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Trump ménage une voie diplomatique tandis que le pétrole recule

Pétrole aux USAWashington: Le Brent de la mer du Nord, référence internationale du brut, perdait près de 5 % lundi en début de séance, autour de 92 dollars le baril, après un bref passage sous 90 dollars.

Le West Texas Intermediate américain reculait dans des proportions comparables, vers 84 dollars.

La détente des cours suit l’absence de bombardement américain signalé en Iran depuis le 24 juillet au soir. Cette pause intervient après deux semaines de frappes d’une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d’avril.

L’Iran n’a revendiqué aucune attaque contre les pays du Golfe alliés de Washington, qui n’ont pas fait état d’alertes nocturnes. Le porte-parole de l’armée iranienne Mohammad Akraminia a indiqué que, la stratégie de Téhéran étant « essentiellement basée sur la riposte », ses forces avaient « également interrompu » leurs opérations.

Mike Waltz, ambassadeur américain auprès de l’ONU, a déclaré le 26 juillet dans des médias américains que Donald Trump entendait « laisser de la place aux négociations ». Il a ajouté que « les négociations se poursuivent », tout en précisant que le président américain « garde toutes les options sur la table ».

La presse américaine évoque parallèlement des interrogations sur la disponibilité des munitions après près de cinq mois de guerre. Le New York Times, citant deux sources proches du dossier, rapporte que l’administration s’inquiète du niveau des stocks de systèmes antimissiles Patriot et d’autres équipements défensifs utilisés pour protéger les pays de la région.

Mike Waltz a contesté cette lecture, affirmant que l’armée américaine dispose « de tout ce dont elle a besoin pour mener cette campagne avec toute l’efficacité requise ». Il a aussi annoncé l’envoi de « davantage de ressources » au Moyen-Orient.

Le conflit a commencé le 28 février par une campagne de bombardements israélo-américains contre l’Iran et a fait des milliers de morts dans la région. Il a aussi perturbé l’économie mondiale en bloquant le trafic dans le détroit d’Ormuz, voie maritime située entre l’Iran et la péninsule Arabique.

Avant la guerre, environ un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures transitait par ce passage. Selon l’Energy Information Administration américaine, les flux pétroliers par Ormuz représentaient en 2024 près de 20 millions de barils par jour, soit environ 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers.

La même agence estime qu’en 2024 environ 20 % du commerce mondial de GNL passait aussi par le détroit, principalement depuis le Qatar. Cette dépendance explique la réaction rapide des cours du brut aux signaux militaires et diplomatiques venant de Washington, Téhéran et Mascate.

L’Iran, qui contrôle de nouveau cette voie stratégique et veut faire payer le passage, a annoncé avoir discuté le 24 et le 25 juillet avec Oman de sa future gestion. Les côtes omanaises bordent également le détroit, dont la navigation avait repris après le protocole signé le 17 juin par Washington et Téhéran.

Le protocole du 17 juin prévoyait un cycle de négociations de paix de 60 jours. Moins d’un mois après son entrée en vigueur, ce cadre a été remis en cause par la reprise des tensions autour d’Ormuz et par le rétablissement du contrôle iranien sur le passage.

Selon la télévision d’État iranienne, six navires qui tentaient de franchir le détroit sans autorisation ont été arrêtés au cours des dernières 24 heures. Les États-Unis ont répondu par le rétablissement d’un blocus visant les ports iraniens.

L’agence iranienne Defa Press, spécialisée dans les questions militaires et relayée par les médias du pays, a affirmé le 26 juillet qu’un pétrolier avait été touché par l’explosion d’une mine après avoir « dévié de la route » autorisée. Cette information n’était pas confirmée par une source tierce dans l’immédiat.

À deux jours d’une visite à Washington du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Mohammad Akraminia a estimé que les États-Unis se trouvaient dans une situation « difficile et instable » et cherchaient probablement « une nouvelle stratégie ». Il a averti que si Washington se laisse « à nouveau tromper » par Israël et poursuit la guerre, surtout par voie aérienne, celle-ci « s’étendra géographiquement ».

Benjamin Netanyahu a déclaré sur Fox News qu’il « soutenait pleinement les efforts » de Donald Trump pour mettre fin aux ambitions nucléaires de Téhéran. Il a ajouté que si cet objectif pouvait être atteint sans retour à des combats de haute intensité, « c’est très bien ».

À Téhéran, épargnée par les bombardements depuis la reprise des hostilités début juillet, la vie quotidienne se poursuivait entre circulation dense et vague de chaleur, selon des journalistes présents sur place.

Alors qu’une accalmie semble prévaloir depuis deux jours dans le Golfe, les combats se sont intensifiés sur le front opposant l’Arabie saoudite aux rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran. La discorde a repris le 13 juillet autour du contrôle de l’espace aérien yéménite.

Téhéran avait envoyé à Sanaa un avion transportant une délégation rebelle sans demander l’autorisation de Riyad, contrairement à l’usage établi depuis dix ans. Des frappes attribuées à l’Arabie saoudite ont ensuite visé l’aéroport de Sanaa.

Les Houthis ont répliqué en attaquant le territoire saoudien pour la première fois depuis 2022. Ils ont notamment ciblé le 25 juillet des sites pétroliers saoudiens.

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