Les Houthis disent avoir frappé Aramco à Ryad après des raids sur Sanaa
Un journaliste présent dans la capitale saoudienne a observé des flammes et de la fumée s’élever d’un site du groupe pétrolier.
Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a déclaré que ses forces avaient mené une "opération militaire d'envergure" contre Aramco dans la capitale saoudienne. Il a aussi affirmé que les frappes, qualifiées de "précises et directes", avaient provoqué "des incendies sur les sites visés".
Les autorités saoudiennes n’avaient pas communiqué dans l’immédiat sur l’origine de l’incendie ni sur d’éventuels dégâts. Aramco occupe une place centrale dans l’approvisionnement mondial en hydrocarbures : le groupe a déclaré une production totale de 12,9 millions de barils équivalent pétrole par jour en 2025 et une capacité nette de raffinage de 4,2 millions de barils par jour dans son rapport annuel 2025.
La chaîne Almasirah, affiliée aux Houthis, avait auparavant attribué à des "avions ennemis" saoudiens 26 frappes menées samedi sur Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par le mouvement. Elle n’a pas donné de bilan humain ni de précision sur les cibles touchées.
Dans Sanaa, un correspondant a entendu au moins cinq explosions dans plusieurs quartiers, tandis qu’un autre a vu deux avions de combat tirer des missiles. Almasirah avait aussi signalé plus tôt des tirs saoudiens de missiles contre "le réseau de télécommunications dans la région de Saada", bastion houthi dans le nord du Yémen.
Les combats entre les Houthis et l’Arabie saoudite, pays frontalier qui appuie le gouvernement yéménite internationalement reconnu, ont repris en juillet et ont ajouté un front supplémentaire à la guerre régionale au Moyen-Orient. Les Houthis avaient déjà affirmé avoir frappé deux fois des installations du groupe saoudien, en août dans le sud du royaume puis le mois dernier à Yanbu, grand port pétrolier saoudien sur la mer Rouge.
En septembre, les Houthis ont intensifié leurs opérations terrestres avec une offensive rapide qui leur a permis de s’emparer du littoral yéménite de la mer Rouge. Cette avancée a renforcé leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, après la proclamation d’un blocus visant la flotte saoudienne.
Ce passage maritime a pris davantage de poids depuis les fortes restrictions imposées par l’Iran fin février sur la navigation dans le détroit d'Ormuz, autre route critique du commerce mondial des hydrocarbures. Ces restrictions avaient été décidées après le déclenchement de la guerre par des frappes israélo-américaines.
L’offensive terrestre houthie a fait des centaines de morts, selon les éléments disponibles, et aggrave la crise humanitaire yéménite. Le Programme alimentaire mondial indiquait début octobre que 18,3 millions de personnes faisaient face à une insécurité alimentaire aiguë au Yémen, dont 2,2 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë.
Le Programme alimentaire mondial a averti vendredi 2 octobre que la crise de la faim au Yémen menaçait de devenir "absolument dévastatrice". L’agence de l’ONU indiquait aussi avoir déjà aidé plus de 70 000 personnes récemment déplacées à Taëz et Lahj, tout en continuant à soutenir environ 2,4 millions de personnes confrontées à une faim sévère dans les zones contrôlées par le gouvernement yéménite.
Les tractations diplomatiques pour un règlement du conflit régional marquent le pas. Le site américain Axios, citant trois responsables américains, a rapporté qu’une réunion des principaux membres du cabinet de Donald Trump s’était tenue vendredi à Camp David afin d’examiner les prochaines étapes concernant l’Iran et la situation au Yémen.
Ryad demande une aide internationale, notamment de son allié américain, mais ces appels sont restés sans effet concret à ce stade. Le Programme alimentaire mondial affirme avoir prépositionné des stocks qui pourraient permettre d’aider jusqu’à 1,5 million de personnes supplémentaires si le conflit s’intensifie.
Commenter Les Houthis disent avoir frappé Aramco à Ryad après des raids sur Sanaa
graphcomment-widget>

