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Les géants américains du pétrole s'activent pour combler la pénurie de raffinage

New YorkNew York: Raffineries agrandies, opérations de maintenance repoussées, relance de sites fermés, les groupes pétroliers américains s'activent pour augmenter leurs capacités de raffinage et ainsi tenter de combler la pénurie engendrée par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, qui fait bondir les cours des hydrocarbures.

"Au troisième trimestre, nous avons continué de relever le défi de satisfaire les besoins énergétiques mondiaux, exploitant à un niveau sans précédent nos capacités d'échelle, d'intégration et techniques", a indiqué vendredi Darren Woods, PDG d'ExxonMobil.

"Nous augmentons la production tout en améliorant l'efficacité", a-t-il relevé.

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Mike Wirth, son homologue chez Chevron, a assuré concomitamment que son groupe avait "continué d'investir pour accroître l'approvisionnement énergétique" face aux "contraintes du marché", soulignant que ses raffineries avaient produit des volumes records.

Le conflit au Moyen-Orient a amplifié les problèmes d'approvisionnement dus à la guerre en Ukraine et au blocage par la Chine de ses exportations pour assouvir sa demande intérieure.

Or, selon le cabinet KPMG, la Chine disposait en 2025 des plus importantes capacités de raffinage au monde (environ 18,1%), devant les États-Unis (17,5%) et la Russie (6,5%).

Mais les infrastructures pétrolières russes sont harcelées par les attaques ukrainiennes, qui se sont intensifiées depuis deux ans, notait en septembre l'Agence internationale de l'énergie (AIE), précisant que seuls cinq sites - hors d'atteinte des drones ukrainiens - restaient indemnes tandis que certains ont été attaqués jusqu'à quinze fois depuis 2022.

Selon elle, les trente-deux raffineries russes peuvent normalement traiter jusqu'à environ 6,5 millions de barils par jour mais, en juin, le niveau est tombé au plus bas depuis vingt ans (3,8 millions de barils quotidiens) et 30% de moins qu'un an plus tôt.

Rystad Energy estime que Moscou pourrait, à ce rythme, devenir un importateur net de gasoil (1 million de barils par jour) et d'essence à l'été 2027.

L'Ukraine a frappé vendredi trois raffineries russes après une "pause" de plusieurs jours, a indiqué Alexandre Novak, vice-ministre russe chargé de l'Énergie.

D'après ExxonMobil, environ 10% de la capacité mondiale de raffinage est indisponible du fait des deux conflits.

Bénéfices démultipliés

Conséquence de cet assèchement et du blocage du transport maritime dans le crucial détroit d'Ormuz, les cours des hydrocarbures ont flambé et les prix à la pompe ont décollé.

Dans leur sillage, les résultats des groupes pétroliers américains et européens se sont envolés et leurs bénéfices, dopés par de juteuses marges, ont bondi jusqu'à quadrupler.

S'attirant les foudres d'ONG et de responsables politiques, dont le président américain Donald Trump qui a vigoureusement réclamé une baisse des carburants avant des élections de mi-mandat - mardi - difficiles pour lui.

Pour tenter d'apaiser la situation, ExxonMobil et Chevron ont fait fonctionner leurs raffineries quasiment à pleine capacité au troisième trimestre.

Le premier a dépensé environ 17 milliards de dollars depuis 2019, parvenant à sortir désormais 40% de produits raffinés en plus.

Il a agrandi sa raffinerie de Beaumont, sur le Golfe du Mexique, et mène encore des travaux, en particulier sur son site de Baytown, près de Houston (Texas). Ces projets devraient encore augmenter sa capacité de traitement de 100.000 b/j.

Le groupe Valero Energy a, lui, saisi une "opportunité stratégique" en achetant une raffinerie fermée depuis 2025 au géant texan de la pétrochimie LyondellBasell, pour récupérer d'énormes capacités de stockage (13,5 millions de barils, équivalent de l'extraction quotidienne d'or noir aux États-Unis).

Selon le communiqué annonçant vendredi cette transaction à 320,50 millions de dollars, Valero compte aussi redémarrer l'exploitation d'ici fin 2027 pour traiter initialement un volume de 165.000 b/j. Pour, dit-il, traiter du pétrole brut lourd et à haute tenue en soufre, typique du Venezuela.

ExxonMobil a fait fonctionner ses raffineries du Golfe du Mexique à 100% de leur capacité au troisième trimestre, et a produit une quantité record de diesel en Amérique du Nord sur neuf mois.

Mais il prévoit au quatrième trimestre davantage d'opérations de maintenance, dont les raffineries ont régulièrement besoin. Ce qui les rend inopérantes plusieurs semaines, voire mois...



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