Le gazole approche 2,80 euros malgré le plafonnement de TotalEnergies
Carburants: Selon un calcul réalisé à partir des prix affichés par les quelque 9 000 stations-service référencées dans les bases publiques, le gazole dépassait vendredi 2,39 €/L en moyenne en France. Une trentaine de points de vente affichaient un tarif supérieur à 2,80 €/L, notamment sur des axes autoroutiers comme l'A10.Cette moyenne reste tirée vers le bas par le dispositif de TotalEnergies, qui plafonne actuellement les prix dans environ 3 400 stations à 1,99 €/L pour l'essence et 2,25 €/L pour le gazole. Francis Pousse, président de la branche stations-services du réseau Mobilians, estime que les consommateurs paient souvent davantage lorsque ces stations plafonnées sont en rupture.
"Quand ces stations Total sont en rupture, le consommateur est obligé de payer plus cher que la moyenne nationale, il n'a pas le choix", explique Francis Pousse. Il situe les prix des indépendants "plutôt dans du 2,50 à 2,55 euros le litre de gazole", avec des grandes surfaces "de 10 à 15 centimes moins cher".
Les prix les plus élevés concernent en particulier les stations autoroutières, où la concurrence directe est limitée sauf à quitter l'axe et parcourir des kilomètres supplémentaires. Pour Francis Pousse, les tarifs proches de 3 euros par litre restent toutefois excessifs : "c'est de l'abus, même sur l'autoroute".
Les exploitants autoroutiers doivent maintenir un service continu, avec du personnel présent 24 heures sur 24, et éviter les ruptures d'approvisionnement. Ils versent aussi une redevance aux concessionnaires autoroutiers, dont Vinci, ce qui alourdit les coûts fixes intégrés au prix du carburant.
Selon le ministère de l'Économie, les exploitants distribuant au moins 500 m3 par an doivent déclarer leurs prix sur le portail public dédié. Le gouvernement indique par ailleurs suivre quotidiennement l'état d'approvisionnement de près de 9 900 stations, données qui reposent sur les informations renseignées par les exploitants eux-mêmes.
La France compte environ 10 000 stations-service, dont près d'un millier ne figurent pas dans les bases gouvernementales car leurs volumes annuels restent inférieurs à 500 m3. Certaines sont adossées à des garages ou à des dépôts de colis, et jouent souvent un rôle de dépannage dans des territoires ruraux.
Les prix de ces petites stations sont moins bien connus et peuvent être élevés, y compris dans certaines petites stations TotalEnergies. Le ministère de la Transition écologique recensait 10 264 stations-service en 2024, hors stations sans enseigne, dont 5 045 points de vente de sociétés pétrolières et d'indépendants et 5 219 relevant de la grande distribution.
Les volumes restent très concentrés : en 2024, les stations dont le débit annuel moyen dépassait 3 000 m3 représentaient 43,3 % du parc mais 79,5 % des ventes de carburants, selon le ministère de la Transition écologique.
Les grandes surfaces utilisent fréquemment les carburants comme produit d'appel, selon Jacques Goisque, directeur général de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage, qui représente environ un millier de stations indépendantes. Elles peuvent pratiquer des opérations à prix coûtant pour attirer les clients et compenser par les marges réalisées sur d'autres produits.
"Ils ont une force de négociation beaucoup plus importante que les indépendants", ajoute Jacques Goisque. Les enseignes de grande distribution indiquent cependant ne pas pouvoir s'aligner sur les prix de TotalEnergies, qui bénéficie d'une intégration couvrant une partie importante de la chaîne de valeur, de la production à la distribution.
Dans la formation du prix final, les coûts de transport-distribution couvrent notamment l'acheminement depuis la raffinerie ou le point d'importation, le passage en dépôt, le stockage, le camionnage vers la station et les frais d'exploitation, selon le ministère de la Transition écologique.
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