Le pétrole bondit, les Bourses accusent le coup
Paris: Les marchés mondiaux marquaient le pas mercredi, pénalisés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la flambée des prix de l'énergie.Le baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, référence mondiale de l'or noir a franchi le cap des 100 dollars, ravivant les craintes d'inflation et de nouvelles hausses de taux.
"Les marchés semblent faire du surplace cette semaine, la hausse des prix de l'énergie pesant sur l'appétit pour le risque", commente Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont dit mercredi avoir attaqué une base militaire des Etats-Unis en Jordanie ainsi qu'une vingtaine de bateaux dans le Golfe, en réponse à des frappes américaines contre des pétroliers iraniens près de l'île de Kharg.
"Les frappes réciproques entre l'Iran et les États-Unis menacent les approvisionnements pétroliers, les deux camps se disputant le contrôle du détroit d'Ormuz", un passage stratégique devenu central dans le conflit au Moyen-Orient, explique Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
"Tout cela a donc conduit les investisseurs à s'inquiéter davantage d'une nouvelle perturbation de l'approvisionnement et à anticiper une période plus longue de prix élevés de l'énergie", explique Jim Reid, poussant les prix du brut à quelques dizaines de centimes du seuil critique des 100 dollars.
Peu après 09h30, le BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord décollait de 2% à 99,87 dollars le baril, après avoir franchi quelques instants auparavant le seuil des 100 dollars, une première depuis le 24 juillet dernier.
Son équivalent américain, le WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie. prenait 1,57%, à 94,52 dollars.
"Le seuil des 100 dollars est un niveau psychologique important pour les marchés", assure Kathleen Brooks. "Si le prix du pétrole dépasse ce niveau, de nombreuses banques centrales n'auront d'autre choix que de relever leurs taux, ce qui augmentera les coûts pour les entreprises et les consommateurs et pourrait, à terme, peser sur la croissance économique."
D'autant qu'en parallèle, la hausse des prix du gaz naturel en Europe se poursuit incessamment. Pour Jim Reid, cela "montre clairement que les pressions inflationnistes se manifestent dans plusieurs directions".
Le contrat à terme du TTF néerlandais, référence en Europe, grimpait de 3,83%, à 78,74 euros le mégawattheure, peu après avoir atteint un nouveau plus haut depuis janvier 2023.
Cette dernière hausse des prix "intervient alors que l'Europe cherche à remplir ses stocks, mais ceux-ci ne sont actuellement remplis qu'à 67%, un niveau inférieur à ce qui est habituel à cette période de l'année", relève M. Reid.
"Les marchés actions commencent à ressentir la pression des risques géopolitiques", souligne Kathleen Brooks. "Dans l'ensemble, le contexte de marché est extrêmement réactif aux variations des anticipations de taux d'intérêt et des prix de l'énergie", notamment en Europe et en Asie, où de nombreuses grandes économies sont d'importantes importatrices d'hydrocarbures, explique-t-elle.
Dans les premiers échanges européens, la Bourse de Paris reculait de 0,61%, Francfort perdait 0,50%, Londres 0,22% et Milan 0,39%. La Bourse suisse voyait pour sa part son indice phare SMI fléchir de 0,7% vers 09h35.
L'Asie résiste mieux, les marchés les plus exposés aux valeurs technologiques restant soutenus par l'enthousiasme persistant sur le secteur, et en particulier, les actions liées aux semi-conducteurs. L'indice Kospi de Séoul a ainsi terminé en hausse de 1,40%, poussé par le géant sud-coréens des puces mémoires SK hynix (+3,51%).
A Tokyo, l'indice Nikkei a finalement terminé en baisse de 0,19%.
Une nouvelle poussée des prix du pétrole "ravive les inquiétudes inflationnistes à deux jours de la publication des prix à la consommation américains (vendredi), alors que les marchés évaluent désormais sérieusement la possibilité d'une nouvelle hausse des taux de la Fed", la Réserve fédérale américaine, souligne par ailleurs John Plassard, de Cité Gestion Private Bank.
Du côté de la zone euro, la décision de la Banque centrale européenne (BCE), attendue jeudi, est en revanche "déjà largement anticipée par les marchés", estime Emmanuel Auboyneau, gérant chez Amplegest.
L'institution devrait relever son taux de référence d'un quart de point, à 2,5%, afin de contenir une inflation au plus haut depuis trois ans en zone euro.
"L'enjeu principal résidera donc dans le message envoyé par Christine Lagarde", présidente de la BCE, poursuit Emmanuel Auboyneau. "Un discours trop restrictif pourrait fragiliser davantage une économie européenne déjà affaiblie et accroître le risque de récession", prévient-il.
Sur le marché obligataire, le rendement du Bund allemand à 10 ans s'affichait à près de 3,37% contre 3,36% mardi en clôture.
Son équivalent français évoluait à 4,25%, contre 4,23% la veille.
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