole à…

    Vienne: Une hausse probable mais un volume incertain: en pleine reconquête de parts de marché, Ryad, Moscou et six autres membres de...

    Les dernières actualités des prix du pétrole

    mardi 31 mars 2026 à 17:02

    Le pétrole hésite, suspendu à davantage de nouvelles sur la …

    Londres: Les cours du pétrole hésitent mardi, les investisseurs restant circonspects quant à une accalmie sur le front de la guerre au Moyen-Orient...

    mardi 31 mars 2026 à 14:58

    Trump appelle les autres pays à débloquer eux-même le détroi…

    Washington: Donald Trump a déclaré mardi que les Etats-Unis "ne seraient plus là pour aider" les pays dont l'approvisionnement en pétrole dépend...

    mardi 31 mars 2026 à 13:28

    Le prix du gazole a battu un record absolu fin mars en Franc…

    Carburants: Le prix du litre de gazole a atteint un record absolu depuis 1985 en moyenne hebdomadaire la semaine dernière, dépassant les...

    mardi 31 mars 2026 à 13:06

    L'UE appelle les 27 à agir de façon "coordonnée" f…

    Carburants: La Commission européenne a appelé mardi les Etats membres à agir de façon "coordonnée" face à la flambée du pétrole à...

    mardi 31 mars 2026 à 12:47

    Le prix de l'essence atteint 4 dollars le gallon aux Etats-U…

    Washington: Le prix moyen de l'essence dans les stations service américaines a dépassé la barre des 4 dollars le gallon (3,78 litres)...

    mardi 31 mars 2026 à 10:59

    Le pétrole stagne, avec l'envie de croire à une accalmie de …

    Londres: Les cours du pétrole se stabilisent mardi devant la possibilité d'une accalmie sur le front de la guerre en Iran, après...

    mardi 31 mars 2026 à 09:10

    Deux porte-conteneurs chinois ont traversé le détroit d'Ormu…

    Pékin: Deux porte-conteneurs appartenant à Cosco, le géant chinois du transport maritime qui avait suspendu début mars ses services vers et en...

    lundi 30 mars 2026 à 21:18

    Le pétrole termine en hausse avec les craintes d'escalade

    Cours de clôture: Les cours du brut ont clôturé en hausse lundi, toujours poussés par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient...

    lundi 30 mars 2026 à 15:06

    Donald Trump menace d'"anéantir" l'île de Kharg

    Washington: Donald Trump a haussé le ton vis-à-vis de l'Iran lundi. Le président américain a menacé d'"anéantir" l'île de Kharg, son principal...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Chiffres du jour

    Vendredi 27 mars 2026 En fin de matinée, le cours du pétrole Brent s'établissait autour de 109 $ le baril, après un pic récent à 119,50 $, soit une hausse d'environ +37 $ (+51 %) depuis le début du conflit au Moyen-Orient, soutenue par les attaques contre les infrastructures énergétiques et les tensions autour du détroit d'Ormuz. Le cours du brut WTI (pétrole américain) évoluait autour de 96 $ après avoir franchi le seuil symbolique des 100 $, confirmant une forte volatilité des prix du pétrole liée aux risques sur l'approvisionnement mondial.

    ⛽️ Comment est fixé le prix des carburants ?

    Le dimanche 06 février 2022

    Paris: Des forages pétroliers à votre réservoir d’essence en passant par les raffineries, le pétrole subit de nombreuses transformations. Tout ce processus a un prix qui, avec d’autres coûts, impactent, d’une manière plus ou moins importante, le prix du carburant à la pompe. Alors comment est fixé le prix des carburants en France ?

    Lire la suite

    5️⃣ choses à savoir sur le blocage du détroit d'Ormuz

    Le mercredi 18 mars 2026

    Téhéran: En temps normal, environ un cinquième du pétrole brut mondial comme du gaz naturel liquéfié transite par le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique aujourd'hui quasiment paralysée par la guerre au Moyen-Orient.

    Lire la suite

    📈 Blocus d'Ormuz pendant un mois : Le scénario catastrophe d'un baril à 350 dollars

    Le jeudi 10 octobre 2024

    Ormuz: La menace d'une perturbation dans le détroit d'Ormuz, l'une des voies de transit pétrolier les plus stratégiques au monde, refait surface alors que la tension géopolitique entre Israël et l'Iran s'intensifie. Un éventuel blocus iranien de cette voie maritime cruciale, reliant le golfe Persique à la mer d'Arabie, pourrait entraîner une flambée des prix du pétrole, dépassant facilement les 100 dollars par baril, préviennent les analystes.

    Lire la suite