A+ A A-

🌍 Climat: quand la fin des énergies fossiles tourne à la querelle sémantique

prix du petrole ParisParis: La COP28 n'accouchera pas d'une date d'abandon total des hydrocarbures pour l'humanité, mais nombre de pays vont pousser pour obtenir une sortie des énergies fossiles dites "unabated", c'est-à-dire sans captage ou stockage du CO2. A condition de s'accorder sur ce qu'autoriserait ce terme vague, potentielle échappatoire pour l'industrie pétrogazière et ses clients.
Le sujet des énergies fossiles "unabated", littéralement "sans relâche" ou "non atténuées", revient sans cesse depuis un an: le G7 a appelé au printemps à accélérer leur abandon, le premier bilan officiel de l'accord de Paris a jugé "indispensable" d'en sortir au plus vite et, lundi, les 27 pays de l'UE tentait d'arrêter une position commune pour la COP28.

Mais le terme "unabated" condamne-t-il l'essentiel des usages de pétrole, charbon et gaz, cause primordiale de la crise climatique ? Ou bien va-t-il servir à justifier une poursuite massive de leur combustion ?

C'est un des sujets qui seront âprement discutés à la COP28, conférence climat annuelle des Nations unies, prévue du 30 novembre au 12 décembre à Dubaï.

"Il n'existe pas de définition internationalement reconnue de ce que signifient les termes +unabated+ ou +abated+", explique Katrine Petersen du groupe de réflexion sur le changement climatique E3G.

Ce qui s'en rapproche le plus est une note de bas de page dans le dernier rapport du Giec, les experts climat mandatés par les Nations unies: les combustibles fossiles "unabated" sont ceux produits et consommés "sans mesure permettant de réduire de manière substantielle" la quantité de gaz à effet de serre émis tout au long du cycle.

Ces mesures peuvent inclure le captage d'au moins 90% des émissions de CO2 des centrales électriques, ou de 50 à 80% du méthane qui s'échappe lors de la production et du transport des hydrocarbures, chiffre le Giec.

Mais pour Katrine Petersen, cette définition est incomplète, car "elle ne dit rien sur le fait que la réduction devrait exclure la compensation du carbone, ou que tout captage de CO2 devrait être permanent".

La "compensation carbone" désigne l'achat de droits à polluer résultant de la déforestation évitée, de plantations absorbant le CO2 ou de l'élimination chimique du CO2 de l'atmosphère.


⤵ "Ouverte à interprétation"


In fine, le bras de fer sur l'adjectif "unabated" se concentre sur le captage et le stockage du carbone (CSC) vantés par l'industrie pétrogazière et les pays producteurs, notamment les Émirats arabes unis qui président la COP28.

Ces technologies, jugées nécessaires dans une petite proportion par le Giec, sont accusées d'être une justification pour l'extension de la production de combustibles fossiles au lieu de privilégier les alternatives.

La quantité d'émissions qu'il faut retenir pour considérer la combustion comme suffisamment "abated" (réduite) reste floue.

L'absence de définition précise risque de rendre toute décision de la COP28 largement "ouverte à interprétation", s'inquiète Mme Petersen.

Des taux de captage supérieurs à 95%, un stockage permanent, l'exclusion des compensations de carbone et la couverture de l'ensemble du cycle de vie des combustibles fossiles sont des garde-fous essentiels à établir, suggèrent plusieurs experts.

Peu de centrales utilisent actuellement ces technologies qui, selon l'Agence internationale de l'énergie, sont "coûteuses et n'ont pas fait leurs preuves à grande échelle".

Sultan Al Jaber, président de la COP28 et directeur de la compagnie pétrogazière nationale émiratie, a déclaré que la diplomatie devrait se concentrer sur l'élimination progressive des émissions de pétrole et de gaz, et pas nécessairement sur la fin des combustibles fossiles eux-mêmes.

Sa position contraste avec celle de certains pays qui réclament un abandon total, notamment des nations insulaires, premières menacées par la montée des eaux et qui réclament un "traité de non-prolifération" des combustibles fossiles.

Une poignée de pays européens, dont la France, l'Autriche, l'Espagne et les Pays-Bas, ont appelé à une "élimination progressive des combustibles fossiles", qu'ils soient ou non "unabated".

Ce bloc, selon une source proche des négociateurs européens, n'envisage qu'un rôle mineur pour ces dispositifs, à limiter aux industries les plus difficiles à décarboner, tandis que les énergies bas-carbone doivent effacer rapidement les combustibles fossiles du reste de l'économie.

Cette définition restrictive devrait toutefois rencontrer une forte résistance de pays dépendants du pétrole et du gaz lors de la COP, selon cette source.

Commenter 🌍 Climat: quand la fin des énergies fossiles tourne à la querelle sémantique



    Communauté prix du baril


    Les dernières actualités des prix du pétrole

    mercredi 19 août 2026 à 21:13

    L'impasse au Moyen-Orient continue de faire monter les prix …

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont encore grimpé mercredi, la rupture des discussions entre les Etats-Unis et l'Iran faisant craindre...

    mercredi 19 août 2026 à 17:45

    USA: les stocks commerciaux de pétrole en hausse, la consomm…

    NYC / Stocks aux USA: Les réserves commerciales de pétrole brut ont connu une hausse plus marquée qu'attendu la semaine dernière aux...

    mercredi 19 août 2026 à 12:27

    Le pétrole monte, le dialogue rompu entre Washington et Téhé…

    Londres: Les cours du pétrole montent mercredi, le marché s'inquiétant de la rupture des discussions entre l'Iran et les Etats-Unis, qui réduit...

    mardi 18 août 2026 à 21:12

    Le pétrole en petite hausse face au statu quo diplomatique

    Cours de clôture: Le pétrole a terminé en petite hausse mardi, sous l'effet d'un regain de tensions au Moyen-Orient et de l'impasse...

    mardi 18 août 2026 à 11:58

    Le pétrole porté par les inquiétudes sur le Moyen-Orient

    Londres: Les cours du pétrole progressent légèrement mardi, après des nouvelles attaques des rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, contre l'Arabie...

    mardi 18 août 2026 à 06:43

    Pétrole détecté au large de l'Amazonie: un "passeport p…

    Sao Paulo: Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a qualifié lundi de "passeport pour l'avenir" le pétrole récemment découvert au...

    mardi 18 août 2026 à 01:54

    Lula présente le pétrole au large de l’Amazonie comme un ato…

    Londres: Petrobras a fait état, vendredi 14 août, d'indices de présence de pétrole dans un puits en eaux profondes situé à 175...

    lundi 17 août 2026 à 21:15

    Le pétrole progresse, s'inquiète des tensions entre les Etat…

    Cours de clôture: Les cours du pétrole ont avancé lundi, réagissant aux nouveaux signes de fermeté entre Washington et Téhéran qui éloignent...

    lundi 17 août 2026 à 15:27

    Trump menace de bombarder Oman s'il entrave un accord sur le…

    Washington: Donald Trump a menacé lundi de bombarder Oman si le pays se mettait "en travers" d'un accord sur le détroit d'Ormuz.

    Toute l'actualité du baril et des cours du pétrole

    Les analyses des Prix du pétrole les plus récentes

    Lundi 17 août 2026

    A la mi-journée, le prix du baril de Brent progressait à 89,29 $/baril (+0,87 %), soit 77,02 €/baril, après avoir clôturé vendredi à 88,52 dollars (+1,67 %). Les cours du pétrole restaient soutenus par les incertitudes autour du détroit d’Ormuz: le trafic pétrolier aurait encore diminué durant le week-end après plusieurs attaques contre des pétroliers d’ADNOC, mais un nombre croissant de navires traverseraient désormais le détroit avec leur transpondeur éteint, rendant difficile l’évaluation réelle des exportations de pétrole du Moyen-Orient. L’Iran réaffirmait parallèlement qu’Ormuz "restera iranien", tandis que Donald Trump répétait que les États-Unis contrôlaient ce passage stratégique et évoquait même son futur statut de "territoire des États-Unis".

    5️⃣ choses à savoir sur le blocage du détroit d'Ormuz

    Le mercredi 18 mars 2026

    Téhéran: En temps normal, environ un cinquième du pétrole brut mondial comme du gaz naturel liquéfié transite par le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique aujourd'hui quasiment paralysée par la guerre au Moyen-Orient.

    Lire la suite

    📈 Le pétrole flambe à nouveau, jusqu'à quand?

    Le jeudi 02 avril 2026

    Analyse: Cent dollars, puis 110 dollars... et bientôt 150 ou 200 dollars? Le ton belliqueux de Donald Trump mercredi a ravivé les inquiétudes sur les conséquences d'un prix du baril de pétrole durablement élevé, et les solutions d'urgence réduites pour y faire face.

    Lire la suite

    📈 Les analystes revoient à la hausse leurs prévisions de prix du pétrole face à la persistance du conflit iranien

    Le lundi 23 mars 2026

    New York: Les principales maisons de courtage ont révisé leurs prévisions de prix moyens du pétrole pour 2026 alors que la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran fait rage, le conflit ayant propulsé les cours de plus de 50% ce mois-ci.

    Lire la suite