Le pétrole et le gaz grimpent à cause des hostilités au Moyen-Orient
Londres: Les cours du pétrole et du gaz sont en forte hausse mercredi, la poursuite des hostilités au Moyen-Orient faisant craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures de la région, notamment avec l'ajout des menaces en mer Rouge.Vers 09H05 GMT (11H05 HEC), le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en septembre, bondissait de 3,45% à 94,15 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, dont c'est le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, prenait 3,72% à 87,48 dollars.
Au Moyen-Orient, "la situation actuelle ne montre aucun signe de désescalade imminente", explique Tamas Varga, analyste chez PVM.
Les Etats-Unis, qui ont lancé une nouvelle salve de frappes en Iran pour la "onzième nuit consécutive", affirment que leur but est d'affaiblir la capacité de l'Iran à menacer le trafic maritime commercial dans le détroit d'Ormuz.
Le contrôle de la navigation dans le détroit d'Ormuz est un point de contentieux majeur entre les deux pays, et selon le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio autoriser l'Iran à contrôler ce passage stratégique créerait un "dangereux précédent".
Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont de plus annoncé lundi un blocus maritime de l'Arabie saoudite.
Depuis "trois pétroliers saoudiens à destination de la Chine et de l'Inde auraient fait demi-tour" pour éviter le détroit de Bab el-Mandeb (au large du Yémen) préférant se diriger vers le canal de Suez, souligne M. Varga.
En outre, le patron de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, a évoqué le fait que les livraisons de produits pétroliers raffinés, comme le diesel ou l'essence, sont encore plus sous tension que le pétrole brut, ce qui se ressent dans les prix à la pompe.
Le prix du gaz européen grimpe aussi, et il est au plus haut depuis mars.
Le remplissage des réserves européennes avant l'hiver "coïncide avec la hausse des besoins en électricité en Asie pour la climatisation pendant les mois d'été caractérisés par de fortes chaleurs", explique Jonathan Schroer, analyste chez UniCredit.
Cela implique une compétition pour l'acquisition de gaz et fait donc grimper les cours, alors que les exportations en provenance du Qatar sont bloquées.
Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne du gaz, prenait 3,59%, à 61,84 euros le mégawattheure.
