Le pétrole et le gaz grimpent en réaction à la guerre économique promise par Trump à l'Iran
Londres: Les cours du pétrole et du gaz montent jeudi, le marché jugeant que les nouvelles menaces du président américain contre l'économie iranienne ne permettront pas un retour à la normale rapide des flux pétroliers dans le détroit d'Ormuz.Vers 12H15 GMT (14H15 HEC), le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en octobre, prenait 3,24% à 94,59 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, dont c'est le dernier jour de cotation, gagnait 3,47% à 88,81 dollars.
"J'annonce que TOUT pays qui permettra à ses institutions financières, à ses entreprises, à ses aéroports ou à ses entités gouvernementales d'offrir une quelconque forme de bouée de sauvetage à l'Iran fera lui-même face à de TERRIBLES répercussions économiques", a écrit mercredi Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Il y revendique également "l'opération économique la plus écrasante jamais entreprise", sans citer de pays en particulier ni donner de détail sur les mesures ou sanctions envisagées.
"Le soi-disant +D-Day économique+ vise à détourner l'attention de la propre crise que traversent les Etats-Unis: une dette sans précédent et des coûts d'emprunt en hausse. Poursuivre dans des politiques vouées à l'échec ne fera qu'entraîner une nouvelle défaite et l'hostilité des Iraniens", a rétorqué jeudi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, sur X.
L'Iran fait l'objet de sanctions depuis près de 50 ans et la révolution de 1979 qui a conduit à l'instauration de la République islamique. Le pays est depuis devenu "extrêmement habile" à les contourner, note Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management.
"Les sanctions, le blocus des navires iraniens et la récente rupture des relations par les Émirats arabes unis exercent une énorme pression économique" sur Téhéran, mais "cela ne signifie pas nécessairement que l'Iran reviendra à la table des négociations", ajoute l'analyste.
Selon lui, cela conduit à penser que le détroit d'Ormuz sera "fermé pour longtemps".
Le prix du gaz européen continue aussi de progresser. Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne du gaz, prenait 3,08%, à 65,33 euros le mégawattheure, au plus haut depuis mars et à plus du double de son niveau avant le début du conflit.
Dans un communiqué publié mercredi, l'association allemande des entreprises de transport de gaz (FNB Gas) "souligne que l'objectif légal (de stockage en Allemagne, ndlr) de 71% au 1er novembre 2026 est pratiquement impossible à atteindre".
"La probabilité augmente que le gouvernement allemand donne des instructions ou apporte un soutien financier pour accélérer la reconstitution des stocks", ce qui "pourrait encore faire monter les prix, puisque le marché saurait qu'un acheteur doit intervenir quel que soit le prix", explique M. Rasmussen.
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