Analyse: Le marché pétrolier mondial fait face à une conjoncture marquée par des incertitudes croissantes et des perspectives économiques contrastées. Alors que l'Arabie saoudite, leader de l'OPEP et premier exportateur mondial de brut, se prépare à renverser sa stratégie en augmentant sa production, les analystes restent prudents quant à l'évolution des prix et à l’équilibre entre l'offre et la demande.
L'Arabie saoudite face à un choix stratégique
L'
Arabie saoudite semble désormais prête à tolérer une baisse des prix du pétrole à court terme afin de reconquérir des parts de marché. Cette décision marque un revirement par rapport à sa politique antérieure visant à maintenir le
prix du baril autour de
100 dollars.
Depuis plus d'un an, l'
OPEP+ (l'alliance de l'
OPEP et d'autres grands producteurs, dont la
Russie) a réduit l'offre mondiale pour stabiliser les prix. Toutefois, après une chute importante des prix à la fin de l'été 2024, l’
OPEP+ a reporté de deux mois la suppression des réductions de production initialement prévue pour octobre, visant désormais décembre 2024.
Malgré ces efforts, les prix n'ont pas retrouvé leur niveau antérieur, reflétant la crainte d'un affaiblissement de la demande mondiale, notamment en
Chine. Cette situation a plongé les marchés dans un sentiment baissier, avec des spéculateurs adoptant leur position la plus prudente depuis 2011.
Toutefois, selon des sources proches du gouvernement saoudien, le Royaume reste déterminé à augmenter sa production dès décembre, quelles que soient les conditions du marché. Cette stratégie vise à récupérer des parts de marché, même au prix d'une baisse temporaire des revenus.
Une surabondance de l’offre à l’horizon ?
Selon les prévisions de
la banque Wells Fargo, les prix du pétrole pourraient rester faibles jusqu’en 2025, avec un excédent d’offre attendu dans les années à venir.
La
production de pétrole de schiste aux
États-Unis, bien que moins dynamique que par le passé, continue de croître, tandis que la demande mondiale montre des signes d’essoufflement, notamment en
Chine, première importatrice mondiale de brut.
Les prévisions de Wells Fargo tablent sur une augmentation de l'offre mondiale, passant de
102,8 millions de barils par jour (bpj) en 2024 à
104,8 millions de bpj en 2025, portée par les producteurs hors
OPEP comme les
États-Unis et le
Brésil, ainsi que par l'assouplissement des réductions de l'
OPEP+.
Par conséquent, la banque anticipe un prix du
BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. autour de
70 dollars le baril en 2025, et de
65 dollars pour le West Texas Intermediate (
WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.).
Toutefois, plusieurs facteurs pourraient bouleverser ces prévisions, notamment une reprise plus rapide que prévu de la demande mondiale, principalement en
Chine et dans les pays de l’OCDE.
Projections pour les prochains mois
À court terme, d'autres institutions financières sont plus optimistes.
Claudio Descalzi, PDG du groupe énergétique
Eni, estime que le prix du
BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. pourrait remonter à
80 dollars le baril au quatrième trimestre 2024. Une opinion partagée par plusieurs banques d'investissement, dont
Macquarie, qui prévoit également un prix moyen de
80 dollars pour le Brent jusqu’à la fin de l’année.
Cependant, des incertitudes persistent.
Les analystes de
Goldman Sachs et
Morgan Stanley ont récemment revu à la baisse leurs estimations, citant une demande plus faible en
Chine, des stocks mondiaux élevés et une production de schiste américaine en hausse.
Morgan Stanley prévoit désormais un prix moyen de
75 dollars le baril pour le
BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. au dernier trimestre 2024, signalant que les risques baissiers liés à la demande continuent de s'accumuler.
Un marché en équilibre fragile
Le marché pétrolier semble entrer dans une phase de volatilité, où l'équilibre entre l'offre et la demande sera déterminant pour l'évolution des prix. L’
Arabie saoudite, en reprenant une stratégie plus agressive de conquête de parts de marché, prend un pari risqué, tandis que la possibilité d'une surabondance de l'offre en 2025 inquiète les investisseurs.
Dans ce contexte, les fluctuations de la demande mondiale, notamment en
Chine, ainsi que les décisions de l'
OPEP+ seront scrutées de près dans les mois à venir.
Pour conclure, bien que certains analystes prévoient une stabilisation des prix autour de 80 dollars à court terme, les projections à moyen terme, elles, pointent vers un marché excédentaire, où les prix pourraient chuter à des niveaux plus bas, comme Citi qui voit le cours du brent chuter à environ 60 dollars le baril à horizon 2025.
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