Les menaces de Trump contre le pétrole russe renforcent les prix

"Si la Russie et moi ne sommes pas capables de parvenir à un accord pour mettre un terme au bain de sang en Ukraine, et je pense que c'était la faute de la Russie (...), je vais imposer des droits de douane secondaires sur tout le pétrole qui sort de Russie", a averti le président américain, dans une interview accordée dimanche à la chaîne NBC.
"La proposition spontanée de M. Trump de frapper tout pays achetant du pétrole russe d'un droit de douane de 25 à 50% serait importante pour les marchés pétroliers", ont souligné les analystes de DNB Markets.
La Russie est le second producteur d'or noir au monde. Malgré les sanctions européennes et américaines déjà en place en raison de la guerre en Ukraine, Moscou continue d'exporter son pétrole, notamment vers l'Asie.
Mais le marché s'interroge sur le sérieux de cette menace. "Nous doutons fortement que les États-Unis mettent en oeuvre de telles sanctions", a affirmé Arne Lohmann Rasmussen, et les cours ne montent que modérément lundi.
Vers 11H25, le prix du baril de Brent BRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en mai, dont c'est le dernier jour de cotation, prenait 0,83% à 74,24 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI WTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.), pour livraison le même mois, gagnait 0,55% à 69,74 dollars.
Le président Trump a également averti qu'"il y aura des bombardements" en Iran, un des dix principaux producteurs de pétrole au monde, si les négociations en vue d'un accord sur le nucléaire Iranien échouaient.
Mais "les inquiétudes concernant l'offre sont dépassées par les préoccupations relatives à la croissance et à la demande d'énergie dans le monde, alors que les opérateurs se préparent à une guerre des tarifs douaniers" négative pour l'économie et donc pour la demande de brut, a pointé Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.
Par ailleurs, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) doit entamer sa hausse progressive de production en ajoutant dès mardi 138'000 barils quotidiens sur le marché.
(c) AFP