TotalEnergies, Shell, Repsol: résultats portés par la flambée des hydrocarbures
Paris: Shell, TotalEnergies, Repsol : les compagnies pétrolières affichent des bénéfices exceptionnellement élevés grâce à la flambée des hydrocarbures dans la foulée des guerres au Moyen-Orient et en Ukraine, générant de nouvelles critiques sur leurs "superprofits".La pétrogazière française a dévoilé jeudi un bénéfice net record de 8,3 milliards de dollars pour le troisième trimestre, contre 3,7 milliards de dollars sur la même période l'an passé, et se montre très optimiste pour les mois à venir.
"Tout est dans le vert, pas seulement pour le 3e trimestre mais aussi pour le premier mois du 4e trimestre (octobre) et probablement pour le reste de l'année", s'est félicité son patron Patrick Pouyanné lors d'un appel avec les investisseurs jeudi après-midi.
Les résultats dépassent largement ceux déjà très élevés de la première moitié de l'année, dopés par l'envolée des prix des hydrocarbures depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
Les associations et partis politiques de gauche ont vivement réagi en demandant une plus forte taxation ou un encadrement des prix ou des marges du groupe, alors que la crise sociale est en partie alimentée par la flambée des prix à la pompe.
Comme les pétroliers européens Shell et Repsol, qui annonçaient également leurs résultats jeudi, TotalEnergies a été portée entre juillet et septembre par une performance historique sur son activité raffinage-Chimie, à 3,6 milliards de dollars, contre 687 millions un an plus tôt.
"Je pense que la marge de raffinage en Europe va rester assez bonne durant la première moitié de 2027" du fait des "stocks peu remplis", a pronostiqué M. Pouyanné devant les investisseurs.
La forte tension sur le marché du gazole, provoquée par les frappes sur les installations énergétiques et les raffineries en Ukraine, en Russie et au Moyen-Orient, a provoqué une envolée des prix du carburant le plus consommé en France, et donc des marges de raffinage - qui reflètent l'écart de prix entre pétrole brut et raffiné.
L'espagnol Repsol, dont l'activité est particulièrement dépendante du raffinage, a ainsi affiché un bénéfice net quadruplé sur les neuf premiers mois de l'année, dont plus de la moitié sur le seul 3e trimestre.
Le géant britannique Shell a lui annoncé une hausse de son bénéfice net équivalente à celle de TotalEnergies (+126,6 % sur un an), à 12,1 milliards de dollars.
A la clôture des marchés européennes, TotalEnergies prenait 1,20 % à la Bourse de Paris, contre 2,06 % pour Shell à Londres et 3,05 % pour Repsol à Madrid, dans un contexte boursier globalement favorable : +1,05 % pour le CAC 40, +0,26 % pour le FTSE 100 à Londres, contre un recul de 0,14 % pour la Bourse de Madrid.
Les résultats des majors américaines Chevron et ExxonMobil, et ceux de la britannique BP , sont attendus vendredi et devraient également être excellents.
Sur le 3e trimestre, TotalEnergies est aussi porté par de très bons résultats sur sa branche Gaz naturel liquéfié (GNL), grâce à la hausse des prix de vente du GNL et des activités de trading.
Le groupe envisage un quatrième trimestre aussi bon sur cette activité, voire meilleur, selon son patron jeudi, alors que le gaz européen vient de dépasser les 100 euros le mégawattheure pour la première fois depuis quatre ans, conséquence des difficultés d'approvisionnement et de stocks européens plus bas que l'an dernier.
"Alors que les député·es ont rejeté hier les amendements visant à taxer les profits fossiles dans le budget 2027, TotalEnergies affiche aujourd'hui des bénéfices indécents", ont dénoncé plusieurs ONG, dont 350.org, Action Justice Climat Paris et Attac France.
Le gouvernement a rappelé "la chance d'avoir un grand major pétrolier dans une crise telle que celle que l'on traverse", selon la ministre de l'Énergie Maud Bregeon.
Mais a demandé au groupe d'être "exemplaire" et de "répercuter à la baisse" l'impact du déstockage du diesel à moindre coût qui débutera dans les prochains jours, alors que ce carburant s'achète à plus de 2,38 euros le litre jeudi, selon une moyenne calculée par l'AFP.
TotalEnergies plafonne le prix du gazole à 2,25 euros le litre dans ses stations-services, ce qui lui coûte 500 millions d'euros depuis le début de l'année, selon le groupe, tout en lui faisant gagner des parts de marché.
Le groupe devrait payer autour de 500 millions d'impôt sur les société en 2026, a estimé le PDG.
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