Recul des cours du pétrole, le marché particulièrement fébrile
Cours de clôture: Les cours du pétrole ont terminé en baisse jeudi, après une forte remontée en début de séance, un nouveau signal de la nervosité du marché face à une guerre au Moyen-Orient qui s'éternise.Le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, a reculé de 1,69% à 105,07 dollars.
Le BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison le même mois, a perdu 3,41% à 114,01 dollars.
Plus tôt dans la séance il avait grimpé jusqu'à 126,41 dollars, son plus haut depuis le début de la guerre en Ukraine.
Pour John Kilduff, d'Again Capital, l'une des explications derrière ces violents mouvements est d'ordre technique.
D'abord, des investisseurs qui avaient parié à la baisse ont été pris de court par le bond des prix mercredi et ont dû par conséquent acheter des barils pour se couvrir, alimentant la hausse.
Ensuite, "le marché est confronté à l'expiration du contrat de référence du BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole.", note auprès de l'AFP M. Kilduff.
Les cours du pétrole sont calculés sur des échéances de livraison, la plus proche faisant généralement référence.
Jeudi marque la dernière journée d'utilisation du contrat pour juin.
Sur nos graphiques, nous affichons actuellement le prix du Brent au comptant (prix "SpotSpot Le prix spot du Brent correspond au prix du pétrole Brent pour une livraison quasi immédiate, c'est-à-dire le prix au comptant du baril physique. Il se distingue du contrat à terme Brent, souvent affiché sur les marchés financiers, qui reflète le prix d'une livraison à une échéance future.") tandis que le cours affiché en texte reste sur le contrat livraison juin.
En fin de mois, certains affichages basculent vers l'échéance suivante, ce qui peut créer plusieurs dollars d'écart, d'autant plus marqué en période de tensions comme actuellement autour du détroit d'Ormuz, où les échéances proches réagissent plus vite aux risques sur l'approvisionnement.
La forte volatilité peut donc s'expliquer par le fait que la "liquidité s'est déplacée vers le prochain contrat", a affirmé Naveen Das, analyste chez Kpler, lors d'une visioconférence sur l'état du marché pétrolier.
L'échéance de juillet, qui fera foi à partir de vendredi, a ainsi quelque peu progressé jeudi, à rebours des autres cours.
Les prix de l'or noir restent toutefois bien plus hauts qu'au début de la trêve entre les Etats-Unis et l'Iran.
Cela est lié à "un changement de rhétorique de Trump" à propos de Téhéran, le président américain ne semblant plus pressé d'obtenir un accord, explique à l'AFP Ole R. Hvalbye, analyste chez SEB.
Tant que la guerre se poursuit, les exportations du Golfe qui passaient via le détroit d'Ormuz sont quasi-paralysées, et le risque d'une reprise des hostilités reste présent.
Selon le média Axios, Donald Trump doit être briefé jeudi sur de possibles nouvelles opérations militaires contre l'Iran.
"Une attaque tactique limitée ne provoquerait probablement qu'une hausse de prix de courte durée, une escalade en plusieurs phases risquerait d'entraîner une perturbation structurelle et prolongée de l'offre", résume Norman Liebke, analyste chez Commerzbank.
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