A+ A A-

L'Opep et ses alliés restreignent encore leur production, le pétrole monte

prix du petrole VienneVienne: Les grands pays exportateurs de pétrole et la Russie ont trouvé un accord vendredi pour réduire encore leur production d'au moins 500.000 barils par jour afin de soutenir les cours du brut, qui ont aussitôt réagi à la hausse.
Cette réduction va porter l'effort total de limitation de la production à 1,7 million de barils par jour (mbj) pour l'ensemble du groupe de 24 pays, ont indiqué à Vienne les ministres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs partenaires.

Cette alliance de producteurs pompe environ la moitié du brut mondial. Leurs représentants ont passé deux jours dans des réunions marathon au siège de l'OPEP afin de s'entendre sur les modalités d'une baisse de production fébrilement attendue par les marchés.

Les deux premiers contributeurs à ces quotas renforcés, l'Arabie saoudite et la Russie, vont supporter près de la moitié de l'effort supplémentaire, avec des coupes respectives de 167.000 et 70.000 barils par jour.

A ce nouvel objectif s'ajouteront des baisses "volontaires et supplémentaires" de plusieurs producteurs, le Royaume saoudien en tête.

"Nous allons poursuivre notre réduction volontaire de 400.000 barils par jour", a affirmé le nouveau ministre saoudien de l'Energie, Abdel Aziz ben Salmane, demi-frère du puissant prince héritier Mohammed ben Salmane.

Par rapport aux niveaux de production d'octobre 2018, le total des baisses devrait atteindre 2,1 mbj, selon les participants à la réunion.

Ces mesures, plus ambitieuses qu'anticipé par les analystes, ont entraîné un bond immédiat des prix du pétrole de près de de 2% à Londres et New York, atteignant respectivement 64,61 dollars et 59,51 dollars.

Ce coup de fouet au cours est bienvenu pour Ryad qui s'apprête à ouvrir le capital de sa compagnie nationale Aramco et réaliser la plus grosse introduction en Bourse de l'histoire.

Evaluation en mars

L'objectif que se sont fixé les producteurs fera l'objet d'un examen d'étape lors d'une "réunion extraordinaire" début mars 2020 à Vienne.

"Nous déciderons si nous continuons (à réduire la production) jusqu'à la fin de l'année", a déclaré le ministre du Pétrole Thamer al-Ghadbane lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion.

Evoquant "quelques difficultés" lors des discussions de la veille, il a rappelé la "volonté de chacun" de respecter "l'engagement collectif". Les négociations avaient joué jeudi les prolongations, laissant deviner des tiraillements sur la répartition de l'effort à accomplir.

"Les luttes intestines habituelles continuent au sein de l'OPEP, les Saoudiens appelant à un respect plus strict de la cible", a commenté David Madden, analyste de Markets.com.

Ces "longues heures de débat interne ne sont pas un fort signe de cohésion", avait noté Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix, avant l'annonce d'un accord.

Avec dix autres pays pétroliers, dont le géant russe, les 14 membres de l'OPEP ont formé une alliance il y a trois ans afin de peser face au boom du gaz de schiste américain.

Face à une demande mondiale faiblissante et à la concurrence américaine, le cartel des pays exportateurs souhaite continuer à brider sa production pour soutenir les cours.

L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial, porte à elle seule l'essentiel de l'effort et produit déjà en dessous de son quota. Ryad s'agace du non-respect des objectifs de production par plusieurs pays, comme l'Irak, le Nigeria ou la Russie.

Le contexte économique mondial laisse peu de marge au cartel: la guerre commerciale avec les États-Unis affecte la croissance chinoise, très gourmande en pétrole, tandis que celle de l'Europe, autre zone de forte demande, reste faible.

Parallèlement, les niveaux de production des pays non membres de l'OPEP battent des records, ajoutant à une offre pléthorique: les États-Unis, premier producteur mondial depuis 2018, extraient de grandes quantités de pétrole de schiste, le Brésil et le Canada ont également augmenté leur production et d'autres, comme la Norvège, projettent de le faire.

(c) AFP

Commenter L'Opep et ses alliés restreignent encore leur production, le pétrole monte



    Communauté prix du baril


    Les dernières actualités des prix du pétrole

    mardi 21 juillet 2026 à 21:32

    Les cours du pétrole grimpent encore, le Moyen-Orient inquiè…

    Cours de clôture: Les prix du pétrole sont allés de l'avant mardi, soutenus par la crainte que le conflit au Moyen-Orient vienne...

    mardi 21 juillet 2026 à 15:40

    Le pétrole monte avec les inquiétudes au Moyen-Orient

    New York: Les cours du pétrole grimpent mardi, portés par le regain de tensions entre les États-Unis et l'Iran qui a intensifié...

    mardi 21 juillet 2026 à 15:18

    "Inquiétudes" accrues sur l'approvisionnement en p…

    Paris: La dégradation de la situation autour du détroit d'Ormuz "accentue les inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole et "l'incertitude" sur...

    mardi 21 juillet 2026 à 14:02

    L’AIE alerte sur Ormuz malgré des amortisseurs sur le marché…

    Paris: La situation autour du détroit d’Ormuz reste un facteur central de tension pour le marché du pétrole, selon l’Agence internationale de...

    mardi 21 juillet 2026 à 12:30

    Le pétrole hésite entre frappes au Moyen-orient et espoirs d…

    Londres: Les cours du pétrole hésitent mardi entre un mouvement haussier lié à de nouvelles frappes au Moyen-Orient et un mouvement baissier...

    mardi 21 juillet 2026 à 06:55

    La guerre Iran États-Unis frappe le Golfe et pèse sur le pét…

    Téhéran: L'armée américaine a indiqué lundi avoir mené une dixième nuit consécutive de bombardements contre l'Iran.

    lundi 20 juillet 2026 à 21:31

    Le pétrole progresse face aux tensions persistantes au Moyen…

    Cours de clôture: Les prix du pétrole ont terminé en hausse lundi, poussés par la poursuite des hostilités entre Washington et Téhéran...

    lundi 20 juillet 2026 à 16:39

    Aux États-Unis, l'essence franchit à nouveau la barre des 4 …

    Washington: Porté par la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran, le prix moyen de l'essence dans les stations services américaines a...

    lundi 20 juillet 2026 à 13:14

    Le pétrole se stabilise avec des efforts diplomatiques qui c…

    Londres: Les cours du pétrole hésitent lundi, Téhéran ayant assuré que les efforts diplomatiques se poursuivent via des médiateurs, malgré l'intensification des...

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Chiffres du jour

    Mardi 21 juillet 2026 En ce début d’après-midi, les cours du pétrole se maintenaient en hausse: le prix du baril de Brent repassait au-dessus des 90 dollars, à 90,13 $/baril (+1,02 % soit 78,92 €), tandis que le WTI américain progressait à 83,29 $/baril (+0,98 %). Le marché pétrolier restait partagé entre l’intensification des frappes au Moyen-Orient et les espoirs de désescalade diplomatique, alors que l’Iran menaçait de nouvelles attaques, que deux pétroliers avaient été interceptés au large d’Oman et que les Houthis annonçaient un blocus maritime contre l’Arabie saoudite, accentuant les inquiétudes sur l’approvisionnement via le détroit d’Ormuz, passage stratégique concentrant environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole.

    🇺🇸 Face à la flambée du pétrole, Trump n'a pas beaucoup de leviers

    Le lundi 09 mars 2026

    New York: Grand promoteur des hydrocarbures, élu entre autres sur la promesse d'une essence bon marché, Trump promet désormais aux Américains que la flambée des prix provoquée par le conflit au Moyen-Orient ne sera qu'un court et mauvais moment à passer.

    Lire la suite

    🇻🇪 Les géants de l'énergie à la fois attirés et rebutés par le pétrole du Venezuela

    Le jeudi 26 mars 2026

    Caracas: L'administration du président Donald Trump cherche à ouvrir les ressources naturelles inexploitées du Venezuela aux investissements américains, mais les infrastructures vieillissantes de ce pays latino?américain riche en pétrole poussent les géants de l'énergie à hésiter avant de s'engager pleinement.

    Lire la suite

    Chocs et contre-chocs pétroliers depuis 1973

    Le mercredi 27 janvier 2016

    Chocs pétroliers, flambées et chutes des prix: le pétrole a connu une histoire à rebondissements au gré des événements internationaux depuis les années 1970.

    Lire la suite