Le pétrole poursuit son rebond, refranchit les 80 dollars
New York: Les cours du pétrole poursuivaient mercredi après-midi le rebond entamé en matinée, après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran. Des propos tenus à Ankara, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.Peu après 17h20, le prix du baril de BrentBRENT Le Brent ou brut de mer du nord, est une variation de pétrole brut faisant office de référence en Europe, coté sur l'InterContinentalExchange (ICE), place boursière spécialisée dans le négoce de l'énergie. Il est devenu le premier standard international pour la fixation des prix du pétrole. de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 7,39% à 79,65 dollars, après avoir franchi un instant la barre des 80 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 7,07% à 75,42 dollars.
Les deux références du brut évoluaient ainsi à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines, affichant toutefois encore un repli de près de 15% en variation mensuelle.
En matinée, le président américain a affirmé que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs". "En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade". Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.
Si "le prix du baril a fortement progressé ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre", tempère John Plassard, associé de la banque Cité Gestion. L'expert en investissements voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression". Donald Trump n'a "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.
"C'est trop dommage, car le marché des hydrocarbures était retournée au contango, avec des prix courants inférieurs aux contrats à terme", déplore toutefois Ipek Ozkardeskaya, chez Swissquote. L'analyste de la banque en ligne a rappelé que cette situation constitue la normalité pour ce marché, du fait des coûts induits par le stockage.
Cet épisode marque un tournant dans les expectatives pour l'offre d'or noir, qui devait aux dernières nouvelles afficher un excédent, observent les experts de la plateforme Trading Economics. Il reste à voir si les bombardements américains mettront rapidement un terme à la dernière escalade ou si l'Iran va continuer d'utiliser le détroit d'Ormuz comme un levier, s'interroge Tony Sycamore, chez IG.
Les réserves commerciales de pétrole brut ont par ailleurs présenté une hausse inattendue la semaine dernière aux Etats-Unis, en raison notamment d'un repli des exportations. D'après le rapport hebdomadaire de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) publié mercredi, les stocks commerciaux ont augmenté d'environ 3 millions de barils lors de la période de sept jours achevée le 3 juillet, portant la réserve à 411,4 millions de barils au total.
Le marché tablait au contraire sur une baisse d'environ 1,9 million de barils, selon la médiane d'un consensus établi par l'agence Bloomberg. Cette hausse - la première depuis fin avril - n'a toutefois guère influencé les cours, les négociants se concentrant sur l'évolution de la situation dans le golfe Persique.
