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Macron cherche dans le Golfe du pétrole pour calmer les prix

KoweïtKoweït: Le président français est arrivé lundi 19 octobre au Koweït, où il a été reçu par l’émir Mechaal al-Ahmad Al-Sabah.

Son déplacement doit se poursuivre aux Émirats arabes unis, à Bahreïn puis au Qatar d’ici mercredi 21 octobre, avec un double objectif affiché par l’Élysée : rechercher des volumes supplémentaires d’hydrocarbures liquides et consolider des partenariats économiques et de défense.

Ce voyage intervient quelques heures après une adresse aux Français consacrée aux violences survenues lors de manifestations. Emmanuel Macron a promis de la fermeté contre les auteurs de dégradations, tout en évoquant la "transparence" sur le maintien de l’ordre, critiqué par des oppositions et des maires de villes touchées, de Paris à Marseille.

Le chef de l’État a refusé la démission de son ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et lui a demandé de déployer "au plus vite sur le terrain de nouveaux modes d’action" contre les casseurs. Avant son départ, Emmanuel Macron a justifié le maintien de la tournée par la nécessité de "sécuriser nos approvisionnements", en réponse notamment à "une inquiétude (...) sur le prix des carburants" exprimée dans les manifestations.

Le constitutionnaliste Benjamin Morel estime que cette tournée "peut donner un sentiment de normalité (..) mais apparaître aussi comme déconnecté et laisser penser à une forme de vide du pouvoir". La fin du quinquennat est déjà contrainte par la préparation du budget, dans un contexte de gouvernement privé de majorité gouvernementale à l’Assemblée depuis la dissolution de 2024, et par un mouvement lycéen engagé depuis plusieurs semaines.

Dans le Golfe, l’Élysée indique viser "un certain nombre d’engagements" sur des volumes de "diesel et pétrole". Emmanuel Macron est accompagné de hauts responsables de TotalEnergies et d’Engie, les deux principaux groupes énergétiques français concernés par les chaînes d’approvisionnement, de négoce et de fourniture.

La démarche française complète l’accord conclu début octobre par les pays du G7, présidé cette année par la France, pour prélever jusqu’à 100 millions de barils dans les stocks stratégiques afin de réduire la pression sur les marchés. Le ministère de l’Économie a annoncé le 7 octobre la mise sur le marché de 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques français, avec une baisse attendue de 12 à 18 centimes par litre pendant trois mois.

La perturbation centrale reste le détroit d’Ormuz, par lequel transitait environ 20 % du pétrole mondial avant la guerre en Iran, selon les données rappelées par la dépêche. L’Energy Information Administration américaine évaluait les flux par Ormuz à 20 millions de barils par jour en 2024, soit près d’un cinquième de la consommation mondiale de liquides pétroliers.

La même agence a estimé dans ses données publiées en 2026 que les volumes de brut et de liquides pétroliers transportés par Ormuz étaient tombés à 4,9 millions de barils par jour au deuxième trimestre 2026, contre 21,6 millions de barils par jour au quatrième trimestre 2025, avant l’extension du conflit. Les tensions touchent aussi Bab el-Mandeb, autre passage maritime entre l’Europe et l’Asie, dans un contexte d’attaques des rebelles houthis pro-iraniens du Yémen contre l’Arabie saoudite.

Francis Perrin, expert en énergie à l’Institut français de relations internationales et stratégiques, juge limité l’effet attendu du déplacement sur les prix. "Les pays arabes du Golfe sont très désireux d’approvisionner le monde, le marché français, mais il leur est difficile de prendre des engagements fermes tant que la région ne sera pas stabilisée", avertit-il.

Emmanuel Macron doit aborder avec le président émirati Mohamed ben Zayed Al-Nahyane et l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, les moyens de "sécuriser" les voies maritimes régionales. Les discussions portent aussi sur des "voies alternatives et de contournement pour les hydrocarbures liquides", dans une zone où les infrastructures portuaires, les routes maritimes et les capacités d’exportation conditionnent directement l’approvisionnement des marchés européens.

Paris et Londres ont lancé une mission internationale destinée à contribuer à la réouverture du détroit d’Ormuz, notamment par des opérations de déminage, une fois qu’un accord aura été conclu entre Donald Trump et l’Iran. Huit mois après le début des hostilités liées à l’offensive israélo-américaine contre l’Iran en février, la région reste toutefois entre guerre et paix, tandis que Donald Trump se montre peu intéressé par cette initiative après avoir reproché aux Européens leur manque de soutien face à Téhéran.

Les échanges dans le Golfe concernent également la coopération militaire, alors que plusieurs pays de la région ont été visés par la riposte iranienne aux attaques israélo-américaines. La sécurisation des approvisionnements pétroliers dépend ici autant de la disponibilité physique des volumes que de la protection des terminaux, des navires et des détroits utilisés par les exportateurs.

La France avait déployé au printemps le porte-avions Charles de Gaulle, des avions Rafale, une frégate et des moyens de défense antiaérienne au Moyen-Orient afin de protéger ses intérêts et d’aider ses partenaires. Emmanuel Macron a aussi décidé l’envoi de soldats français pour protéger le port de Yanbu, important terminal pétrolier d’Arabie saoudite, pays qui ne figure pas au programme de cette tournée.



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