
Londres: L'Organisation maritime internationale (OMI) débute mercredi à Londres une session de deux jours convoquée à la dernière minute, consacrée à la situation dans le détroit d'Ormuz, où 20'000 marins sont actuellement bloqués sur 3200 navires à cause de la guerre au Moyen-Orient.Cette réunion pourrait aboutir jeudi au vote de résolutions sur la sécurité des marins, leur réapprovisionnement ou la nécessité d'évacuer les bateaux bloqués, de la part des Etats membres de cette agence de l'ONU chargée de la sécurité du secteur maritime.
Ces résolutions formellement votées par le conseil de l'OMI - son organe exécutif, composé de 40 Etats membres - ne seraient cependant pas contraignantes.
La session sera ouverte à l'ensemble des pays membres ainsi qu'à des organisations de l'industrie maritime et des ONG.
L'Iran orchestre depuis le début du conflit au Moyen-Orient une quasi-paralysie du détroit d'Ormuz, passage entre le Golfe et le golfe d'Oman crucial pour l'exportation des hydrocarbures de la région.
Ce blocage a entraîné une forte hausse des prix du pétrole et du gaz avec un impact économique mondial, permettant à l'Iran de faire pression sur les Etats-Unis.
Selon un document déposé mardi à l'OMI par les Emirats arabes unis, "plus de 18 navires de commerce battant pavillon de différents Etats ont été touchés par des projectiles, des missiles, des drones sous-marins et des mines marines" dans la zone, provoquant "huit morts et quatre" portés disparus.
Plusieurs pays du Golfe, ainsi que la France, l'Allemagne et d'autres pays membres de l'OMI appellent dans un projet de résolution les membres du conseil à "condamner fermement les attaques inacceptables perpétrées par la République islamique d'Iran".
Par ailleurs, le Japon, le Panama, Singapour et les Emirats arabes unis exhortent le conseil de l'OMI à contribuer à établir "un corridor maritime sûr" permettant "l'évacuation en toute sécurité des navires marchands", ainsi que la protection des marins et de la navigation commerciale, détaille le groupe.
L'Iran, qui est membre de l'OMI mais pas du conseil, impute de son côté la responsabilité de cette situation aux "récentes actions militaires menées par les Etats-Unis et le régime israélien", selon un document transmis à l'organisation.
Les associations du secteur des transports maritimes demandent quant à elles aux Etats membres d'adopter une résolution pour "garantir" que les marins "puissent rester en contact avec leur famille", "faciliter la relève des équipages" et "faire en sorte que les provisions disponibles répondent aux besoins des gens de mer".
"Notre plus grande inquiétude à l'heure actuelle est l'impact d'une guerre continue sur les réserves à bord des navires", a dit mardi à l'AFP John Stawpert, directeur du département maritime à l'ICS, principal syndicat professionnel mondial des armateurs.