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Washington frappe encore l’Iran pour contester son emprise sur Ormuz

Pétrole aux USAWashington: L’armée américaine a indiqué jeudi avoir frappé, dans la nuit de mercredi à jeudi, quelque 90 objectifs militaires sur la côte sud de l’Iran.

Les opérations ont visé des défenses antiaériennes, des installations de surveillance côtière ainsi que des sites de stockage de missiles et de drones.

Washington présente ces frappes comme une réponse aux attaques attribuées à l’Iran contre au moins trois navires commerciaux mardi dans le détroit d’Ormuz. Donald Trump a affirmé sur Truth Social que les bombardements américains répondaient aux frappes contre des navires et averti que, si de telles attaques se reproduisaient, « ce sera bien pire ! ».

L’objectif déclaré par l’armée américaine consiste à réduire la capacité de l’Iran à menacer le trafic marchand et les équipages civils dans ce passage maritime. Téhéran revendique pour sa part le droit d’imposer des modalités de transit dans le détroit, malgré l’opposition des États-Unis.

Le principal négociateur iranien dans les discussions avec Washington, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réaffirmé jeudi que le détroit d’Ormuz ne serait ouvert que selon des « modalités iraniennes et non sous la pression des menaces américaines ».

Des explosions ont été rapportées par les médias d’État iraniens dans les villes portuaires de Bandar Abbas, dans le sud du pays, ainsi qu’à Konarak et Chabahar, dans l’est. La télévision d’État a aussi fait état de la mort d’un pompier après une attaque contre l’aéroport d’Iranchahr, dans le sud-est.

À Bouchehr, dans le sud-ouest, où se trouve la seule centrale nucléaire civile du pays, une base militaire a été touchée selon un responsable local. Plusieurs médias iraniens ont également rapporté une frappe contre un pont ferroviaire dans la province du Golestan, dans le nord.

Les Gardiens de la Révolution ont affirmé, dans un communiqué diffusé par la télévision d’État, avoir lancé des drones et des missiles contre les bases américaines d’Arifjan et d’Ali Al-Salem au Koweït, ainsi que contre celles de Juffair et Sheikh Isa à Bahreïn. Ils ont menacé d’élargir leurs représailles à d’autres bases régionales en cas de nouvelles frappes américaines.

Au Koweït, l’armée a assuré avoir repoussé des attaques « hostiles » de missiles et de drones. À Bahreïn, où plusieurs explosions ont été entendues par un journaliste de l’AFP, les autorités ont déclenché à deux reprises les sirènes d’alerte aérienne. Au Qatar, les habitants ont reçu une brève alerte liée à une menace sécuritaire jugée élevée.

Les États-Unis et l’Iran avaient signé le 17 juin un protocole d’accord ayant permis la réouverture du détroit d’Ormuz, par lequel transite en temps normal une part majeure du commerce mondial d’hydrocarbures. Selon l’Energy Information Administration américaine, environ 20 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits pétroliers ont emprunté ce passage en 2024, soit près de 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers.

Le détroit reste également critique pour le gaz naturel liquéfié. L’EIA estime qu’au premier semestre 2025, 11,4 milliards de pieds cubes par jour de GNL y ont transité, soit plus de 20 % du commerce mondial de GNL, principalement depuis le Qatar.

Après la signature du protocole, Washington et Téhéran avaient repris des négociations difficiles en vue d’un règlement durable du conflit déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l’Iran. Mercredi, après de nouveaux échanges de frappes, Donald Trump a toutefois estimé que le cessez-le-feu ne tenait plus, tout en affirmant que les affrontements prendraient fin « très rapidement ».

De retour du sommet de l’Otan en Turquie, le président américain a déclaré mercredi soir que les Iraniens « ont appelé il y a peu, ils veulent tellement décrocher un accord », avant de douter de leur capacité à respecter leurs engagements. Le Qatar et le Pakistan, médiateurs du protocole du 17 juin, ont appelé les parties à respecter le texte et à agir en faveur de la désescalade.

Les cours du pétrole ont vivement réagi aux échanges militaires. Mercredi, le baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, référence internationale, a progressé de plus de 5 %. Jeudi à la mi-journée en Asie, il gagnait encore plus de 1 %, à 78,85 dollars.

Washington a rétabli mardi ses sanctions visant le brut iranien, qui avaient été levées dans le cadre du protocole ayant permis la réouverture d’Ormuz. Cette décision intervient après les tirs imputés à Téhéran contre trois navires commerciaux et une première série de frappes américaines menée dans la nuit de mardi à mercredi, qui a tué huit militaires iraniens selon la télévision d’État iranienne.

La nouvelle séquence militaire coïncide avec les funérailles du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre. Son inhumation doit avoir lieu jeudi dans sa ville de Machhad, dans le nord-est de l’Iran.

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