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Bercy chiffre la perte fiscale des carburants à 80 millions d'euros

Prix des carburants en FranceCarburants: Le ministre des Comptes publics David Amiel a présenté sur RTL un bilan défavorable pour l'État sur les six premiers mois de 2026, malgré la forte hausse des prix à la pompe observée depuis la fin février.

La progression du prix par litre a mécaniquement accru la TVA encaissée sur chaque plein, mais la contraction des achats d'essence et de gazole a plus que compensé cet effet.

David Amiel a contesté l'idée d'un gain fiscal mobilisable pour financer des aides, en affirmant qu'« il n'y a pas eu de cagnotte ». Le ministre a ainsi répondu aux responsables politiques qui demandaient d'utiliser les recettes supplémentaires liées à la flambée des carburants pour alléger la facture des ménages et des professionnels.

Le ministre de l'Économie Roland Lescure avait indiqué fin mai que la consommation de carburants avait diminué de 14 % du 1er au 20 mai par rapport à la même période de 2025. Il avait attribué ce recul à l'adaptation des comportements face à la hausse des coûts, avec moins de trajets en voiture, davantage de covoiturage et, selon lui, possiblement plus de télétravail.

Sur l'ensemble du mois de mai, la consommation française de carburants routiers a reculé de 12 % sur un an, selon un bilan du ministère de l'Économie communiqué début juin. Le gouvernement avait alors annoncé des aides ciblées, notamment pour les gros rouleurs et le transport routier, afin de limiter l'impact de la hausse des carburants sur les actifs et les secteurs exposés.

Le gazole se vendait 1,72 euro le litre le 27 février dans les stations-service françaises, selon un calcul effectué à partir de données gouvernementales. Son prix a ensuite fortement augmenté après les premières frappes israélo-américaines en Iran, jusqu'à approcher 2,40 euros le litre au plus fort de la crise, soit une progression proche de 40 %.

L'essence a également renchéri, mais dans des proportions plus limitées. Depuis l'accord signé mi-juin entre les États-Unis et l'Iran, les cours du brut ont nettement reflué et évoluent autour de 70 dollars le baril, un niveau proche de celui observé avant le conflit.

Les prix à la pompe ont suivi cette détente sans revenir à leur niveau initial. Ils restent en moyenne 10 % supérieurs à ceux du 27 février, ce qui maintient une pression sur les consommateurs tout en réduisant l'argument d'un surplus fiscal durable pour l'État.

Le Rassemblement national a demandé une baisse de la TVA sur les carburants à 5,5 %, contre 20 % actuellement, afin de réduire le coût supporté par les automobilistes. Cette proposition, déjà formulée depuis 2022, est jugée incompatible avec le droit européen par des experts interrogés, car les carburants ne peuvent pas être soumis à un taux inférieur à 15 %.

Le ministère de l'Économie rappelle dans sa documentation actualisée en mars 2026 que les taxes représentent approximativement 60 % du prix de l'essence et du gazole à la pompe en France. La TVA de 20 % s'applique sur le prix total, accise comprise, ce qui amplifie les recettes par litre lorsque les cours augmentent, mais ne protège pas le budget de l'État si les volumes vendus diminuent fortement.

Les aides gouvernementales recensées au 12 juin prévoient notamment un dépôt de demande depuis le 27 mai pour les travailleurs éligibles, avec un versement environ dix jours après validation. Pour le gazole non routier agricole, l'exécutif a prévu un remboursement de 15 centimes d'euro par litre sur les achats de mai 2026, avec une extension annoncée jusqu'en août.

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(c) AFP

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