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Berlin pousse l’UE à taxer les superprofits pétroliers liés à Ormuz

Pétrole dans le détroit d'OrmuzDétroit d'Ormuz: Lors d’une réunion ministérielle dans la capitale irlandaise, le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a pressé la Commission européenne de formaliser un mécanisme.

Il a dit attendre "que la Commission européenne présente enfin des propositions sur ce à quoi pourrait ressembler une taxe sur les superprofits, en particulier ceux des compagnies pétrolières".

Le responsable allemand a aussi dénoncé la "réticence" de Bruxelles à traiter ce dossier. La demande portée en août associait les ministres des Finances allemand, italien, autrichien, polonais et portugais à la ministre espagnole de l’Économie, tous favorables à une taxe exceptionnelle européenne visant les compagnies pétrolières.

Ces gouvernements souhaitent affecter le produit du prélèvement au financement de dispositifs de soutien pour les ménages et les entreprises exposés à la hausse des prix de l’énergie. Plusieurs de ces pays avaient déjà défendu en avril un prélèvement sur les bénéfices pétroliers, sans traduction opérationnelle à ce stade au niveau européen.

Le débat reprend un instrument mobilisé pendant la crise énergétique consécutive à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le règlement européen 2022/1854 avait instauré une contribution temporaire de solidarité sur les bénéfices excédentaires des entreprises actives dans le pétrole brut, le gaz naturel, le charbon et le raffinage.

Ce dispositif s’appliquait aux exercices 2022 et/ou 2023, sur la part des bénéfices imposables dépassant de 20 % la moyenne constatée depuis 2018, avec un taux minimal de 33 %, selon le règlement du Conseil de l’Union européenne adopté en octobre 2022. Il portait sur les sociétés et établissements permanents fiscalement établis dans l’Union et relevant des secteurs fossiles concernés.

La nouvelle initiative vise plus directement les résultats attribués aux compagnies pétrolières depuis le déclenchement, en février, de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Les États favorables à la taxe relient cette hausse des bénéfices à la réduction du trafic dans le détroit d’Ormuz, passage clé pour les flux d’hydrocarbures.

Le ministre irlandais des Finances, Simon Harris, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE, n’a pas pris position sur la taxe lors de la réunion. Il a estimé que la réponse la plus efficace aux prix élevés des carburants serait "une désescalade au Moyen-Orient et la réouverture du détroit d'Ormuz".

Selon l’ONG Transport & Environment, huit compagnies pétrolières ont réalisé 7,5 milliards d’euros de profits exceptionnels en Europe au premier semestre 2026. L’organisation définit ce calcul comme la variation du résultat net ajusté entre un trimestre de guerre en 2026 et le trimestre correspondant de 2025, appliquée aux activités européennes des groupes concernés.

La hausse des prix des carburants reste le canal le plus visible pour les consommateurs européens, tandis que les gouvernements arbitrent entre allègements fiscaux, aides ciblées et prélèvement sur les marges des entreprises. La réunion informelle des ministres des Finances de l’UE à Dublin se tient les 18 et 19 septembre.



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