Macron propose à Trump d’agir sur Ormuz et le pétrole saoudien
Détroit d'Ormuz: À son arrivée à New York le 21 septembre pour l’Assemblée générale des Nations unies, le président français a échangé avec son homologue américain pendant environ une demi-heure.Emmanuel Macron a qualifié l’entretien de "très constructive" et fait état d’une "volonté de rouvrir Ormuz" afin de "libérer des volumes".
Le détroit d’Ormuz concentre environ 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures, selon les éléments avancés par la présidence française. Paris veut travailler avec Washington et d’autres partenaires à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU garantissant la liberté de navigation dans ce passage stratégique.
Des États membres de l’ONU pourraient participer à la sécurisation du trafic maritime dans le détroit, afin de laisser les États-Unis et l’Iran poursuivre leurs discussions sur les autres dossiers de contentieux, notamment le programme nucléaire iranien. Emmanuel Macron a évoqué des options permettant de faire circuler davantage de porte-conteneurs et de tankers sans attendre un accord global.
La France se dit également prête à contribuer à la "sécurisation" d’infrastructures énergétiques saoudiennes ciblées par les Houthis, dans une approche présentée par une source diplomatique comme "strictement défensive". Les sites concernés incluent la ville portuaire de Yanbu, sur la mer Rouge, et l’oléoduc Est-Ouest, voie d’exportation majeure pour le brut saoudien.
Les combattants houthis, alliés de l’Iran, ont mené des attaques contre des installations du groupe pétrolier saoudien Aramco à Yanbu. Riyad indique aussi que l’oléoduc Est-Ouest est à l’arrêt après des attaques de drones venues d’Irak.
Selon la Direction générale du Trésor, dans une analyse publiée le 18 septembre, l’oléoduc Est-Ouest avait un débit de 5,5 millions de barils par jour et reliait les champs pétroliers de l’est saoudien au port de Yanbu. La même analyse estimait que son indisponibilité menaçait environ 4 % de l’offre mondiale de pétrole.
La source diplomatique française a insisté sur la limite du dispositif envisagé : "Il ne s’agit aucunement de prendre part au conflit avec les Houthis". Les rebelles yéménites contrôlent aussi une autre voie maritime stratégique, le détroit de Bab el-Mandeb.
Emmanuel Macron a indiqué avoir abordé avec Donald Trump "la nécessité d’aider encore plus vite et plus fort nos amis ukrainiens en termes de (missiles) intercepteurs". Le président français devait ensuite rencontrer dans la soirée le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Le chef de l’État français a aussi mentionné des "initiatives" susceptibles de conduire à un moratoire sur les questions énergétiques. Il n’a pas précisé si cette piste viserait également les frappes ukrainiennes contre des infrastructures énergétiques russes.
"On voit bien qu’aujourd’hui il faut aider le système énergétique ukrainien et la situation dans toute la région", a déclaré Emmanuel Macron. Donald Trump a affirmé lundi sur le réseau X que la Russie avait "perdu le contrôle de son industrie du gazole en raison de sa guerre avec l’Ukraine" et ajouté : "Cette guerre ridicule et sans fin avec l’Ukraine doit être arrêtée".
Avant sa rencontre avec Donald Trump, Emmanuel Macron avait promis de parler "en toute franchise" au président américain pour tenter de "l’orienter vers les bonnes décisions", en particulier sur l’Ukraine. La partie française voulait le convaincre de "maintenir l’effort de soutien à l’Ukraine" et de "renforcer la pression à exercer sur la Russie".
Les Européens demandent aux États-Unis de rester pleinement engagés dans un règlement du conflit entre Moscou et Kiev. Ils veulent aussi être associés aux négociations, notamment sur la future architecture de sécurité du continent européen.
Les émissaires de Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff, se sont rendus pour la première fois à Kiev en septembre afin de relancer la médiation américaine dans le conflit ukrainien. Les cycles de négociations tripartites précédents n’ont pas débouché sur des avancées concrètes.
Sur le plan intérieur français, Emmanuel Macron a indiqué le 21 septembre que la France consommait environ 600 000 barils par jour de diesel, dont la moitié importée, et que les stocks de gaz avaient été reconstitués.
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