Le pétrole prend 5% avec la crainte d'un blocus prolongé à Ormuz
Londres: Les cours du pétrole sont en forte hausse mercredi, le marché misant désormais sur un blocage prolongé du détroit d'Ormuz, un sentiment renforcé plus tôt par des informations du Wall Street Journal.Vers 14H00 GMT (16H00 à Paris), le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en juin, grimpait de 5,24% à 117,09 dollars, son plus haut niveau depuis que le fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran est en place.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 5,01% à 104,94 dollars.
Les Iraniens "ont intérêt à devenir intelligents, et vite!", a de nouveau menacé Donald Trump sur son réseau Truth social mercredi, alors que les négociations entre Téhéran et Washington semblent au point mort.
Selon un article du Wall Street Journal (WSJ) publié mercredi, le président américain a demandé à ses collaborateurs de se préparer à un blocus prolongé de l'Iran dans le but de contraindre Téhéran à une capitulation sur le dossier du nucléaire iranien.
Or "si les États-Unis maintiennent un blocus contre l'Iran", celui "de l'Iran sur le détroit d'Ormuz (passage stratégique pour le commerce notamment d'hydrocarbures, NDLR) devrait lui aussi se poursuivre", relève Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management.
L'analyste constate que "le marché est de plus en plus convaincu qu'il n'y aura ni une paix rapide et durable, ni une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz".
Les investisseurs craignent un "choc d'offre prolongé", "en raison des infrastructures endommagées au Moyen-Orient, d'une capacité de production réduite et du besoin, à terme, de reconstituer des réserves commerciales et stratégiques épuisées", commente Ole Hansen, de Saxo Bank.
Tant qu'une grande partie des exportations pétrolières des pays du Golfe n'atteindra pas le marché, le départ des Émirats arabes unis de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), événement pourtant majeur pour le secteur pétrolier, aura un impact limité sur les prix.
Avec l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis sont "l'un des rares membres à disposer d'une capacité de réserve significative", explique Jorge Leon, analyste de Rystad Energy.
Les Émirats arabes unis pourraient désormais augmenter leur production à un niveau proche de leur pleine capacité, ce qui ajouterait assez rapidement environ "1 million de barils par jour (soit 1% de la demande mondiale de pétrole), pour atteindre un total avoisinant les 4,5 millions de barils par jour" de production, estime David Oxley, économiste de Capital Economics.
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