
New York: Le prix des hydrocarbures restait élevé mardi en fin d'après-midi, après de nouvelles attaques iraniennes sur des installations pétrolières émiraties.Sur le plan international, la demande du président américain Donald Trump de sécuriser le détroit d'Ormuz ne soulevait pas l'enthousiasme.
Vers 17h50, le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord grimpait de 1,88% à 102,06 dollars, alors que celui de WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie. américain progressait de 1,77% à 95,18 dollars. Depuis le début de la guerre, le prix du pétrole a pris plus de 40%.
La veille, les deux variétés d'or noir avaient reculé à respectivement 99,50 et 92,90 dollars après des annonces perçues comme positives par le marché. Un pétrolier pakistanais ainsi que deux navires transportant du gaz liquéfié avaient en effet traversé le détroit, signe que le blocage de cette voie maritime n'est pas total.
Mais mardi, de nouvelles attaques iraniennes ont ravivé les craintes des investisseurs. La zone industrielle pétrolière de Fujaïrah, sur la côte est des Emirats arabes unis, a été visée par une nouvelle attaque de drones qui a provoqué un incendie, sans faire de blessés, selon les autorités locales.
Un tanker a par ailleurs été touché par un "projectile inconnu" alors qu'il était à l'ancre dans le golfe d'Oman, près de l'entrée du détroit d'Ormuz, selon l'agence maritime britannique UKMTO.
"L'Iran a renforcé ses attaques sur l'infrastructure énergétique de la région, alors que jusqu'à présent la plupart des pays ont résisté à l'appel du président américain Donald Trump de sécuriser l'activité commerciale dans le détroit d'Ormuz", ont résumé les analystes de la plateforme Trading Economics.
Vers une chute des marchés?
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a ainsi indiqué lundi que le plan sur lequel le Royaume-Uni travaille avec d'autres partenaires pour permettre de rétablir la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz ne serait "pas une mission de l'Otan". Le Japon et l'Australie ont également rejeté toute intervention.
Le président français Emmanuel Macron a martelé mardi qu'il était hors de question pour la France de s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel" de "bombardements" mais qu'une fois la situation redevenue "plus calme", elle pourrait participer à des "escortes" de navires dans ce passage stratégique pour l'économie mondiale.
"La banque Goldman Sachs estime qu'un choc sévère sur l'offre mondiale de pétrole pourrait avoir des conséquences significatives pour les marchés actions. Dans un scénario où les perturbations énergétiques s'aggraveraient durablement, les stratèges de la banque évoquent la possibilité d'un repli du SP 500 vers la zone des 5400 points", a averti John Plassard, responsable des investissements à la banque Cité Gestion.
De son côté, Wall Street évoluait dans le vert, ce qui fait dire à Adam Sarhan, de 50 Park Investments, auprès de l'AFP, qu'il "y a clairement un découplage aujourd'hui" entre marché boursier et pétrolier.