Trois attaques visent des navires dans le détroit d'Ormuz
Téhéran: Le premier incident a été rapporté lundi par l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO au large d'Oman. Le navire a été atteint sur bâbord par un projectile non identifié, ce qui a provoqué un incendie, sans blessé ni pollution signalés.Doha a identifié le bâtiment comme l'Al-Rakayyat, un méthanier qatari, et a dénoncé une « attaque inacceptable ». Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, a déclaré : « Nous tenons l'Iran pleinement responsable, sur le plan juridique, de cette attaque et de tous les dommages ou répercussions qui pourraient en découler ».
Majed al-Ansari a demandé à Téhéran de « cesser immédiatement toute action compromettant la sécurité régionale ou menaçant la sécurité de la navigation internationale ». Il a également appelé l'Iran à « s'abstenir de mettre en danger l'approvisionnement énergétique mondial ».
Mardi, l'UKMTO a fait état de deux nouveaux incidents sans en attribuer l'origine. Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié et a subi « des dommages structurels », tandis qu'un autre navire-citerne a été frappé par un drone d'origine inconnue.
Dans les trois cas recensés en 24 heures, l'agence britannique n'a signalé ni victime ni dommage environnemental. Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait « tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux », en citant deux responsables américains, mais ces informations n'ont pas été confirmées de manière indépendante.
Les attaques interviennent malgré le cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran. Le trafic marchand avait repris après la signature, le 17 juin, d'un protocole d'accord destiné à mettre fin aux hostilités dans l'attente d'un règlement durable.
Le détroit d'Ormuz demeure l'un des principaux points de friction dans les discussions entre l'Iran et les États-Unis. Le Qatar, allié de Washington, s'est imposé comme médiateur dans ces échanges, alors que les pétromonarchies du Golfe avaient été visées par des attaques iraniennes inédites pendant la guerre déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran.
Depuis le conflit, la navigation commerciale a été fortement perturbée par la prise de contrôle iranienne du passage, décidée en représailles aux frappes américaines et israéliennes, tandis que les États-Unis ont imposé un blocus aux ports iraniens. Téhéran affirme qu'il n'y aura pas de retour au régime d'avant-guerre, dans lequel le transit était gratuit, et menace les navires qui chercheraient à éviter l'itinéraire autorisé le long de ses côtes.
En 2024, environ 20 millions de barils de brut circulaient chaque jour à Ormuz, soit près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l'Agence américaine de l'énergie (EIA). L'Agence internationale de l'énergie estime qu'en 2025, environ 20 millions de barils par jour de brut et de produits pétroliers ont transité par ce passage, avec des capacités de contournement opérationnelles limitées principalement à l'Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
Les perturbations actuelles coïncident avec les funérailles nationales de six jours organisées depuis samedi en Iran pour l'ancien guide suprême Ali Khamenei, tué le premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines. Fin juin, après avoir accusé Téhéran d'avoir ciblé deux navires, les États-Unis avaient bombardé l'Iran, qui avait riposté contre le Koweït et Bahreïn avant l'accord de cessation des hostilités.
