Le pétrole chute de 3%, Bourses nerveuses face à l'IA
Singapour: Les cours du pétrole chutent de 3% lundi avec l'espoir de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran en dépit des menaces de Donald Trump, tandis que les Bourses d'Asie restent agitées par les inquiétudes sur l'intelligence artificielle (IA).Vers 08H45, le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord pour livraison en janvier, référence du marché mondial, perdait 2,6%, à 110,45 dollars.
Celui du baril de WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie. nord-américain pour livraison en décembre lâchait 3,01%, à 100,99 dollars.
Les cours reculaient nettement après la publication d'informations du site Axios indiquant que le président américain Donald Trump souhaite privilégier la voie diplomatique avant de décider d'une éventuelle reprise des frappes contre l'Iran après les élections de mi-mandat.
"Cela suffit à atténuer quelque peu la pression sur les prix, mais il convient de ne pas interpréter cette décision comme un signe d'apaisement", alors que Téhéran continue de se préparer "à l'éventualité d'un échec des pourparlers", a réagi Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management.
Selon lui, la situation des tankers "est un indicateur plus fiable". "Un navire aurait été touché dans le détroit d'Ormuz ce week-end après une nouvelle attaque contre un méthanier vendredi, et la navigation reste impossible dans certaines parties du détroit", a-t-il relevé.
"Les exportations de pétrole brut du Golfe ont largement retrouvé leurs niveaux d'avant-guerre", mais "les produits raffinés n'ont pas connu la même normalisation", a-t-il souligné.
De quoi fragiliser un reflux durable du marché: "si la diplomatie pourrait permettre de réduire la prime de risque géopolitique, une nouvelle escalade militaire ou de nouvelles perturbations aux abords du détroit d'Ormuz pourraient, à l'inverse, provoquer une hausse plus marquée des cours", a commenté Lloyd Chan, analyste de la banque MUFG.
Les places boursières asiatiques ont connu des sorts contrastés au gré d'échanges fébriles, sur fond de préoccupations sur la solidité des perspectives de l'intelligence artificielle (IA).
À Wall Street, l'indice Nasdaq, à forte composition technologique, a perdu vendredi près de 2,9%, sa pire séance depuis début juin, plombé par un violent coup de froid sur les valeurs tech après une série de résultats jugés inquiétants des géants américains du secteur.
Lundi à Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé en repli de 0,33%, à 63'081 points.
Outre l'impact de Wall Street, les prévisions du fabricant japonais de puces Kioxia pour le quatrième trimestre se sont avérées inférieures aux attentes, ce qui "accentue la pression à la vente sur les valeurs liées à l'IA et aux semi-conducteurs", ont noté les experts de Tokai Tokyo Intelligence.
À Séoul, l'indice phare Kospi a en revanche bondi en clôture de 2,24%, soutenu par les géants des puces mémoire Samsung et SK hynix.
La Bourse de Taipei a abandonné 0,65%, pénalisée par le mastodonte des semi-conducteurs TSMC (-1,69%). Sydney a cédé 0,58% et l'indice hongkongais engrangeait 0,52% vers 07H30.
Vers 07H30, la monnaie japonaise cédait du terrain (-0,18%) face au billet vert, à 157,84 yens pour un dollar, après s'être renforcée vendredi à la suite d'annonces de la Banque du Japon ouvrant la voie à une hausse de taux par l'institution en décembre.
"Les devises asiatiques devraient faire preuve de prudence à l'approche des chiffres sur l'emploi américain cette semaine", a estimé Lloyd Chan.
"Une bonne tenue de l'emploi renforcerait les anticipations de nouveaux resserrements monétaires de la part de la Réserve fédérale (Fed), tandis que le niveau élevé des cours du pétrole pèse davantage sur les pays d'Asie importateurs d'énergie", facteurs qui pénalisent les devises locales, a-t-il noté.
Le constructeur automobile chinois BYD voyait son titre bondir de 3,81% vers 07H30 à la Bourse de Hong Kong, après l'annonce d'une robuste croissance de ses ventes pour le sixième mois consécutif.
Le groupe, champion de la voiture électrique, a vu ses ventes de véhicules particuliers progresser de 11 % en octobre, portées par un doublement des exportations, alors que les livraisons en Chine étaient en repli.
La vigueur persistante de la demande internationale pour les voitures chinoises contribue à apaiser les inquiétudes liées au ralentissement prolongé du marché intérieur, après des résultats de BYD jugés décevants la semaine dernière.
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