Le Brent s'envole au dessus des 90 dollars, les Bourses reculent
Paris: Les prix du pétrole poursuivent leur hausse lundi, avec un baril de Brent au-dessus des 90 dollars pour la première fois depuis juin, en raison de la poursuite des frappes au Moyen-Orient entre Washington et Téhéran et du blocage du stratégique détroit d'Ormuz.Vers 9H10, le baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, référence sur le marché mondial, atteignait ainsi 90,90 euros, en hausse de 3,18%, après un pic à 91,42 dollars dans la nuit (un plus haut depuis le 11 juin).
Son équivalent américain, le WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie., prenait 2,72% à 84,73 dollars, et a atteint un plus haut depuis le 12 juin, à 85,39 dollars.
"Le conflit au Moyen-Orient s'est nettement intensifié, et la dernière vague d'attaques mutuelles illustre la rapidité avec laquelle la situation se détériore", résument les analystes de la Deutsche Bank.
Les Etats-Unis ont annoncé qu'ils avaient mené des frappes sur l'Iran pour la neuvième nuit consécutive, dans la nuit de dimanche à lundi. Téhéran a riposté une nouvelle fois par des attaques dans le Golfe.
Le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transitait avant la guerre un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, est de nouveau verrouillé par la République islamique depuis la reprise des hostilités. Et Washington a réimposé en retour son blocus des ports iraniens.
Dans ce contexte, les marchés semblent définitivement tourner le dos à l'espoir d'une paix durable dans la région après le protocole d'accord signé par les deux pays le 17 juin, ce qui avait fait reculer les prix du pétrole.
Et "l'intensification des tensions (...) ravive les craintes inflationnistes", relève John Plassard, analyste de Cité Gestion Private Bank.
Dans ce contexte, les taux d'intérêt des dettes d'Etat européens, déjà à des niveaux élevés, poursuivent leur course en avant.
Le rendement à échéance dix ans de l'emprunt allemand, référence en Europe, atteignait vers 9H10, 3,15%, contre 3,12% vendredi.
Son équivalent français se hissait à 3,95%, se rapprochant dangereusement du seuil symbolique de 4,00%, un niveau pas atteint depuis 2009. Le rendement italien à dix ans grimpait lui à 3,98%, contre 3,94% en fin de semaine dernière.
Le dollar, valeur refuge et monnaie internationale sur le marché pétrolier restait en revanche stable (+0,01%), face à la monnaie unique européenne à 1,1438 dollar pour un euro. L'or était stable (-0,33% à 4.004,24 dollars).
Dans ce contexte, les marchés boursiers européens évoluaient en léger recul, dans les premiers échanges, vers 9H10. Paris cédait 0,22%, Francfort 0,19%, Londres 0,51% et Milan 0,35%. Vers 9h35, Zurich perdait 0,37%.
"Le week-end écoulé n'a pas vraiment apporté de nouvelles positives susceptibles de doper l'appétit d'achat des investisseurs", justifie Andreas Lipkow, de CMC Markets.
Les places financières sont aussi secouées depuis plusieurs jours par un mouvement de vente important des valeurs du secteur des semi-conducteurs, qui bénéficient des investissements massifs des géants de la tech pour développer l'IA.
Les investisseurs doutent en effet de plus en plus de la rentabilité future de ces dépenses et des valorisations boursières gigantesques de ces entreprises, qui ont soutenu les marchés d'actions depuis mars.
L'indice coréen Kospi, baromètre de la confiance des marchés sur ces thématiques, a perdu 4,46%, avec un recul des deux poids lourds du secteur, SK hynix (-4,23%) et Samsung Electronics (-4,31%). Taipei a cédé 0,52%.
Vendredi, le lancement d'un modèle d'IA de la société chinoise Moonshot AI a accentué les doutes, car il constituerait une alternative moins coûteuse que les modèles américains, remettant en question ces investissements.
En revanche, cette annonce relance l'attrait pour la tech chinoise, ce qui profite à la Bourse de Hong Kong (+2,07%), avec une hausse des géants de la tech Baidu (+2,63%), Tencent (+3,68%) et Alibaba (+3,73%).
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