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Le pétrole tombe à de nouveaux plus bas depuis 5 ans à New York et à Londres

prix-du-petrole New YorkNew York: Les prix du pétrole cotés à New York et Londres ont fini lundi à un nouveau plus bas depuis plus de cinq ans, dans un marché sur la défensive, plombés par une offre surabondante et la révision en baisse de prévisions sur les prix.
Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en janvier a chuté de 2,79 dollars et s'est établi à 63,05 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), un plus bas en clôture depuis le 29 juillet 2009, lorsqu'il avait fini à 62,90 dollars.

A Londres également, le baril de Brent de la mer du Nord pour même échéance coté sur l'Intercontinental Exchange (ICE) a terminé sur un plongeon de 2,88 dollars, à 66,19 dollars. C'est son seuil le plus bas en clôture depuis le 28 septembre 2009, où il avait fini à 65,88 dollars.

Les marchés poursuivent leur déroute, a observé Tim Evans, de Citi Futures.

Une conjonction de facteurs est responsable de ce nouveau plongeon des prix, selon les experts, qui citent pêle-mêle les signes de faiblesse économique dans le monde, notamment en Chine, la ruée vers le dollar, un actif jugé plus sûr en temps d'incertitude, et les prévisions d'une offre très abondante en brut l'an prochain.

Le géant asiatique, le pays le plus gourmand en brut de la planète après les Etats-Unis, a enregistré une chute surprise de ses importations et un fort ralentissement de ses exportations confirmant son essoufflement, selon des chiffres publiés lundi.

- Rééquilibrage difficile

Selon M. Evans, une majorité des opérateurs se rendent compte qu'un rééquilibrage de l'offre et de la demande n'interviendra pas avant longtemps.

En effet, en dépit du plongeon des prix, un rapport de la société Baker Hughes montre une nouvelle augmentation du nombre de puits de forage aux Etats-Unis, a noté l'analyste.

Au cours de la semaine achevée le 5 décembre, 1.575 puits pétroliers étaient en activité, contre 1.572 la semaine précédente, selon la société américaine de services pétroliers Baker Hughes, récemment acquise par Halliburton.

Sans une intervention de l'Opep, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, les marchés risquent de devenir de plus en plus plombés par la surabondance de l'offre par rapport à la demande, ont estimé les analystes Adam Longson et Elizabeth Volynsky, de Morgan Stanley. Celle-ci devrait atteindre un pic au deuxième trimestre 2015, ont-ils estimé.

Accentuant la morosité du marché, ces analystes ont revu en très nette baisse --d'environ 30%-- leurs prévisions de prix pour le brut en 2015, de 98 dollars à 70 dollars pour le Brent londonien.

L'Opep n'avait pas réussi à se mettre d'accord lors de sa dernière réunion fin novembre sur une réduction de son plafond de production (30 millions de barils par jour) pour enrayer la chute des prix.

L'Arabie saoudite, chef de file de l'influent cartel, s'est lancée dans une guerre des prix pour protéger ses parts de marché notamment face aux Etats-Unis dont la production a explosé ces dernières années, dopée par le pétrole issu du schiste. L'offre américaine n'a jamais été aussi importante depuis 30 ans, dépassant depuis début novembre le seuil psychologique des 9 millions de barils par jour.

L'essor de la production des Etats-Unis est toutefois lui-même menacé par la chute des cours de l'or noir, comme l'a montré lundi la réduction d'environ 20% par le groupe pétrolier américain ConocoPhillips de ses investissements l'an prochain.




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