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L'Opep+ attentiste malgré des prix dopés par la guerre

cours du petroleVienne: Les producteurs de pétrole de l'Opep+ ont persisté mercredi dans leur approche d'ouverture des vannes au compte-gouttes malgré l'embrasement des cours lié à la guerre en Ukraine, sur fond de craintes pour l'approvisionnement.
Les treize membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), menés par Ryad, et leurs dix alliés conduits par Moscou sont convenus "d'ajuster à la hausse leur niveau total de production de 400.000 barils par jour pour le mois d'avril", a annoncé le cartel dans un communiqué.

La réunion a été éclair, comme jamais depuis le lancement des réunions en visioconférence en avril 2020, et le résultat sans surprise.

Pourtant, la situation est explosive: les prix du baril sont au plus haut depuis une décennie, à plus de 110 dollars.

Pas de quoi affoler l'OPEP+ qui ne dévie pas de sa ligne, lancée au printemps 2021 à la faveur du redressement de la demande, après des coupes drastiques pour faire face à la pandémie de Covid-19.


"Ils adorent ces prix élevés"

"Le groupe continue de croire que tout déséquilibre est temporaire, probablement en raison des garanties données par Moscou", explique Craig Erlam, analyste d'Oanda, interrogé par l'AFP.

"L'Arabie saoudite se range du côté de la Russie pour maintenir cette relation très importante", "véritable noyau de l'OPEP+ aujourd'hui", abonde Bjarne Schieldrop, chez Seb. Ils semblent ignorer "le risque élevé" de perturbations de l'approvisionnement en brut et en gaz naturel.

"La vérité vraie est que les pays de l'OPEP+ adorent ces prix élevés du pétrole, mais ne l'admettront jamais", assène Fawad Razaqzada de ThinkMarkets.

En théorie, l'alliance pourrait contribuer à freiner l'ascension des cours en accélérant le rythme d'augmentation de la production.

Mais les analystes pensent qu'elle ne s'y résoudra qu'en étant dos au mur.

L'OPEP+ avait adopté la même attitude au début de la pandémie de Covid-19 qui avait conduit à une "extrême destruction de la demande", avant de rectifier le tir en urgence devant un marché "en claire détresse", rappelle Louise Dickson, de Rystad Energy.

En attendant, l'Agence internationale de l'énergie a annoncé mardi la mise sur le marché de 60 millions de barils tirés des réserves de ses pays membres n'a pas eu l'effet d'apaisement escompté.

La décision a été présentée comme "un message uni et fort aux marchés pétroliers mondiaux sur le fait qu'il n'y aura pas de pénurie d'offre résultant de l'invasion russe en Ukraine".

Mais elle a été jugée trop timide par les investisseurs alors que sur le terrain, l'attaque s'intensifiait.


"Promesse sur le papier"

De toute façon, même si les membres de l'OPEP+ augmentent davantage la production, il ne s'agirait que d'une "promesse sur le papier", note Mme Dickson.

Car l'alliance OPEP+ est incapable de remplir ses quotas, "ce qui contribue à la pénurie de l'offre et alimente la hausse des prix".

Entre décembre et janvier, les 23 pays membres ont augmenté le volume de 64.000 barils par jour, selon des sources indirectes citées dans le dernier rapport mensuel du groupe. Un résultat très loin de la hausse convenue de 400.000 barils.

Et la situation va sans doute s'aggraver, pointe Edward Gardner, de Capital Economics. "Car la production russe va connaître des difficultés" sous l'effet des sanctions.


Reste une inconnue: l'Iran.

Les discussions pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien se trouvent dans une phase "critique", selon les diplomates occidentaux qui négocient avec l'Iran à Vienne, aux côtés de la Chine et de la Russie. "C'est le moment de prendre une décision, cela ne peut pas être reporté plus longtemps", a martelé mercredi le chancelier allemand Olaf Scholz.

En cas d'entente, les sanctions internationales qui visent Téhéran seraient levées et les exportations iraniennes débloquées.

La participation au marché de l'Iran, membre fondateur de l'OPEP, est fortement limitée depuis 2018 et le rétablissement des mesures punitives par l'administration de Donald Trump.

Un retour à pleine capacité pourrait ainsi changer la donne et considérablement freiner l'envolée des prix.

(c) AFP

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