Le pétrole à plat, les investisseurs espèrent la fin de l'escalade au Moyen-Orient
Londres: Les prix du pétrole stagnent vendredi, les marchés espérant que le récent regain de tensions au Moyen-Orient ne constitue qu'un contretemps dans les négociations entre Washington et Téhéran."Les marchés interprètent la poursuite des discussions techniques entre les États-Unis et l'Iran comme le signe que les frappes de cette semaine pourraient ne pas marquer le début d'une campagne militaire prolongée", estime Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, les Etats-Unis ont frappé 90 cibles militaires en Iran, selon l'armée. Téhéran a riposté jeudi contre des alliés de Washington dans la région, accusant ses ennemis de vouloir perturber l'inhumation du guide suprême Ali Khamenei.
"Bien que le trafic dans le détroit d'Ormuz ait pratiquement été paralysé la veille à la suite de la dernière flambée d'hostilités (...) les investisseurs pétroliers sont restés remarquablement détendus, voire nonchalants, face à la situation", relève Tamas Varga, analyste pour PVM Energy.
La poignée de navires parvenant à passer les jours précédents ont davantage emprunté le couloir le long des côtes iraniennes approuvé par Téhéran, plutôt que la route maritime omanaise soutenue par l'ONU, ont constaté les analystes de Lloyd's List Intelligence dans un briefing diffusé jeudi.
Les affrontements initiaux avaient propulsé les cours du brut mardi et mercredi, avant que ceux-ci relâchent une partie de leurs gains jeudi.
Vendredi, vers 09H10 GMT (11H10 HEC), le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en septembre, lâchait 0,28% à 76,09 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, se modérait de 0,32% à 71,85 dollars.
"En revanche", les opérateurs "sont clairement inquiets (...) de la destruction de la demande", juge M. Varga.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) anticipe cependant dans son dernier rapport mensuel publié vendredi une baisse de la demande mondiale de pétrole en 2026 d'un million de barils en 2026, légèrement moins que le 1,1 million prévu mi-juin.
L'organisation observe que l'offre mondiale avait "rebondi" grâce à la reprise partielle du transit dans le détroit d'Ormuz après le cessez-le-feu signé le 17 juin, mais la production reste largement sous les niveaux d'avant la guerre au Moyen-Orient.
