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L'accord de l'Opep, à peine annoncé, déjà controversé

prix du petrole LondresLondres: L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a trouvé mercredi un accord qui limitera sa production à partir de janvier, mais des analystes sceptiques préviennent que son application devra être surveillée de près.
Le cartel a annoncé réduire sa production de 1,2 million de barils par jour (mb/j), ce qui équivaut à un plafond de 32,5 mb/j par jour, à la surprise des marchés qui craignaient que les tensions géopolitiques, notamment entre deux de ses plus grands producteurs que sont l'Iran et l'Arabie Saoudite, fassent s'écrouler les négociations.

L'Arabie Saoudite a accepté de supporter le gros de l'effort, faisant reculer sa propre production de 486.000 barils par jour, afin de permettre aux cours de remonter.

Dans un premier temps, l'accord devrait redonner de l'énergie au secteur.

Il pourrait y avoir une hausse des investissements dans le pétrole à moyen terme, et si le cours se maintient au dessus de 50 dollars, le pétrole de schiste américain pourrait revenir en force sur les marchés, a commenté Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.

La hausse des prix du pétrole pourrait faire grimper l'inflation. Les Banques centrales vont devoir être vigilantes, a prévenu Naaem Aslam, de Think Markets.

Mais l'analyste souligne que la limitation à 32,5 mb/j n'est pas encore actée: ce que les investisseurs vont regarder dorénavant, c'est combien de temps l'accord va tenir et si un des participants va tricher.


- Mécanisme de surveillance

En effet, pour rendre une telle remontée des cours possible, il faudra que l'accord soit respecté par les pays de l'OPEP. Or rien n'est moins sûr, car aucune sanction n'est prévue pour les pays qui ignoreraient les limitations.

Dans le passé, la Russie (non membre de l'OPEP) a accepté à trois reprises de limiter sa production avant de l'augmenter. Qu'est-ce qui l'empêcherait de le refaire?, s'est demandé Bjarne Schieldrop, analyste de SEB, avant l'annonce de l'accord.

En 2008, la Russie avait ainsi affirmé qu'elle se joindrait à l'effort de réduction de la production du cartel. L'année suivante, l'OPEP avait en vain rappelé ses promesses à la Russie, dont la production avait atteint des niveaux records pour l'époque.

Cette fois-ci, la Russie a assuré qu'elle limiterait sa production de 300.000 b/j en 2017. Il y aura un mécanisme de surveillance pour s'assurer que chacun fait sa part, et que les pays non-membres de l'OPEP se joindront à l'effort, a prévenu Khaled al-Falih, ministre saoudien de l'Energie, avant la réunion de mercredi, sans préciser la forme que prendrait ce mécanisme.

Dans ce contexte incertain, les analystes vont observer attentivement le marché pour voir si l'accord est respecté.

Les données publiées mensuellement par chaque pays et compilées par l'OPEP sont parfois suspectées par les experts d'être peu fiables.


- Parts de marché

D'ailleurs, le cartel lui-même a préféré se baser sur les rapports secondaires, c'est-à-dire les données compilées par les analystes, pour fixer les ajustements de production de chaque pays.

Nous allons regarder les rapports d'agences d'analystes, mais aussi les données du trafic maritime, si des pétroliers quittent le pays, c'est un signe assez clair qu'il y a de la triche, a résumé pour l'AFP Deshpande Abhishek, de Natixis.

Les producteurs profiteraient certes dans un premier temps d'une remontée des cours permise par une limitation collective de la production, argue cet analyste. Mais ils pourraient tirer avantage à sciemment contrevenir aux termes de l'accord.

Selon M. Abhishek, les producteurs pourraient voir dans la baisse possible de la demande une bonne raison de tout faire pour conserver leurs parts d'un marché qui pourrait rétrécir. De quoi leur donner envie de ne pas réduire la production, quitte à vendre l'or noir moins cher.

Que la demande soit sur le point d'atteindre son pic ou non, cette idée est forcément dans les esprits des ministres de l'OPEP, a-t-il commenté.

Certains spécialistes prévoient que la demande mondiale en pétrole va atteindre prochainement son apogée avant de redescendre, notamment sous la concurrence des autres sources d'énergie. Mais d'autres experts s'attendent à ce que la demande en or noir continue de monter dans les années à venir.

(c) AFP

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