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Le brut se replie sous 100 dollars à New York

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(reprise de la veille)


New York - Les prix du pétrole se sont nettement repliés mercredi à New York, après six séances de hausse, plombés par une nouvelle poussée d'inquiétude concernant la zone euro, sur un marché toujours nerveux face aux tensions avec l'Iran.

Le baril de "light sweet crude" pour livraison en février a terminé à 99,36 dollars sur le New York Mercantile Exchange, en recul de 1,98 dollar par rapport à la veille.

A Londres, sur l'IntercontinentalExchange, le baril de Brent de la mer du Nord à échéance identique a perdu 1,71 dollar à 107,56 dollars.

Quasi inchangés à l'ouverture de la séance new-yorkaise, les cours ont décroché en même temps que l'euro, qui est passé sous 1,30 dollar pour atteindre son plus bas niveau en près d'un an face au dollar.

Les investisseurs se sont inquiétés de voir que le bilan financier de la Banque centrale européenne (qui comprend la totalité de ses encours) avait considérablement grossi, atteignant cette semaine un niveau historique de 2.733 milliards d'euros.

Cette taille gigantesque suggère selon certains analystes que l'institution de Francfort se trouve contrainte à injecter de plus en plus de fonds dans le système financier, et qu'elle pourrait se trouver à court de munitions si la crise perdurait.

"Il y a des prises de bénéfices", a constaté John Kilduff, d'Again Capital.

"Le retournement de l'euro, qui a cassé le seuil important de 1,30 dollar, a mis la pression sur les cours du pétrole", a-t-il poursuivi.

Selon l'analyste, le marché pétrolier est mis sous pression d'une part par le raffermissement du dollar qui en résulte (qui rend le brut plus coûteux pour les acheteurs munis d'autres devises) et d'autre part par "les inquiétudes en général concernant l'Europe et l'évolution de l'économie l'année prochaine".

Par ailleurs, le marché était "allé trop loin" en réaction à la situation en Iran, a estimé John Kilduff.

Les cours avaient dépassé mardi la barre des 100 dollars lorsqu'un haut responsable iranien, le premier vice-président Mohammad Reza Rahimi, avait prévenu que Téhéran fermerait le détroit d'Ormuz si des sanctions étaient décidées par les pays occidentaux contre les exportations de pétrole iranien.

Mais Téhéran a tempéré ses propos mercredi, un responsable militaire estimant que fermer ce passage, par lequel transite plus du tiers du fret maritime pétrolier mondial, n'était pas nécessaire à ce stade.

"Fermer le détroit est très facile pour les forces armées iraniennes, c'est comme boire un verre d'eau, mais aujourd'hui, nous n'avons pas besoin de le fermer car nous contrôlons la mer d'Oman et nous pouvons contrôler le transit" maritime et pétrolier, a expliqué l'amiral Habibollah Sayyari, commandant de la marine iranienne, à la télévision en langue anglaise Press-TV.

"Les cours ont tellement monté qu'on observe quelques prises de bénéfice mais la situation n'a pas changé", selon Tom Bentz, de BNP Paribas.

"Il y a toujours des exercices (militaires iraniens, ndlr) dans le détroit d'Ormuz, ce qui inquiète le marché, et on continue de surveiller la situation en Irak et en Syrie", a poursuivi l'analyste.

Les Etats-Unis ont prévenu mercredi qu'aucune perturbation du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz ne serait tolérée.

"Le marché est prudent, pour ne pas dire nerveux. Les Européens envisagent toujours un embargo" sur les exportations de pétrole, et "si une action quelconque avait lieu dans le détroit, les prix (du pétrole) s'envoleraient", a prévenu John Kilduff.

rp



(AWP / 29.12.2011 06h21)


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