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Le Nigeria durcit son contrôle des changes après la chute des prix du pétrole

prix-du-petrole lagosLagos: La banque centrale du Nigeria a annoncé vendredi des mesures pour enrayer la spéculation contre la monnaie nationale, le naira, qui a chuté avec la baisse des prix du pétrole dont le pays est le premier producteur d'Afrique.
Concrètement, les acheteurs de devises sur le marché interbancaire ou auprès d'un courtier devront les restituer à la banque centrale s'ils ne les utilisent pas dans les 48 heures, a indiqué l'institution dans un communiqué.

Les particuliers et les banques qui ne se plieront pas à cette injonction seront soumis aux sanctions qui s'imposent, lesquelles pourront inclure une suspension du marché des changes, a averti la banque centrale.

Premier producteur de pétrole du continent, le Nigeria dépend à 70% de ses exportations de brut pour son budget et à 90% pour ses recettes en devises.

Le président nigérian, Goodluck Jonathan, a averti mardi que le gouvernement serait contraint de revoir à la baisse le montant de ses dépenses financées par le pétrole si les cours continuaient à chuter.

Abuja a déjà pris une série de mesures pour répondre à la baisse des cours de l'or noir sur le marché mondial, dont une dévaluation de 8% du naira annoncée le mois dernier par la banque centrale.

Le Nigeria a également réduit de 78 à 65 dollars la valeur de référence du baril de pétrole utilisée pour calculer son budget.

La ministre des Finances a déjà revu mercredi à la baisse les prévisions de croissance pour 2015 et proposé une réduction modeste des dépenses, la première économie africaine tentant de faire face à la chute mondiale des prix du pétrole.

Ngozi Okonjo-Iweala a indiqué que la précédente estimation de croissance pour 2015, à 6,35% du PIB, avait été abaissée à 5,5%.

Nous avons une dépense de 4.300 milliards de nairas (24 milliards de dollars), pour 2015, contre 4.600 milliards de nairas en 2014, a-t-elle déclaré devant des journalistes après avoir présenté les mesures d'économies aux deux chambres du Parlement.

Les propositions de la ministre, qui doivent être approuvées par les parlementaires, sont le dernier signe en date de la sévère crise qu'affronte le Nigeria en raison de l'effondrement du marché mondial du pétrole.

Les économistes ont largement applaudi les mesures spectaculaires prises par le Nigeria pour répondre à la crise, notamment une dévaluation du naira, de nouvelles taxes sur les produits de luxe et la réduction du prix de référence du pétrole utilisé pour caler les dépenses budgétaires.

Les difficultés économiques s'accumulent alors que le Nigeria s'apprête à organiser des élections à haut risque en février prochain. Le président Jonathan s'y représente malgré les critiques contre sa gestion de l'insurrection de Boko Haram.

Le groupe islamiste continue de lancer attaque sur attaque dans le nord à majorité musulmane. Dans son dernier raid en date connu, il a enlevé dimanche 185 personnes et en a tué 32 autres dans un village du nord-est, une région où il contrôle de vastes pans de territoire.







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