Le pétrole accélère après des déclarations belliqueuses de Trump sur Ormuz
Londres: Les cours du pétrole accélèrent leur hausse lundi, propulsés par des déclarations du président Donald Trump, qui prévoit d'instaurer une taxe sur les marchandises transportées par bateau dans le détroit d'Ormuz et de réinstaurer le blocus naval des ports iraniens.Vers 14H55 GMT (16H55 HEC), le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en septembre, prenait 4,35% à 79,32 dollars.
Celui de son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.), pour livraison en août, montait de 4,41% à 74,56 dollars.
Peu de temps avant, les deux références du brut se sont même brièvement envolées de plus de 5%.
"Les Etats-Unis seront désormais connus sous le nom de +GARDIENS DU DETROIT D'ORMUZ+ mais par souci d'EQUITE, ils perceveront une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social.
"La mise en place de ce dispositif débutera immédiatement", a-t-il précisé.
"Nous rétablissons le +BLOCUS DE L'Iran+ - ainsi nommé car il empêche uniquement les navires ou les clients de l'Iran d'entrer ou de sortir. Tous les autres pays bénéficieront d'un accès libre et équitable au détroit", a-t-il également déclaré.
L'Iran avait plus tôt prévenu qu'il ne laisserait pas les Etats-Unis s'ingérer dans la gestion du détroit.
En début de séance déjà, les cours s'étaient envolés dans la foulée de l'annonce de l'Iran ce weekend d'une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz, "jusqu'à nouvel ordre", et des frappes d'une ampleur sans précédent depuis le cessez-le-feu du 8 avril.
Les Etats-Unis ont encore bombardé l'Iran dans la nuit de dimanche à lundi, et Téhéran a dit riposter en ciblant des bases militaires du Golfe utilisées par l'armée américaine.
"Cette recrudescence des hostilités a désormais explicitement fait naître des doutes sur le maintien de l'ouverture du détroit d'Ormuz au trafic maritime", avait souligné Vivek Dhar, analyste pour CBA.
Les prix s'étaient ensuite modérés au cours de la journée de lundi, les marchés accordant alors "peu de crédit aux déclarations iraniennes selon lesquelles le détroit serait actuellement fermé", ce qu'a contesté l'armée américaine dimanche, d'après M. Dhar.
Le protocole d'accord signé le 17 juin avait permis une accélération du trafic dans ce passage stratégique pour le commerce des hydrocarbures.
Téhéran n'autorise toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, en menaçant les navires contournant cet itinéraire, et souhaite instaurer des droits de passage.
Depuis les attaques d'au moins trois navires commerciaux la semaine dernière imputée par Washington à Téhéran, le trafic avait déjà ralenti dans le détroit, selon la plateforme de suivi maritime Kpler.
En parallèle, dans son rapport de juillet publié lundi, l'Opep, l'alliance de pays exportateurs de pétrole, a de nouveau révisé à la baisse sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2026, à 800.000 barils par jour contre un million lors de son précédent point mensuel.
